À 37 ans, Benjamin Schoos est encore très difficile à présenter. Tour à tour auteur, compositeur, illustrateur, chroniqueur, patron de label, rappeur ou ventriloque en radio, le bonhomme belge a passé ses 15 ans de carrière à osciller entre le beau et le bizarre.

2e3b01700e-benjamin-schoosAujourd’hui affranchi de son ancien alias – Miam Monster Miam – c’est vers un horizon plus limpide et sous son nom véritable que le musicien a choisi d’envisager l’avenir. À paraître en novembre, son deuxième album solo intitulé « Beau Futur » est selon lui « le plus élaboré ». Enfin, « un vrai disque » pour celui qui a passé sa vie d’artiste à bricoler des sons sur un 4 pistes. Pour distinguer le vrai du faux, il fallait rencontrer longuement « ce trublion extraterrestre » chez lui, à Liège, dans le studio où il a imaginé sa brève vision de l’avenir.

Producteur, illustrateur, chroniqueur, réalisateur, chanteur…à 37 ans qu’est-ce qui te définit le plus ?

Benjamin Schoos : Je me reconnais plus comme musicien. Que ce soit réalisateur ou interprète. Je préfère dire réalisateur car aujourd’hui le terme producteur a une référence financière qui me plaît moins. Je suis musicien avant tout mais le reste découle de ça. Chroniqueur, je ne le suis plus vraiment. C’était l’époque où le service public faisait appel à moi, où je me suis construit un personnage un peu déjanté. Je faisais de la ventriloquerie en radio, je me faisais passer pour un rappeur. À l’époque, j’avais cette image là : celle d’un trublion extraterrestre. Une sorte de Gustave Parking. Le déconneur underground.

Il y avait pas mal d’humour dans ce que tu faisais. C’est une forme d’esprit que tu places au centre de ta démarche ?

B.S : Pas tellement. J’agis plutôt comme un gamin qui ferait un dessin. Quand je fais quelque chose, je suis dedans et je ne cherche pas à savoir à quoi je fais référence. Ce n’est jamais calculé.

Dans ta façon de faire, tu as beaucoup dit que tu fonctionnais par « collage ». C’est une manière de dire que tu prônes le Do it Yourself ?

B.S : Je pense que ça vient aussi de l’enfance. Quand t’es gamin et que tu prends des jouets, tu inventes une histoire. Ce que j’appelle collage, c’est d’abord le fait de se débrouiller avec ce que t’as et en même temps, t’amusais à le faire. À Liège, dans ma chambre d’adolescent, j’avais une batterie pourrie et un magnéto cassette deux pistes. Comme je n’avais pas de formation classique de musicien, je bidouillais. Chance ou pas chance, l’époque voulait ça. Dans les années nonante, le courant lo-fi mené par des gens comme Beck permettait aux gens de bricoler des tubes avec 3 francs 50. Et du coup, ce que je faisais a attiré l’attention de maisons de disques parce que c’était dans l’air du temps.

Qui t’a lancé en premier ?

B.S : Un petit label liégeois, Sound Station, qui programmait des trucs comme Grandaddy, Dominique A en concert. Des gens qui étaient, à l’époque, inscrits dans la même mouvance que moi.

D’ou te vient cette culture du bidouillage ? Je crois savoir que ton père avait des parts dans une société de location de VHS et qu’il t’a initié à la série B…

Oui, même si mes parents ont plutôt une formation scientifique. Mon père est chercheur en biochimie génétique et s’occupe de la trisomie entre autres. Ma mère est chimiste et est devenue prof. J’ai donc baigné dans un milieu où l’on parle beaucoup de science de manière pragmatique. C’est toujours amusant. Là par exemple, on en face du musée de la science et quand t’es gamin, que tu vois un mec faire des bulles d’oxygène et envoyer une grande décharge d’électricité en même temps, ça te prend. Pour moi, la science a aussi un côté bidouillage à la base. C’est aussi ça qui donne envie d’apprendre.

Tu pourrais donc établir un parallèle entre la science et ta musique ?

B.S : Tout à fait. Dans la mesure où quand tu crées avec amusement, tu peux te dévouer à des choses qui te paraissent après coup spectaculaires. Ensuite, quand mon père a pris des parts dans sa société de VHS, j’ai commencé à regarder beaucoup de films à la maison. À l’époque, la série B avec son côté sci fi avait le vent en poupe grâce à des films comme Terminator qui m’a beaucoup marqué.

Produis-tu de la musique de la série B ?

