Perdu dans la forêt francilienne, au fin fond du 7-8, il a fallu du temps pour approcher ces biches moins fragiles qu’elles n’y paraissent. Amour, pop, magie et psyché : c’est le résumé d’une rencontre furtive avec cet animal génétiquement modifié, quelque part entre Tame Impala et Aquaserge.

Entrer dans le monde des cinq cervidés revient un peu à observer une bande de Teletubbies schizophrènes ; l’amour qu’ils se portent se nourrit, en parti, d’un ramassis de blagues plus ou moins douteuses lancées à longueur de journée. C’est donc dans une ambiance détendue que débute la conversation pour tenter de comprendre ce qui lie les cinq membres du groupe depuis leur rencontre en 2012. Sous des airs désabusés, Carol, batteur dont la carrure n’excède pas celle d’une biche en grève de la faim, invoque le concept d’Egregor. Entre ésotérisme et analyse sociologique, il explique que Biche est une entité à part qui les réunit dans un seul et même but : celui, roulements de tambour, de faire de la musique.

Comme tout groupe de psyché qui se respecte, la pop du cervidé s’inspire autant des classiques – Beatles et autres Beach Boys – que des groupes plus contemporains comme Tame Impala, source d’influence majeure avant le faux pas initié par la sortie de ‘Currents’, l’été dernier. Comme toi et moi, Biche aussi s’est senti trahi : de Parker, il ne reste plus que Kevin, l’homme à faire danser les teenagers, de Dubaï à Cancun sans passer par Austin ; la rupture est consommée. Mais pas de quoi s’affoler. La vague néo psyché qui déferle d’année en année regorge d’autres merveilles : Mild High Club, Aquaserge, Dungen et j’en passe. Autant de sources d’inspiration pour un groupe qui s’est cherché trois ans durant, passant de l’anglais au français et du garage à la dream pop.

Takumi, mystérieux bassiste aux allures de savant fou (ancien membre des Aqua Nebula Oscillator, il en a gardé des séquelles) compare leur travail de composition à celui d’un gastronome trois étoiles au Michelin : ils goûtent, expérimentent, fusionnent différents éléments cueillis à un « instant T », pour un résultat aux mille saveurs. En plein enregistrement de leur premier EP, prévu pour l’été, les cinq franciliens se savent attendus et désirés. Pas facile de se faire une place quand on a grandi dans la forêt. Avec détermination et talent, nul doute que ces biches parviendront à dessiner leur propre constellation dans ce vaste univers qu’est celui du « psiké ». Amour, pop et cervidé.

https://www.facebook.com/bichemusic
En concert avec Dungen et Tall Juan le dimanche 5 juin à la Maroquinerie : plus d’infos

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