Hormis pour le Général de Gaulle, Christophe et Michael Jordan, rares sont les retours gagnants. Dix ans après sa création, le duo de Darkside tente son va-tout avec « Spiral », un deuxième album gluant qui confirme que les longues pauses attisent autant la nostalgie des fans que la panne d’inspiration.  

Il y a comme un air de Copains d’avant chez Darkside. On s’y plonge comme on entrerait dans un album photos, à la recherche de la gueule de ceux qu’on a connu et dont on espère qu’ils ont moins bien vieilli que nous ; avec ce sentiment un peu sadique consistant à prendre des nouvelles du passé pour savoir ce que sont devenus ces gens qu’on a croisé, aimé, parfois détesté et, pour le moins connu. Dans le cas de Darkside, révélé en 2011 grâce à l’addition entre Nicolas Jaar et Dave Harrington, le comparatif avant-après s’avère assez décevant. Brillant était « Psychic », ce disque inclassable publié en 2013, et où les deux tripoteurs de couches gazeuses inventaient un genre à part, pas vraiment psyché, pas vraiment EDM, surtout pas ambient, à la croise des chemins comme on dit chez Google Maps. Unique, sans doute.

Huit ans après, et si physiquement Jaar le producteur électronique et Harrington le multi-instrumentiste n’ont pas trop bougé, la musique de « Spiral », nouvel essai, donne l’impression d’admirer une boule de cristal dévalant une pente raide. Débuté en 2018, finalisé en 2019, avant que le monde ne change donc, l’album étiquetable dans la catégorie « un peu de tout » brasse les influences, lorgne vers des disques majeurs allant du « Meddle » de Pink Floyd aux folkeurs anglais (Nick Drake, Pentangle), mais sans jamais vraiment émouvoir, et avec cette impression tenace que si Moby et Clapton avaient été coincés en confinement dans un hôtel 4 étoiles, ils n’auraient pas fait pire.

Une fois passée l’excitation des retrouvailles, à rebours des artistes tentant la réinvention tous les six mois avec des albums jetables, ce Darkside mou du genou où les voix aigües sont semblables à des séances d’épilation s’étire en longueurs, sans vraiment moment fort hormis le passable The Limit ; et la sphère de la pochette de décrire surtout une grosse bulle spéculative prête à exploser.

Arrivé au cinquième titre (I’m the echo), épuisé par autant de lenteurs digressives, l’épuisement gagne du terrain. Peut-être Jaar et Harrington auraient-ils mieux fait de s’en tenir au premier album surprise et à ses seize premières minutes formidables découpées en 3 titres ; peut-être aurait-il aussi fallu éviter de lire des livres de méditation destinés aux morning routine et autres exercice de yoga en pleine conscience ; peut-être que les retours, finalement, servent surtout à mettre en valeur l’inattendu de la première fois. « Spiral », lui, tourne en rond. Pas sûr qu’on reprenne des nouvelles de ces copains d’avant.

Darkside // Spiral // Matador

 

 

 

 

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6 commentaires

  1. cet artikle est un attenta contre le bongout;car celui qui peut aimer les choses libidinales dans la durée, celui là seul peut aimer véritablement et embrasser la terre et le monde et les ovnis en leurs pourtours, longue life à dakside ouesh en dépit d’un look flottant ahahha oues ouesh n’est pas lester young qui veut, le prez!!!

  2. Pas aimé le 1er album
    Même pas envie d’écouter .
    Le talent de Nicolas Jaar m’a toujours semblé surestimé.
    Au fait c’est qui le Général De Gaulle ?

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