B.S : Oui. Surtout dans le sens où tu sais que tu n’as pas de pognon. Et encore avec la démocratisation du numérique, de plus en plus de musiciens arrivent à faire des choses soignées avec peu de moyens. Mais avant, ce n’était pas le cas. Donc quitte à utiliser un 4 pistes cassettes, autant l’utiliser sur tout un disque. Si t’as pas le pognon pour avoir un orchestre à cordes, utilise un Casio. Quand j’ai fait des disques garage avec Freaksville (Freasksville Record, son label, ndlr), on les enregistrait de manière brute. Quand on n’avait pas de budget, on faisait avec ce que l’on pouvait.

« Je n’ai jamais su comment faire pour plaire »

T’as toujours voulu rester dans cet esprit là ?

B.S : Non, j’ai aussi produit et écrit des albums plus soignés comme celui de Mademoiselle Nineteen mais ça reste quand même un disque de genre. Un album pop de genre. Avec le temps, quand ce n’était pas une question de budget j’avais toujours l’envie de me raccrocher à quelque chose, lui donner une forme comme un réalisateur donnerait une forme à son film. Donc quand je fais un album, je pense qu’on ressent ma manière de faire.

Tu aurais trouvé « une patte Schoos » en fait ?

B.S : Oui, je pense avoir une manière de sculpter le son, d’arranger qui m’est quand même propre. Quand je réalise un disque, je pense que j’amène modestement ma patte d’instrumentiste dans les albums que je fais.

Tu t’es toujours considéré comme un artiste de chansons légères. Pourquoi ?

B.S : Parce que c’est de la chanson, tout simplement.

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Derrière le genre qui rappelle la variété, tu n’as jamais eu envie de toucher le plus grand nombre ?

B.S : Le plus grand nombre, je ne sais pas ce que c’est. Je n’ai jamais su vraiment comment faire pour plaire. Je pense qu’il y a une sorte de magie que je n’ai jamais su opérer. Après, en tant que producteur et directeur de label, je pense savoir à qui m’adresser quand je sors un certain type de projet. Quand tu fais écouter des trucs aux gens, tu prends en compte leur réaction. Quand je fais écouter un disque de Moog music, je constate que les réactions positives sont plutôt portées par des gens qui aiment les synthés et les trucs déconnants que vers ma mère qui préfère la chanson.

Tu n’as jamais approché le succès populaire ?

B.S : Non jamais. Mais j’ai été proche. En 2003-2004, Jacques Duvall (l’un des ses plus proches collaborateur aujourd’hui, ndlr) travaillait avec Alain Bashung qui cherchait des influences country-folk, justement présentes sur un album que je venais de sortir. Ça ne s’est pas fait mais c’était à deux doigts de se faire.

Pour quelles raisons ?

B.S : Parce que c’est comme ça. Il a pris une autre chanson, je ne sais pas vraiment pourquoi. Mais si Bashung avait pris ma chanson, ma carrière aurait pris un autre tournant.

« On fait l’Eurovision aussi avec Duvall mais on n’a eu qu’un point »

Tu aurais aimé devenir célèbre ?

B.S : Je ne sais pas. Non pas spécialement. Ça m’aurait plu d’écouter une de mes chansons chantées par Bashung ou un autre. Je sais aussi qu’il aimait beaucoup l’album de Marie-France (deux albums sont sortis sur Freaksville Record, Phantom featuring Marie France n 2008 et Kiss en 2012, ndlr), Étienne Daho aussi. On a aussi été très proche de Lio qu’on a signé et qu’on a fait tourner. Mais au moment de faire de grosses dates, sur la Grande Place de Bruxelles par exemple, elle a commencé à avoir des problèmes de voix. On fait l’Eurovision aussi avec Duvall mais on n’a eu qu’un point. Bref, on a fait des choses qui auraient pu avoir du succès mais ça n’a jamais vraiment marché.

Tu ne cherches pas à le fuir ce succès en somme ?

B.S : Non mais je cherche aussi à fournir de la musique de genre. Et pour une raison économique, je cherche un public direct, visé sans passer par des canaux commerciaux qui coûtent très chers. Je constate aussi que quand le succès peut s’embrayer, il faut dégager des moyens titanesques pour le gérer. Psychologiquement, c’est assez compliqué. Physiquement aussi. Tu sais, quand un groupe joue devant 20 000 personnes, il y aussi du travail, de la concentration, une énergie énorme à déployer. Et puis, ce n’est pas forcément facile à supporter. Personnellement, parler de soi tout le temps ce n’est pas un truc qui me ferait plaisir. Il y a des gens qui vivent dans un état d’égo permanent. Mais moi, je me saoule vite.

« Enregistrer un album par -10 degré »

Côté finances, ça va ?

