À en croire le communiqué de presse, ce trio viendrait de Belgique (ou des Pays-Bas, je ne sais plus). L’important n’est pas tant sa provenance géographique que le fait que son album sonne comme une jam exhumée réunissant des membres de Canned Heat, de Lynyrd Skynyrd et Syd Barrett.

Une jam qui aurait eu lieu en 1971 au plus tard. “Roux-Ga-Roux”, c’est le nom de l’album (OK, ce titre est son seul point faible), réunit tout ce qui agace ou réjouit, c’est selon, dans le rock US des seventies. Les morceaux sont basés sur des riffs plus que sur des mélodies, les garçons savent jouer et les parties instrumentales sont impeccablement exécutées, pour ne pas dire élaborées.

Les morceaux s’étirent longuement (certains dépassent les 7 minutes, vous imaginez ?), avec des ruptures d’ambiance. On baigne parfois dans un prog rock délicieusement régressif, que ne dénigreront pas les amateurs de la première mouture de Yes. La voix, souvent faiblarde chez les groupes européens, est ici digne d’un Steven Tyler, voire d’un Ian Gilan, rien de moins. Ah, oui, et puis il y a aussi ces gros accords d’orgue Hammond qui ponctuent les morceaux avec la douceur d’un Mohamed Ali conversant avec Joe Frazier sur la scène du Madison Square Garden (pour rester en 1971).

Pour les geeks fans de matériel vintage, le CD est fourni avec une poster qui explique que Dewolff a enregistré à Nashville sur un 24 pistes analogique MCI. Aucun effet fabriqué après 1975 n’a été utilisé pour les prises de son et le mixage. Un album computer free, en somme.

J’oubliais un point important, ces mecs sont jeunes et, pour ce qui est du look, pas d’inquiétude, on est entre The Band et The Charlatans (le groupe de Sans Francisco, avec le grand Mike Wilhelm).

Pas de plage à conseiller en priorité, “Roux-Ga-Roux” (ce titre ! je ne m’y habitue décidemment pas) forme un tout. On l’écoutera du début à la fin, avec ou sans drogue vintage, en se laissant pousser les cheveux.

Dewolff // Roux-Ga-Roux // Electrosaurus Records
http://www.dewolff.nu/

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1 commentaire

  1. C’est pas si mal au contraire d’avoir choisi un mot cajun pr titrer son album même si certes ça sonne un peu bizarre.

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