Les parisiens de Dorian Pimpernel ont l’art de porter le costard mais pas celui de garder le petit doigt sur la couture du pantalon. Le doigt, ces esthètes de la pop préfèrent largement le glisser dans la prise électrique pour disjoncter le psychédélisme. Promis, on se met au défi de ne pas citer le mot LSD une seule fois durant l’interview.

Qui se souvient de « Hollandia », EP prometteur signé sur un label japonais en 2007 et du 45t, Teorema, sorti l’an passé ? Pour ceux qui gardaient la secrète espérance de tenir un jour ce premier album entre les mains, « Allombon » se dévoile enfin et récompense cette attente.  Excellent cru, cette longue maturation semble avoir nourri la complexité et l’élégance des compositions. Les cinq parisiens y tracent les contours flous d’un univers onirique où se côtoient psychédélisme, krautrock et musique de films. En dégustant le nectar jusqu’à la lie, les yeux embrumés, on croise les figures tutélaires que sont United States of America, Kevin Ayers, Kraftwerk, Broadcast, François de Roubaix ou les High Llamas. Rien que ça.

La plus grosse méprise concernant le groupe serait de ne voir en eux que des gardiens du temple trop occupés à ânonner les citations savantes et distiller la formule psychédélique parfaite. Si Johan Girard, leader wilsonien en robe de chambre, Oblomov penché sur ses claviers, aime à jouer de cette image d’encyclopédiste, il livre ici un disque baroque et moderne à la fois. Des pépites comme Alephant ou Alflafa ancrent l’album dans l’époque sans renier leurs influences 60’s. En héritier d’Altamont, Dorian Pimpernel troque les couleurs acidulées de la « sunshine pop » pour le clair-obscur. Sous les notes ciselées des clavecins, derrière les arrangements luxuriants, on chante les illusions perdues, la déception amoureuse, la révolte contre la médiocrité. Un style qu’ils nomment « moonshine pop » et un état d’esprit proche de celui du label Tricatel dont le crédo a toujours été de mêler « gravité profonde et légèreté sonique ».

Ce n’est pourtant pas à Bertrand Burgalat mais au label Born Bad Records que l’on doit cette signature. Un de leurs plus beaux paris pour l’année à venir. Portait en pied de Dorian.

7 ans ! C’est long pour un premier véritable album. Ce fut un enchaînement naturel ou tu as connu des doutes, une envie de tout plaquer ?

Johan : C’est long, mais nous avons quand même posé des balises sur le chemin : un mini-album, « Hollandia » sur le label Rallye Records et un 45 tours, Teorema, chez Tona Serenad. Entre temps, il y a eu des doutes, bien sûr, et l’écriture de ma thèse, qui a mis le groupe entre parenthèses pendant un certain temps. Mais la naissance de cet album aurait pu être plus longue encore, car nous pouvons pousser le perfectionnisme très loin. Jean-Baptiste Guillot, le patron de Born Bad Records, nous a mis au défi de boucler l’album en trois mois, alors que seule la moitié des morceaux était enregistrée, et nous nous y sommes tenus.

Revenons en arrière, comment s’est formé le groupe ?

Johan : Au milieu des années 2000, le groupe s’est formé autour de…moi-même. Cherchant à combler mes lacunes à la guitare et à la voix, je me suis mis en quête de musiciens. J’ai alors rencontré Jérémie, et très vite, j’ai été conquis par son jeu inventif à la guitare et par son timbre de voix si particulier, qui m’évoquait White Noise et Left Banke. Face aux nécessités des concerts, nous sommes progressivement devenus un véritable groupe.

Jérémie : Avant de rencontrer Johan, à qui on avait soufflé que je jouais de la guitare en dilettante, je ne connaissais aucun musicien, et il était improbable à l’époque en France de tomber par hasard sur un projet résolument pop et sans trop d’affect. La plupart des gens qui écoutaient cette musique n’en jouaient pas ou, du moins, n’osaient pas s’y frotter. Le chant est arrivé dans un second temps au hasard d’essais en studio. Nous n’étions que deux et il n’était pas question alors de se produire sur scène. Je n’ai eu qu’un seul auditeur – bienveillant – pendant presque deux ans, ce qui a permis d’endosser assez progressivement ce rôle, auquel je n’étais pourtant pas prédestiné.

Benjamin : Je suis le petit dernier, j’ai rejoint le groupe il y a deux ans. Auparavant, je n’étais qu’un fan de base. Comme quoi tout arrive ! Cela dit, je connais Johan depuis le tournage du film de Serge Bozon, Mods, en 2002. Je connais Laurent depuis un temps encore plus antédiluvien, on peut donc considérer que j’ai été un peu pistonné.

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Comment composez-vous ? Le clavier semble prédominant dans votre approche de la musique.

