Woodstock 2.0 : Frabou, Rémi, Jeff, Benoît et Grégory se connectent au flower power grâce au wifi access réservé aux hippies dans un bar en pente de la butte Montmartre.

Nous sommes en 2010, au début de l’automne. Les chemises à fleurs et les barbichettes labellisés « I Love Tofu » déambulent cahin-caha entre le haut de la rue Lepic et le bas de la rue des Abbesses dans un brouhaha un peu casse couilles mais assez marrant pour le coup. La société de consommation traverse une crise existentielle majeure. Le krach de 2008, cumulé à la crise des subprimes  de l’été 2007, a provoqué un accroissement de la crise de liquidité. « C’est dingue, tout ça » comme dirait l’autre. Certains établissements financiers américains sont sauvés in extremis par la réserve fédérale américaine (Fed). Lehmans Brothers fait officiellement faillite le 15 septembre 2008. L’action valait 0,13 USD juste avant la cessation définitive de la cotation. Elle culminait à 85,80 USD en février 2007. Un grand écart de 85,67 USD que n’aurait pas renié un danseur étoile méchamment burné au niveau de l’académique. En Europe, plusieurs institutions financières sont sauvées par l’intervention des Etats et des banques centrales. En France, la ménagère de moins de 50 ans a le bigoudi qui part en vrille. Le prix du ticket « t+ » est fixé depuis le 1er juillet 2010 à 1.70€ et le taux de chômage vient de passer la barre symbolique des 10% (10,1%) selon l’OCDE (un petit peu moins selon la préfecture de police). Bref, c’est le bordel. Le monde est divisé en deux catégories : il y a ceux qui mangent la croûte du fromage et les autres.

L’ambiance est plutôt bon enfant au Beauty Fleet Foxes * de la rue des Martyrs.

La recherche de nouvelles perceptions sensorielles est palpable. On se fout des mains au cul de façon ostentatoire et avec authenticité (sans se prendre la tête en fait). Le LSD et l’herbe qui font rigoler sont proposés en Duty Free avec un bon de réduction immédiat en caisse de 0,50€ pour l’achat cumulé d’une boite de California rolls. Les Da Brasilians poussent quelques jérémiades folk au fond de la boutique. On reconnaît sans se tromper, Crosby, Stills Nash &Young, Buffalo Springfield, Gram Parsons, Dennis Wilson et les Byrds aussi. « Voilà pour l’article » comme on dit dans les milieux autorisés. Les influences sont claires et assumées. Des chèvres bêlent avec enthousiasme. La presse « spécialisée »applaudit des deux mains.  » C’est VACHEMENT bien ce truc chiant, non ?  » (NDLR). Ca sent un peu le Kidiboo mais l’ambiance est vraiment super au Beauty Fleet Foxes *. Les Da déroulent leur pop – folk toutes guitares dehors. C’est une expression parce qu’ils sont à l’intérieur en fait. Greatings from America ne dépareillerait pas sur le générique de fin de « La croisière s’amuse » (The Love Boat), célèbre série télévisée américaine des 70’s où tout le monde cherche l’amour ou presque (LOL). Janis et ses faux airs de cabaret western m’ont donné envie de regarder au loin dans le désert avec cet air débile qui caractérise le cow-boy mal rasé qui fait semblant de réfléchir en format cinémascope. Un ange passe. J’ai les oreilles qui commencent à saigner. Les Da Bras’ envoient le bois avec About Yours, un gentil tutube qui cible (je pense), en terme de marketing direct et de façon prioritaire, les membres de la communauté Mormone. Sinon, je ne comprends pas. Sur Please Stay la voix est nasillarde, à la limite du supportable. Je m’exécute. Je sors. Un seul titre tire son épingle du jeu dans ce lot de 11 plages mazoutées qui composent le 1er album éponyme des Da (surproduit, je pense). Il s’appelle Ocean. Et comme une bouteille à la mer, on peut se prêter à croire qu’un jour les Da ne boiront plus la tasse.

*Sorte de Beauty Monop’ pour barbus barbants

Da Brasilians // Folk, pop & psychedelic songs // Underdog Records
http://www.myspace.com/dabrasilians

10 commentaires

  1. Mmmmh…. je te soupçonne d’avoir un différent avec ces garçons de plage: auraient-ils oublié de te rendre ton vinyle préféré des Beach Boys?

  2. Ben moi, j’adore les Da Bra’s,
    ***Sur Please Stay la voix est nasillarde, à la limite du supportable. Je m’exécute. Je sors. ***
    Perso je trouve que c’est le total meilleur titre de l’album !! A tomber parterre (l’intro surtout) … dès qu’on s’est fait à la voix biensur mais elle finit par être touchante et bien coller à cette loose de l’amant déboussolé.

  3. c’est vrai, du temps de leur jeunesse, y’avait quand même un brin plus de spontanéité. D’ailleurs, y’a qu’à voir, « ocean » est un vieux morceau.

  4. le titre de cet article est dément ! Il a provoqué chez moi un fou rire nerveux… fuck je crois que je suis givré

    bah sinon j’ai regardé la vidéo dans le genre ( que j’ai beaucoup écouté et que je délaisse un peu) ils tiennent plutôt la route. Le pb c’est qu’à ce niveau de revival on voit pas trop ce qu’ils amènent au bazard

  5. Franchement là je ne cautionne pas et je sens vraiment une rancoeur !
    Ces Da Bras t’auraient ils piqué ta nana ? s’appelait elle Janis? Ca sent le réglement de compte à plein nez ; en tout cas pas très constructif cette chronique.Attention aux retours de planches, le surf c’est dangereux ptit gars et tu risques de boire la tasse 😉 essaye le bodyboard c’est surement plus safe pour tes petites oreilles!
    En tout cas je file « glisser » ailleurs.NAVRANT Il manque surement l’appelation MADE IN UK ou US pour que ça te fasse frémir.
    En tout cas moi je continue de suivre ces ptits gars qui le méritent et attends avec impatience la sortie du skeud.
    AMEN

  6. C’est vrai que le Deodato a le dentier dur – personnellement je trouve le disque excellent, malgré les 3/4 chanson de remplissage usuel qui font que le format du disque est éculé, mais bref – mais on oublie parfois que sur Gonzaï l’auteur donne son point de vue et ne demande pas au lecteur de cautionner ou pas.

    On peut parfois apprécier un papier pour le style et non parce qu’on est d’accord ou pas. Le cas échéant, la descente en règle fera polémique, les gens iront écouter – voire achèteront – et tout le monde y trouvera son compte. Arrêtons de crier à l’injustice dès lors qu’un article démonte ou encense, ça va bien cinq minutes ces complaintes. L’important c’est d’en parler, point.

  7. je lis ce commentaire et j’ai un flash : tu aurais pu faire parti des jeunesses hitlériennes, écouter de la musique du IIIième Reich.
    c’est un flash, je ne me l’explique pas.

    (Tentative de réponse stupide à un commentaire où l’expression « fin de race » me fait franchement flipper).

    Passes ton chemin, Raspy.
    Je passerai tes autres commentaires en indésirable, bien évidemment.

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