Au vingtième siècle, les dépressifs et autres fans de cold-wave appelaient des services téléphoniques surtaxés pour confier leurs envies de suicides à des conseillers qui n’en avaient rien à foutre. Grâce à Internet et accessoirement au travail anxiogène réalisé par Le Turc Mécanique, ils peuvent désormais s’épargner ce coup de fil grâce au nouvel album de Monsieur Crane à découvrir ici en exclu. Une manière économique pour définitivement en finir avec la joie de vivre.

Pochette de l’année (peut-être), tube 2016 d’une génération qui n’arrive plus à payer ses factures (GDF) et impression durable que « Monsieur Crane » est au festif ce que la bombe Air Wick est aux cercueils. Digne héritier d’une cold-wave qui ne sourit pas sur les photos et homme-mystère que certains auront déjà repéré chez Lonely Walk, Strasbourg et chez Crane Angels, le musicien livre aujourd’hui un disque aimable comme une porte de prison.

Une sorte de cold-rap pour blancs en filiation avec les prods de Fuzati passées au congélateur, et un acte de bravoure quand on sait que cette lettre de suicide stéréophonique a été accouchée sur un laptop avec le plugin reverb de batterie poussé au max. Bonus : un titre en hommage à Eva Joly pour oublier qu’on va tous crever noyés sous un Tsunami (la bombe Air Wick l’ozone, tout ça). Double combo : terminer l’écoute de « Monsieur Crane » complètement lessivé avec la certitude qu’après ça, tout ne pourra qu’aller mieux.

Monsieur Crane // Le Turc Mecanique
https://leturcmecanique.bandcamp.com/album/s-t

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