Johan : Oui, les claviers sont notre boîte à outils, et chacun occupe une fonction bien distincte : marteau, hache ou scie sauteuse. Certains morceaux sont composés assez « classiquement », au piano, d’autres prennent la forme de cadavres exquis, d’assemblages réalisés sur la base de petits bouts de composition jusqu’alors isolés. D’autres encore sont tributaires de l’automatisme de la machine, comme The Mechanical Eardrum et Alephant. Ces morceaux sont nés de courtes séquences, élaborées un peu au hasard sur de vieux synthétiseurs analogiques, et progressivement « remplies » par des accords, des mélodies, des arrangements. De manière générale, je soumets une base de composition assez avancée aux autres membres du groupe, qui remplissent les trous, proposent des arrangements, des dérangements, des bifurcations.

Je remarque d’ailleurs une belle collection de synthés analogiques. Il y a des collectionneurs parmi vous ?

Johan : Pour ma part, de très loin, puisque j’ai commencé à m’intéresser à la question dès l’adolescence ! Les orgues électroniques des années 1960, les synthétiseurs analogiques et les pianos électriques étaient les premiers symptômes. Puis la maladie s’est peu à peu aggravée. J’ai commencé à acheter des instruments très exotiques, comme le Variophon, un synthétiseur de la fin des années 1970 qui imite des cuivres et dans lequel il faut souffler, un Commodore 64 que j’ai transformé en synthé ou encore un Persephone, rejeton contemporain des Ondes Martenot. Mais je ne suis pas un ayatollah de l’analogique, d’autant que la cote des vieux coucous est devenue indécente. Je m’intéresse de près aux premiers synthétiseurs numériques et aux samplers 12 bit des années 1980, qui offrent un territoire sonore vaste et moins balisé. Jérémie, pour sa part, est atteint par une autre addiction : les synthétiseurs modulaires.

Jérémie :  De mon côté, j’ai commencé à troquer l’achat de guitares pour les claviers et synthétiseurs peu avant de rencontrer Johan.  Je dois reconnaître qu’il a partiellement formé mon goût (et mon découvert en banque) en m’aiguillant sournoisement vers des « seconds choix » qui l’intéressaient mais dans lesquels il ne souhaitait pas lui-même investir : le Pianet N plutôt que le Wurlitzer, le Philicorda plutôt que le Vox Continental et ainsi de suite. La niche en pleine expansion des synthétiseurs modulaires est un gouffre pour collectionneur: devant le flot ininterrompu de nouveautés pointues et faussement abordables, on a tôt fait d’accumuler bien plus d’éléments que nécessaire, avec parfois peu de temps pour approfondir.

Johan, tu as un rôle central dans le groupe. As-tu le sentiment d’être parfois un « control freak » ?

Johan : A vrai dire, je ne crois pas que les choses de l’art, de manière générale, constituent un terrain privilégié pour la démocratie participative. Mais je pense être un dictateur plutôt ouvert : chacun propose des arrangements, des orientations, et même des compositions, mais le tout doit s’inscrire dans la ligne du Parti.

Despote éclairé donc… Il est vrai que c’est très précis, tout semble millimétré. Vous laissez parfois de la place à l’improvisation ?

Johan : L’improvisation peut survenir dans les marges de nos morceaux, mais jamais en tant qu’improvisation collective. Nous laissons une grande place au « hasard matériel » : les déraillements, les imprévus, les glissements opérés par les machines. Par ailleurs, les morceaux que je soumets au groupe sont comme des textes à trous, et c’est dans ces espaces ouverts, ceux de l’arrangement, qu’une certaine forme d’improvisation peut prendre place.

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Quelle est  la définition de votre « moonshine pop  » ?

Johan : « Gérard Genette disait que le comique n’est qu’un tragique vu de dos. C’est cette forme de reflet inversé qui unit la « moonshine pop » à la sunshine pop des années 1960 : à la naïveté succède la désillusion, à l’optimisme béat une inquiétude diffuse, à l’affirmation de la plénitude harmonique des zone de dissonance, de ruptures, d’incertitudes. Et l’image des moonshiners, ces contrebandiers produisant du tord-boyaux au clair de lune pendant la prohibition, peut faire écho à notre travail patient, souterrain et nocturne.

Jérémie, ton chant est très doux, presque féminin. Quelles furent tes inspirations ?