B.S : Ben on se débrouille. On a une structure qui vit depuis 2010, un label indépendant qui sort pas mal de disques. Je me débrouille aussi parce que je peux jouer mon répertoire. Mon album précédent a pas mal fonctionné, China Man VS China Girl. Ça a fidélisé une catégorie de personnes. Ça m’a permis de voyager aussi. J’ai compris qu’il fallait me bouger le cul pour faire entendre ma musique. Ça me prend beaucoup de temps et beaucoup d’énergie mais c’est très gai. C’est un peu comme Tintin qui va voyage.

Tu t’éclates ?

B.S : Je suis dans mon élément. Parfois, j’ai des projets plus compliqués que d’autres. Quand je fais de la pub, c’est un peu moins drôle mais les enjeux sont autres. Perso, du moment que c’est clair, j’aime bien faire mon métier. Ça devient chiant que tu surcharges ton agenda. Avec Freaksville, on avait la radio, la télé…ça devenait un petit peu compliqué de jongler entre les projets.

Tu as dit une fois que tu n’avais pourtant pas peur d’aller au bord du précipice. Qu’est-ce que ça voulait dire ?

B.S : J’ai monté Freaksville Record parce que je pensais que l’album que nous avions réalisé avec Jacques Duvall ne pourrait sortir sur aucun des labels de musiques francophones existants. Alors j’ai créé le mien. Puis, on a monté un groupe expérimental pour le promouvoir avec ma femme à la batterie qui n’en avait jamais joué et son ex-mari qui est aujourd’hui mon associé. Tout ça pour dire que même si tu as une recette qui marche, il faut introduire un élément nouveau dans la conception. Sinon tu te bloques et tu reproduis sans cesse le même truc, une lassitude se créée et la machine se grippe.

Quitte à aller loin parfois. La légende raconte que tu as fait enregistrer Lio dans un studio gelé en démolition qui sentait le rat crevé…

B.S : Non mais je voulais surtout qu’elle enregistre là où on jouait ! Je ne dis pas que Lio est comme ça mais si tu mets des gens dans un endroit qu’ils connaissent, ils vont automatiquement effectuer les choses qu’ils savent déjà faire. Alors c’est toujours dérangeant au début, parce que tu rentres en conflit avec la personne. Mais après, ils acceptent, se sentent en confiance et produisent du neuf. Là, en l’occurrence, on faisait un album de punk-rock et je me suis dit « merde, on va pas aller faire ça dans un studio à 2000 euros la journée ! ». Il se trouvait qu’effectivement est tombée une vague de froid et que le studio n’avait plus de chauffage. Et on a enregistré des morceaux à -5, -10 degrés. C’était deux jours, ça va…

S’il y avait une collaboration à retenir dans ta carrière, celle avec Jacques Duvall viendrait-elle en premier ?

B.S : C’est manifestement l’une des plus importantes en termes de songwriting. Je connaissais la musique de Jacques et j’aimais bien. J’ai toujours bien aimé le gars. Il m’intriguait. Puis il se trouve qu’il a bien aimé une chanson à l’époque où il bossait avec Bashung. Un truc que j’avais écrit en Anglais et qu’il voulait chanter en Français. On s’est perdu de vue puis je l’ai recontacté en 2006 pour sortir un disque, « Hantise », qui marquera la création de Freaksville. En ce temps là, il ne voulait plus faire de disque, ni même chanter mais il m’a fait rencontrer des gens qui se trouvaient alors dans une impasse discographique. Des gens comme Marie France, par exemple, avec une aura toute parisienne mais que l’industrie du disque ne faisaient plus travailler. Bref, Duvall était dans une période un peu noire et ça lui a donné envie de sortir d’une industrie qui est parfois un peu morose.

Aujourd’hui, vous êtes toujours très proches ?

B.S : Oui, bien sûr. On fait toujours de la musique ensemble. On se met toujours très facilement au service l’un de l’autre. On a un langage commun même si on n’est pas issu de la même génération.

Sur le plan musical, que penses-tu de l’époque ?

B.S : Je la trouve fatigante. Fatigante, dans sa dimension de pollution sonore. Elle est massive et elle est dans tout : dans le gaspillage de son, d’arrangements, de mélodie. Il y en a trop. De cette pollution, naît une sorte de nappe de brouillard au dessus de laquelle très peu de musiques nouvelles arrivent à émerger. Maintenant, si tu as envie de découvrir quelque chose qui te plaît, les possibilités sont infinies parce que l’accès à l’information n’a jamais été aussi simple. Il faut juste trouver le chemin. C’est aussi la raison pour laquelle les gens n’aiment plus la musique francophone. Ils en attendent quelque chose mais ne trouvent pas la clé.

Vis à vis de cette « pollution sonore », tu as réalisé ton album à paraître en novembre, « Beau Futur », dans quelle optique ?

