Prenez John Fante. On devrait toujours se méfier des types qui aiment les chiens plus que leurs congénères. S’en méfier plus que de leurs dogues. Avec ou

Prenez John Fante. On devrait toujours se méfier des types qui aiment les chiens plus que leurs congénères. S’en méfier plus que de leurs dogues. Avec ou sans laisse, c’est une manière de promener sa part animale instinctive, son cerveau reptilien, au vu et au su de tous, au lieu de refouler gentiment et se comporter de façon socialement convenable.

Regardez Houellebecq. N’a-t-il pas l’air aussi couillon affublé de ce sac-à-puces corniaud et inutile que ce vieux Jim Österberg quand il nous déballe mollement un prépuce fripé ?

L’image qui persiste sur les rétines, une fois le bruit des griffes cliquetant sur un plancher disparu dans un interminable effet doppler, n’est-elle pas celle de ce simili renard chafouin ? Langue pendue sur des crocs inoffensifs, et court sur pattes, ce clébard qui lui survivra dans les mémoires semble rien de plus qu’un substitut de sac à main masculin. Dans ses yeux de fouine crayonnés, on lit tout autant un sourire con que la permanente menace d’une potentielle attaque sournoise, sans prévenir, sans raison. Et si Iggy Pop s’en est rapproché récemment, n’est-ce pas pour incarner lui aussi ce sentiment ? Cette aptitude à surprendre autant qu’à décevoir qui caractérise les animaux – pourtant – familiers.

Mark « E » Everett est de la même race. Accablé par une (chienne de) vie ternie qui lui a longtemps bousillé le moral et filé un mal (de chien) au cœur, l’homme a depuis plusieurs années projeté sa dernière part d’humanité dans un informe basset au regard vitreux répondant au nom de Bobby Jr. Bien sûr comme tous les gogos de ce genre, Everett se comporte avec lui comme si c’était son propre fils, le gâte, le dispute, et le traîne aussi bien en studio qu’en tournée, lui réalisant même un myspace perso.

Mais chez E, ce transfert canin est différent.

Comme avec l’animus/anima de Jung, E. a bien réussi à transposer dans cette créature son humanité, récupérant en échange une mollesse crétine tout juste bonne a apporter des chaussons à son mai-maître, mais aussi une part animale valablement inquiétante. Oui, on sent qu’il peut niaquer à tout moment. Qu’il porte le poil ébouriffé des bêtes qui dorment dans les rues, boivent dans les flaques et sèchent au soleil de Californie. L’instinctif est là, à portée de main, prêt à jaillir, malgré la tranquillité que les années ont dressée.

Cela fait dix ans qu’il s’évertue à vous le dire, clamant « I am a lone wolf » avant d’enchaîner désormais sur cet ‘Homme Loup’, dit en espagnol pour rendre l’avertissement moins effrayant. Un peu comme le berger allemand lithographié sur le panneau Chien Dangereux. A l’écoute des bandes on serait tenté d’en douter, cet album regorgeant encore de nombreuses comptines folks égrainées en chuintant et de rengaines pop jouées sur une basse à la MacCa et caisse claire trop étouffée, sûrement recouverte d’un drap pour ne pas salir. Mais il y a des signes.

Des cris sont poussés (Prizefighter), des cordes rongées jusqu’à l’os (Tremendous Dynamite). Et quand sous son masque-lunettes il tire la langue, c’est qu’il est en rut. Sa fine pine violacée pointant dans la broussaille fauve, à la recherche d’une femelle. Désir. Envie. Tout le concept de l’album, puisque concept il y a… Et c’est là que le bât blesse. Le choix des titres piochés dans les réserves du songwriter frénétique, c’est aussi abscon qu’un album de la fin des 50’s regroupant des singles et leurs b-sides. Ça et la prod ‘Monkey House’ des Dandy Warhols qui polie les entournures (Fresh Blood) ; il y a encore et toujours des titres qui ne résisteront pas aux prochaines mues. A vouloir faire trop pop…

Dixième puis vingtième écoute plus tard. Il semble que je n’arriverais pas à lui en vouloir, que de toute façon chaque titre trouvera sa place dans une tournée. Rock garage abrasif ou pop-folk anglaise. En fait ce chien stupide a trouvé sa place dans ma baraque sans que je l’y invite, avec un air brave mais en laissant planer le doute. Cave Canem.

http://www.eelstheband.com/

17 commentaires

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