Jérémie : Cette « signature vocale » est, comme les yeux bleus, une simple caractéristique physique. On fait avec ! A mon grand regret, j’aurais du mal à remplacer au pied levé Leonard Cohen. Par chance, ma voix semble en revanche s’accorder aux mélodies et à l’atmosphère des morceaux de Johan. Lors des sessions d’enregistrement, les inflexions et autres tics d’interprétation forçant l’émotion sont proscrits, n’est pas chanteur soul qui veut. De plus, je ne chante pas dans ma langue maternelle, ce qui multiplie les chances de sombrer dans le pastiche. On essaie par conséquent d’enregistrer des voix les plus droites et neutres possibles afin que l’essentiel passe par la mélodie et le timbre. On pourrait peut-être rapprocher notre démarche de celle des regrettées Mary Hansen de Stereolab ou Trish Keenan de Broadcast, des voix très « blanches », rares dans le paysage pop contemporain. Il se trouve que ce sont des interprètes féminines, évoluant sur un terrain voisin du nôtre, donc la comparaison est aisée mais, pour autant, nous ne nous sommes pas inspirés de leur travail en particulier. Bien d’autres chanteurs pop m’ont au moins autant marqué, certains notoirement moins sobres : Ray Davies, Lou Reed, Dionne Warwick, Jarvis Cocker, Stephen Malkmus… la liste est longue, et je ne suis pas certain que l’on retrouve grand-chose d’eux dans mes vocalises. On peut dire que l’inspiration principale est la composition elle-même.

Vous sortez cet album chez Born Bad Records, connu jusqu’à présent pour des signatures beaucoup plus rock. C’est une surprise pour vous ?

Johan : « C’est un honneur, mais pas une surprise totale ! Jean-Baptiste a suivi notre parcours depuis les premières démos, et a progressivement ouvert son catalogue à des artistes assez éloignés du garage rock. Nous nous sommes retrouvés à un point où il était pertinent pour nous deux de publier un disque chez Born Bad.

Il y a souvent méprise entre vos influences assumées et votre modernité pourtant flagrante. Vous n’avez pas peur de renvoyer une image d’un groupe coincé dans les 60’s ?

Johan : « Oui, c’est une méprise récurrente ! En surface, la recherche de compositions labyrinthiques et d’une certaine évidence mélodique évoque la pop de la fin des années 1960, et nous pouvons difficilement cacher qu’il s’agit d’une influence déterminante. Mais en rester là, ce serait occulter tout l’aspect électronique de notre travail, notre recherche de timbres nouveaux et de sons étranges, l’influence du krautrock, des musiques électroniques ou encore du post-rock. »

Paralipomenon, Existential Suit…On note beaucoup de références littéraires ou philosophiques. Quelles sont celles qui ont façonné l’album?

Johan : De nombreuses influences souterraines irriguent l’album, et certains thèmes se retrouvent au fil des morceaux, comme la perte des illusions, le sentiment de l’impasse et de la vacuité. Certaines chansons sont directement inspirées d’œuvres romanesques ou philosophiques : les Chemins qui ne mènent nulle part d’Heidegger pour Paralipomenon, les Cahiers Kangourou de Kōbō Abe pour Alfalfa, La Danse d’Isaac B. Singer pour A Drowsy Waltz.

Ah, c’est l’heure de ma question Marie Claire. On vous offre le choix totalement fantasmé d’un réalisateur pour votre prochain clip. Qui choisissez-vous ?

Johan : D’outre-tombe, Pasolini.

Laurent : John Ford, Sacha Guitry, Bresson ou Rohmer… mais ils sont tous morts.

« Un amour des foulards et des belles vestes vintage. »

Musiciens et intellos. Vous assumez cette image ?

Johan : Un peu, même si cela ne nous empêche pas d’être essentiellement de parfaits mongoliens.

Jérémie : Et puis il s’agit tout de même de chansons pop de trois minutes ! Un art mineur, comme disait l’autre. Elles sont tout à fait accessibles et ne prétendent d’aucune manière faire la leçon à qui que ce soit.

Ce look de mods aux costards impeccables, c’est vous au quotidien ?

Johan : Les mods représentent pour nous une influence lointaine, vague et diffuse, et nous ne portons pas l’uniforme officiel. Mais nous devons concéder un amour des foulards et des belles vestes vintage.

Votre premier album coïncide avec un certain retour en grâce de la pop psyché (Temples, Jacco Gardner…). Quel regard portez-vous sur ce phénomène ?

Johan : Je suis sensible à ce retour de la pop psychédélique, et les albums de Jacco Gardner et d’Orval Carlos Sibelius ont tourné en boucle sur ma platine. A l’époque de notre premier mini-album, nous avions été rangés au côté des « baby rockers ». C’était franchement très étonnant, car nous étions plus vieux, ne chantions pas en français, et n’avons jamais été friands des Forbans et des Chaussettes Noires. J’imagine qu’on nous classera désormais dans cette nouvelle vague psychédélique, c’est déjà mieux !