B.S : C’est vrai que j’aurais pu sombrer dans le cynisme et le je-m’en-foutisme le plus total mais j’ai plutôt imaginé Beau Futur comme un album non-cynique. Autrement dit, j’ai vraiment eu envie de faire un disque encore plus travaillé. Un vrai disque, quoi. Au niveau mélodique, c’est probablement mon disque le plus élaboré. Après, la nature du projet n’est pas la même que sur le précédent. Si « China Man » était un disque très cinématographique autour du catch, « Beau Futur » est un album véritablement écrit avec des songwriters différents. Finalement, j’ai eu envie de faire un album plus léché, mieux ficelé.

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Tu as décidé de mettre quelques éditions vinyles en précommande sur Ulule, un site de crowdfunding. Pourquoi ?

B.S : Encore cette histoire de pollution sonore. Face à ça, je voulais savoir qui étaient mes auditeurs. Pouvoir correspondre avec les gens qui aiment mes disques et savoir pourquoi ils les aiment aussi. Outre le fait de représenter une source de financement, Ulule te permet d’interagir avec les gens qui aiment ta musique.

En parlant d’interaction, tu as demandé à tes fans sur Facebook ce qu’ils penseraient si tu t’inscrivais à The Voice. C’était une connerie ?

B.S : Oui, quand même. C’est juste parce que mon fils me demande souvent pourquoi je ne m’inscris pas au concours. Il ne comprend pas. J’essaie de lui expliquer mais je suis vite à court d’arguments. Donc j’ai fait une vidéo acoustique sous forme de blague. Mais non.

Jamais ?

B.S : Non pas jamais, on ne sait pas ! En tout cas, j’ai fait une chanson pour un des gagnants de The Voice et ça n’a pas donné grand-chose cette année. Le gars n’a pas trop aimé ce que j’ai sorti. Mais ce qui est clair, c’est que je ne suis pas assez porté par l’engouement médiatique pour pouvoir bien le faire.

Comment la Belgique te considères aujourd’hui ? Tu as toujours l’étiquette de trublion barré époque Miam Monster Miam ou tu penses t’être assagi ?

B.S : Je ne sais pas trop. Le fait que j’ai délaissé ma carrière solo pour produire les disques des autres m’a fait perdre en notoriété. J’ai juste l’impression que les gens un peu branchés n’ont pas toujours aimé parce qu’ils ont trop vu ma gueule et le grand public n’a jamais bien compris ce que je faisais. Donc finalement en Belgique, je suis dans quelque chose d’assez confortable du mec dont on n’attend pas grand-chose.

« Des mecs indie qui gratouillent en regardant leurs pieds, c’est vite casse couille. »

Tu privilégies aussi une certaine esthétique qui peut parfois projeter l’image d’un mec qui se la pète. Tu en as conscience ?

B.S : Oui, carrément. C’est marrant que tu me dises ça, parce que sur Riff Raff, une revue musicale belge, un mec explique dans sa chronique de mon dernier EP qu’il aime bien la musique mais qu’il trouve que je me la pète avec mes lunette de soleil et mon nœud pap’. En même temps, je trouve que l’image est très forte sur un projet. Qu’importe ce que tu fais, la force provient de la visibilité que tu donnes à ce que tu fais. Et puis tant pis si ça te plait pas.

Et elle vient d’où cette image ?

B.S : De un, je suis habillé comme ça depuis mes 18 ans. Deuxièmement, je trouve que dans le spectacle, c’est important d’avoir un costume. Quand tu rentres sur scène, tu rentres dans un deuxième habit et j’ai toujours aimé, dans le rock, ce truc grotesque de gens de l’entertainment qui se déguisaient et qui paraissaient après coup, bigger than life. Des mecs un peu freaks quoi. Quand Alan Vega monte sur scène avec son bandeau de ninja, il est louche. Il n’est pas net : il est entre le ridicule et le charisme absolu. Mais jamais tu ne cesses de le regarder. Quand les mecs des années 90 ont débarqué avec leurs jeans et leurs guitares, c’était un peu chiant à regarder. À la limite, quand j’ai vu débarquer Marilyn Manson j’ai apprécié, parce qu’au moins il y avait du spectacle. J’aime quand le show est porté par un artiste avec une image forte. Des mecs indie qui grattouillent en regardant leurs pieds, c’est vite casse couille. Et moi, si je suis tel que je suis dans la vie de tous les jours en montant sur scène, autant qu’on aille boire un verre.

Et c’est qui Benjamin Schoos dans la vie de tous les jours ?

B.S : Un mec timide, un peu asocial. Pas très à l’aise en soirée. Je suis fort dans mon monde mais si tu me mets dans un endroit que je ne connais pas, je ne vais pas être rassuré. Dès que je sors de la musique, ça devient tout de suite un peu tangent.

Benjamin Schoos // Beau Futur // Freaksville
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