L’heure étant aux revival et aux emprunts générationnels, et maintenant que même les années 90 semblent prêtes au révisionnisme positif (Mudhoney, sérieux les mecs ?), la grande bataille a commencé : quel groupe actuel saura le mieux piocher dans la grande malle du passé pour faire du neuf avec du vieux ? De ce point de vue, Part Time porte bien son nom. Et son sixième album continue de creuser au fin fond des années 80 pour trouver la source de l’émotion pure.

Imaginez que vous soyez revenu presque 40 ans en arrière. Votre mère est coiffée comme Bonnie Tyler, elle écoute à fond les turbines la musique dans son walkman en imaginant un combo magique entre Simple Minds et Roxy Music ; et sa pilosité la ferait presque ressembler au Freddie Mercury du clip de I want to break free. Voilà, vous y êtes. La time machine a fait son effet, et vous voilà plongé dans le titre d’ouverture de « Spell #6 », le dénommé Before you fall apart, qui n’est pas un hommage à Joy Division, mais plutôt un clin d’œil déguisé au chanteur de The Cult – Ian Astbury – et aux plus belles heures de la radio FM.

Vu le contexte de l’époque – la notre – le tout a plutôt de quoi déconcerter : il y a des refrains. Mieux même, une suite de chansons composées par ce groupe jusque là passé sous les radars, où, plutôt que du simple rock bas du front, les auditeurs sauront retrouver le plaisir des batteries avec des réverb’ pas possibles en imaginant les coupes de tifs de musiciens à nuques longues ; mais sans jamais que cela ne soit ridicule ni risible. Clairement, le genre d’exploit qu’on espère chaque jour en ouvrant le courrier, mais qui n’arrive que trois fois l’an.

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Voilà presque une dizaine d’années que les Californiens de Part Time ont plongé leur seringue néo-romantique, et le résultat de ce sixième disque bourré de larmes sur perfecto usé, outre le fait qu’il contient un featuring correct avec Ariel Pink (I can treat you better), c’est un bon parfum de west coast qui contraste avec l’ensemble des productions « épurées » du moment. Part Time ose tout, sans complexe, comme par exemple réussir à pondre un plagiat de Morrissey écoutable (Spell #6), un autre de R.E.M. période I.R.S. (The boys that make her cry) ou encore un titre (Silent Francine) qui aurait parfaitement pu trouver sa place chez John Maus. C’est l’un des petits miracles anachroniques de l’époque : il n’y en a plus. Et cette confusion des genres, comme des années, fait de « Spell #6 » un album que les plus endurcis adoreront détester quand les autres – vous – le passeront en boucle pour oublier leurs peines de cœur sur Tinder.

Part Time // Spell #6 // Tough Love (Differ-Ant)

1 commentaire

  1. Fin d’année difficile quand même.
    Après une séquence synthé de série B, voila le retour du rock Californien aseptisé.
    Entre ça et le garage tu me diras, au moins je ne me prends plus la tête pour trouver du blé pour ces galettes,
    ça doit être quelque chose de discuter zike à la rédaction en ce moment.

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