Jérémie : Comme souvent, la cohérence entre les différents protagonistes d’une « scène » donnée est toute relative, mais il n’y a rien de déshonorant à être associé à certains de ces projets. Personnellement, sans pour autant renier cet aspect, je n’ai jamais vraiment vu le psychédélisme comme élément prépondérant dans notre musique. Mis à part quelques ambiances éthérées et l’utilisation parcimonieuse d’écho à bande, nous faisons preuve d’un certain hiératisme, d’une rigueur et d’une concision qui, il me semble, vont un peu à l’encontre de la dimension planante, réverbérée, et souvent improvisée que recouvre généralement le terme.

« Johan a même nourri un temps le fantasme wilsonien de laisser son groupe partir en tournée sans lui !

Le live, c’est un exercice qui vous enthousiasme ou que vous redoutez ?  

Johan : Dorian Pimpernel est né comme un projet de studio, et ce sont les concerts qui, paradoxalement, nous ont conduits à former un véritable groupe. Au tout début, j’avais quelques doutes sur l’exercice du concert : notre travail méticuleux en studio avait quelque chose de la musique pour bande, et il me paraissait étrange de chercher à en proposer une approximation ou un simulacre dans les conditions du live. Peu à peu, le plaisir pris au jeu en public a levé mes doutes.

Jérémie : Johan a même nourri un temps le fantasme wilsonien de laisser son groupe partir en tournée sans lui ! Les arrangements sont composés et enregistrés piste par piste en home studio sans jamais être répétés à plusieurs et sans que la question de rendu « naturel » se pose. Une fois les morceaux terminés, et contrairement à des formations pop plus traditionnelles, nous sommes donc confrontés à cette redoutable problématique: rendre intelligibles et jouer pour la première fois d’une traite des chansons qui jusque-là tenaient presque uniquement du jeu de construction. C’est un exercice difficile mais enthousiasmant, qui peut aboutir à des versions différentes.

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Vous cultivez cette fascination pour les drogues propre au mouvement psychédélique ?

Johan : Nous avons acheté un stock de pot belge sur le Tour de France, et sommes des consommateurs réguliers. Quant à Jérémie, il est plus timoré, je crois savoir qu’il n’a jamais touché la moindre seringue.

Jérémie : La tâche ingrate de « capitaine de soirée » me revient de fait. Malheureusement, je bois beaucoup et n’ai pas mon permis de conduire.

Laurent : Je sécrète moi-même mes propres stupéfiants.

Bien. Restons dans le domaine de la consommation.  Que me conseillez-vous à manger et à boire pendant mon écoute d’Allombon ?

Johan : Des tripes à la mode de Caen ou du jarret de porc à la coriandre, le tout arrosé de Cornas ou de Saint-Joseph.

C’est très « vieille France », on dirait une scène de bouffe chabrolienne…

Johan :  Le jarret à la coriandre est une recette chinoise. Mais sa déclinaison strasbourgeoise, tartinée de munster, n’est pas mal non plus. Mais mon rêve culinaire est encore plus vieille France : un poisson farci à la viande, comme on en préparait au Moyen-Age.

Dorian pimpernel // Allombon // Born Bad Records
http://www.bornbadrecords.net/releases/bb061-dorian-pimpernel-allombom/

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8 commentaires

  1. Il y a souvent méprise sur leurs influences , ah bon….
    même si on sent le savoir faire, cette musique est d’un convenu, le discours bien huilé, la petite pincé électro pour la modernité et surtout chanter en Anglais pour être crédible à l’export… aussi ennuyeux que des premiers de la classe.
    Bonne représentation de la « pop » actuelle qui est à la musique ce que le politiquement correct est au langage.

  2. Aaah, heureusement qu’il y a toujours des chroniqueurs de Ruquier à qui on ne la fait pas pour veiller , avec des arguments eux mêmes pas du tout archi convenus ni périmés, sinon on risquerait de se faire avoir

    1. Busty, en réponse à Blank Franck ou au papier ? Sinon, je me lance de suite dans une chronique de Christophe Maé pour viser les plateaux télé

      1. Pas le papier bien sûr ; juste cette pose irritante et répandue de pseudo décrypteurs distanciés de la « machine marketing », qui appliquent à tout et n’importe quoi le même genre d' »analyses » automatiques et moisies sur le « discours », une supposée démarche calculée etc. Tout aussi à coté de la plaque qu’un ado employant à tort et à travers l’adjectif « commercial » ou encore, donc, les Polony, Pulvar et consors lorsqu’on leur laisse l’occasion de donner leur avis sur la musique.
        D’autant plus lorsqu’on parle de groupes ayant semble-t-il une dizaine d’années de quasi confidentialité derrière eux, dont la musique n’a aucune chance d’être à la mode, avec apparemment le « défaut » d’être un peu plus précieux et posés que les Black Lips, ou encore capables de répondre par un sujet-verbe-complément lorsqu’on les interroge.
        Ce point précis mis à part, libre à chacun de trouver la musique trop clean, ennuyeuse, de préférer les originaux ou bien le rock qui tache.

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