Intrigué par une vidéo déposée sur le mur de ma vitrine sociale, je décidai d'écrire un papier sur un groupe qui avait le don de me stimuler et l'avantage d'être en vie, cumul rare. Bester m'apprit alors que ledit groupe était le projet d'un ancien de chez Gonzaï. Me voilà donc prêt à écrire un papier sur un groupe que personne ne connaît et qui, de plus, est copain avec le rédacteur en chef. Périlleux exercice.

Je regarde alors toutes leurs vidéos. La série Hôtesse, MTO, Route… Et reviens souvent à la cause de tout cela : l »EP « Sorciers des aéroports ».

Quand t’étais-tu endormi ? Tu ne savais plus très bien. Tu avais décidé de voyager. L’aéroport. Tout cela était bien trop confus. Avance et recule. Les gens passent. Dans tout cela il n’y avait qu’une idée fixe. Mais tu ne savais plus très bien. L’asphalte luisait et les portes s’ouvraient automatiquement. Intérieur ciment géométrique. Les gens passent et cette idée qui rôde toujours autour de toi. Tu essayes de l’attraper, ou peut-être est-ce le contraire. Reste que quelque chose te tracassait. Un couple passe à côté de toi. « Les Aéroplanes1 ? » demande Madame à Monsieur. Ce devait être ça.

Bon Voyage, c’est le groupe rejeton des Aéroplanes. Les Aéroplanes étaient un groupe parisien de nu-disco comme on dit, ayant sorti chez Mathematics Recording un EP remarqué. Ça s’appelait Impersonnel naviguant.

Vue aérienne. Ça fourmille. Ou bien est-ce immobile. Des gens et des machines. Tes pas rythmés heurtaient la surface. Dans le flot, un regard accrochait le tien. Qui était cette fille ? Tu te mis à la suivre, puis tu posas ton front contre la vitre. Le grand bal des machines. L’avion se pose enfin sans refermer les ailes.

Amnésie. Paris-Tokyo. Ou bien était-ce Berlin. Rome et puis New York. Les lettres jaunes courent sur le tableau des départs. Les arrivées aussi. Et cette fille, était-elle sur le départ ou l’arrivée ? Trajectoires. Les gens marchent vite et tracent un million de directions. A travers la mosaïque des visages, tu penses reconnaître le batteur des Naast. Tu ne comprends pas très bien.

Le groupe comporte le batteur de feux les Naast, mais aussi leur ancien manager, qui était déjà aux manettes des Aéroplanes et qui a recruté le Nicolas pour ce nouveau projet.

Introspection. Engoncé dans ton imper, tu voudrais fumer une cigarette. Heureusement, celle-ci apparaît dans ta main et déjà la fumée ruisselle dans tes poumons. Salle de transit. Le front contre la vitre. Les Aéroplanes, nous disions. Ou le Midnight Express. La destination importe peu, finalement. Alors tu quittes le tableau des départs et tu fais claquer tes chaussures à la surface.

Le tarmac. Sans modifier le rythme de tes pas, tu cherches cette fille des yeux. Perdue pour toujours. Alors tu cours sur les escaliers métalliques qui te répondent mollement. Arrivé dans le cockpit, nez à nez avec l’impersonnel naviguant. Un steward au teint pâle apparaît devant moi. Sa tête sans visage se penche vers moi, et de sa casquette, il me susurre à l’oreille : « Bon voyage. »

Bon Voyage // EP Sorcier des aéroports // Stendec
http://www.sorciersdesaeroports.com/

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