En septembre dernier, les mineurs de La Souterraine faisaient la Une de Pitchfork avec un titre éloquent et pour une fois pas ampoulé : « Unearthing the future of french pop ». Quoi de neuf depuis ce succès d’estime international ? Oh pas grand chose. A peine 25 sorties de plus en même pas six mois, et encore une de plus avec le cinq-titres ‘’ Semi-Vol.2’’ à découvrir en quasi exclu ici-même – nique ton clic Pitchfork.
En haut : Benjamin Caschera. En bas : Laurent Bajon.

On ne vous l’apprend pas, l’hexagone est une forme géométrique comptant suffisamment de coins pour qu’on puisse s’y perdre trois fois avant d’en avoir fait le tour. L’hexagone, c’est aussi votre pays et ça ressemble parfois, musicalement parlant, aux rayons d’un supermarché où l’on se perd un peu à force de ne visiter que les mêmes rayons. Ces deux analogies posées, le travail de forçat réalisé par La Souterraine en seulement deux ans force le respect : « à peu près 77 sorties » (dixit le cofondateur Benjamin Caschera, qui ne sait plus trop), des groupes comme Aquaserge portés au rang de fierté nationale et des découvertes comme Gontard, France ou le collectif de La Nòvia à faire passer le dernier album du premier connard de label indie subventionné par l’Amicale des gens sans talent pour le dernier des relents gastriques de feu Pascal Nègre. Rajoutez à cela un éminent plaisir à brouiller les cartes avec ses identités multiples (les compiles Mostla, la joint-venture avec Almost Musique, les résidences dans le CBGB parisien saucisson-frites de L’Olympic) et vous comprendrez que non, définitivement, La Souterraine n’est pas destinée à terminer sa course dans les grandes salles parisiennes, ni en première page des magazines à papa ou dans les grands festivals internationaux.

Annule et remplace. Alors que les zinzins viellés de France ont eu droit aux honneurs de Libé, France Cul’ et des Transmusicales et que les patrons préparent actuellement une date à la Gaité Lyrique ainsi qu’une fête souterraine au Liverpool Psych Fest, on peut dire que oui, Benjamin Caschera et Laurent Bajon ont en fait déjà gagné la partie. Ils ridiculisent des stakhanovistes du calibre de Ty Segall, ont un compte en banque inversement proportionnel à la qualité d’une discographie chaotique qui suffirait en à l’état à mourir heureux sur une île déserte, usent le plus insomniaque des journalistes avec des sorties quasi hebdomadaires (j’ai compté : ces cons sortent en moyenne une mixtape/album/compilation par semaine depuis septembre) dont le point commun est qu’elles n’en ont pas. Finalement, le grand débat républicain est peut-être là ; dans cette capacité à fédérer des origines musicales aussi étrangères dans un petit département français nommé Underground (plaque d’immatriculation : CH3L0U-666-NERD).

Enième preuve de cette capacité à fabriquer des châteaux avec trois bouts de ficelle, le ‘’ Semi-Vol.2’’ à découvrir ci-dessous avec cinq titres soufflant l’air de l’époque sur des vents contraires. Mention spatiale au Western arabisant de Sarah Maison et au Rangi Hotel du nouveau groupe Canari, clonage raté-donc-réussi de Moodoid et Tame Impala pratiqué illégalement par un médecin clandestin de la porte de Bagnolet. Plus tard, nous nous souviendrons que La Souterraine a un jour réussi à remplacer les trois couleurs du drapeau français par un bruit strident oscillant entre une cornemuse branchée sur un ampli Marshall et celui d’un coq étouffé avec l’intégrale de La Monte Young mimé à la bouche par Hervé Vilard ; mais en attendant, découvrons ensemble ce ’ Semi-Vol.2’’ précédé pour chaque morceau des commentaires de Ben Caschera, le cochon-truffier de la pop française.

« Sarah Maison est venue mille fois à l’Olympic, on s’est croisé pas mal de fois. C’est une pote de Laure Briard et de Melody Prochet (je crois que c’est même sa colloc). On lui a demandé dix fois de nous envoyer des choses et puis j’apprends que Robin Leduc, qui démarre le studio Spectral vers Gare de l’Est où je suis passé voir Julien Gasc enregistrer les voix de son album, enregistre ce titre dont on avait une chouette version démo ».

« Canari, on les suit depuis deux ans je pense, Laurent [Bajon, son acolyte] m’avait envoyé l’EP, on a même du en passer à la radio, Jérôme [Pichon, aussi guitariste pour Captain Kid] est un pote de Benjamin Glibert d’Aquaserge – ils jouent ensemble dans Melody’s Echo Chamber. Il nous tient au jus de son actu, donc ».

« Guillaume nous a envoyé son EP, recommandé par Jaune (Jean Thevenin) et il se trouve qu’il est fan d’Arlt. L’EP sort début avril, et là on dirait Morissey et Belle & Sebastian chantés en français. »

« Baron Rétif est mon associé dans Almost Musique. On cherchait des MC et on est tombé sur Coeff après un post de Nico Prat dans Dum Dum. C’est un extrait de Navettes qui sort le 1er avril (musique large/mostla) et ça annonce un album de rap, un jour ».

« Perrine on l’a reçu dans Planet Claire [l’émission de Benjamin et Laurent] et j’ai un peu bossé avec Lentonia en promo sur le disque des turques de Kim Ki O. Elles nous ont envoyé l’album on a choisi ce morceau ».

Compile La Souterraine // Semi-Vol 2
http://souterraine.biz

3 commentaires

  1. J’ai arrêté au troisième (dominique…) et puis j’ai mis le suivant (stomy…), c’est quoi ? Vous avez pas le temps ? Vous êtes mort ? La souterraine en même temps…

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