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15 janvier 2021

Conny Frischauf, du rock choucroute sans se prendre les pieds dans la saucisse

Quand il est question de krautrock, on a pour habitude de penser à d’anciens terroristes de l’Allemagne de l’est reconvertis en musiciens et emmurés dans de sombres blockhaus sans urinoirs pour accoucher d’albums hésitant entre le bruit d’un tank Panzer et les sonorités mélodiques d’une Kalachnikov. Il arrive aussi parfois qu’une Autrichienne vienne un peu foutre le bordel dans cette théorie du genre avec un album beaucoup plus harmonieux, et où l’étrange a malgré tout droit de cité. C’est le cas du « Drift » de Conny Frischauf.

On n’avait pas vu ça depuis le 12 mars 1938 : l’Autriche venant au secours de l’Allemagne ; un sacré comble pour qui connait l’histoire de la Seconde guerre mondiale. On n’ira pas jusqu’à dire que la jeune Conny Frischauf va buter des nazis avec son premier album chez Bureau b, mais il y a sur « The Drift » (à la dérive en V.F.) assez de bonnes choses pour dépoussiérer du krautrock ; le genre étant peu ressuscité par la jeunesse allemande.

Qu’entend-on sur « The Drift » ? Une pop électronique empruntant pas mal, à la fois à Cluster pour son versant ambient, mais aussi à Cavern of Anti-Matter et donc logiquement, également à Stereolab (Tim Gane jouant dans les deux projets). Il en résulte quelque chose d’assez planant et instantané, évitant les deux écueils que sont la musique instrumentale pour femme enceinte et le krautrock ta-ta-poum pour violeurs de chauve-souris.

Alors certes, la pochette de « Die Drift » fait certainement partie des 10 pochettes les plus atroces des dix dernières années ; mais comme disent les riverains de la ligne Maginot, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, ni l’Alsace et la Lorraine.

Conny Frischauf // Die Drift // Bureau b
https://connyfrischauf.bandcamp.com/album/die-drift

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