Souvent relégués au fond de top 10 d’artistes à suivre parrainés par des marques de téléphone, ils luttent contre 60 ans d’histoire pour se faire une place dans le cœur d’auditeurs qui croient avoir tout entendu. Parce que les meilleures histoires sont souvent les plus courtes, Gonzaï leur rend hommage avec un petit tabouret vers la gloire nommé C’est bien c’est nouveau. Aujourd’hui, un groupe au nom barré qui n’aura eu droit qu’à des copiés-collés de sa bio au moment de la sortie de son premier EP.

C’était presqu’il y a un an et nous n’étions pas là. Dans l’indifférence générale, la nôtre en premier lieu, sortait ‘Born For This Journey’ du groupe ØBE, dont l’histoire retiendra qu’ils devaient sûrement être en train de fumer des drogues pendant les cours de marketing de nom de groupe. Plutôt que de se répandre en longueurs sur les raisons qui font que la guitare a quasi disparu de la surface de la terre (raison 1 : l’élégant premier rang féminin a été remplacé par des gros veaux qui transpirent), arrêtons-nous deux minutes sur cette citation à propos du duo rouennais composé de Charles (Apoplexie) et Michaël Fristot (MelanoBoy) et tentons de comprendre l’échec du système scolaire français.

« Musicalement je trouve que c’est très original, ça sort vachement de l’ordinaire. L’ambiance est plutôt chaleureuse, chamanique, envoûtante, mystérieuse et quelque peu psychédélique avec une touche d’exotisme » (Quelqu’un sur Internet)

Bon, vous allez me dire, c’est facile de tirer sur une ambulance. Mais, après tout, on n’a jamais demandé à qui que ce soit d’écrire sur la musique comme on réciterait le mode d’emploi d’une cafetière. Celle d’ØBE est 100% café bio ; on croirait même entendre parfois du Koudlam moulu importé d’une Colombie digitale, avec les petits grains de Nana Mouskouri chillwave à l’intérieur. Grand-mère sait faire du bon café, ouais.

Évidemment, personne ne vous demande d’avaler ce truc en thermos pour faire nuit blanche à Nuit Debout et il n’est pas sûr que la K7 pressée pour l’occasion à moins de 200 copies trouve preneur dans 20 ans sur eBay. N’empêche, on aimerait que la génération qui commence à s’user le cerveau sur des best-of Konbini 2009-2015 s’intéresse davantage aux mélodies méditatives d’ØBE, et à ce qu’elles racontent entre les lignes de ce monde qui va trop vite pour laisser le temps aux nappes de synthé d’être dressées.

Un an après la sortie de ‘Born For This Journey’, personne ne s’est réellement penché sur le cas ØBE et c’est un peu comme si tout était à refaire. C’est bien dommage, car un nouvel EP semble déjà prêt. Espérons que cette fois l’artwork ressemblera moins à un paquet de café Jacques Vabre. Car ØBE, c’est vrai, ça sort vachement de l’ordinaire.

https://obetranswave.bandcamp.com/releases

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