Souvent relégués au fond de top 10 d’artistes à suivre parrainés par des marques de téléphone, ils luttent contre 60 ans d’histoire pour se faire une place dans les dernières pages vierges du grand livre de la pop culture. Aujourd’hui, un groupe de synthés monté par deux passionnés de guitares surf. En bons fans de Jacno, ils viennent de publier un album de couleur rectangle.

Disons que ce serait l’histoire d’une trahison : dans une Rome latino-synthétique, Brutus tuerait César puis, pour fêter ce parricide, partirait fissa chez un marchand de synthés pour composer des mélodies visionnaires qui illustreraient, 2000 ans plus tard, Le voyage dans la lune de George Méliès.

18342295_258142614653946_228588167529124338_nA priori, vous n’y comprenez pas grand chose, mais le fait que deux ex membres de The Cavaliers, jadis signé chez Born Bad, troquent les guitares surf contre des instruments à touche, c’est aussi inattendu que Jul achetant un dictionnaire pour composer des chansons. Ce simple retournement de veste pourrait suffire mais, comme si ça ne suffisait pas, les morceaux de « Le songe de Kepler », leur album chez ERR REC, sont à tomber par terre. Pas d’ennui hein, car c’est à peu près l’abécédaire synthétique qui est ici récité, de la lettre D (De Roubaix) à K (comme Kraftwerk, what else) jusqu’au W de Walter Carlos, pour son « Switched on Bach » qui proposait voilà bien longtemps de passer le répertoire de Bach à la sauce MOOG.

Evidemment, si vous avez grandi dans la forêt avec des blousons noirs entouré de tessons de bouteilles en écoutant les Béruriers Noirs, la pilule aura du mal à passer. Mais si vous êtes un nostalgique, dans l’esthétique et les sons, de l’épöque Jeunes gens modernes qui aiment leurs mamans, alors Cité Lumière devait vous donner plus d’étoiles dans les yeux que celle de Luc Besson. Le fait qu’Alexis und Florian ait intitulé l’un des meilleurs morceaux Discosmique montre bien qu’on n’est pas chez les énarques de l’analogique ; c’est dansant comme un apéro sur Mars avec Elon Musk, et Epopée Cassini, en hommage à la sonde spatiale partie étudier Saturne en 2014, rappelle quant à elle le Telstar de Joe Meek, avec à peu près toute la panoplie de l’astronaute qui se rêverait Christophe Colomb de l’espace avec une Keytar et un fond d’écran Microsoft Windows à la place des vieux fonds verts.

En bref : c’est à écouter sous hypnose, en boucle, comme dans un GIF.

Cité Lumière // Le songe de Kepler // ERR REC
https://citelumiere.bandcamp.com/album/le-songe-de-kepler

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