20 septembre 2015

BEIRUT
La mollesse hautaine des nuages en cuivre

Il souffle les nuages ; il y en a neuf. Comme tous les nuages, ils refusent de prendre une forme définitive. Ils ne signifient rien de particulier ; leurs structures poreuses s’opposent à l’interprétation, mais ils peuvent, à juste titre ou pas, ressembler à quelque chose. Les mouettes bavardes laissent entendre que ce souffle est plutôt le soupir de chagrin, d’épuisement et de lassitude.

Comme la légende d’un ado de New Mexico enregistrant des pastiches de la musique balkanique, ces nuages traversent aisément les frontières et planent au-dessus des paysages filtrés sur Instagram ; ils s’envolent comme des cartes postales de pays doucement exotiques :

  • Charretée de foin. Brume au-dessus des Carpates.
  • Quai au Portugal. Pavillons blancs sur des bateaux. Cris des mouettes. Peut-être un chapeau de paille blanc.
  • Coucher du soleil, Australie.
  • Minarets blancs d’Istanbul. Escaliers. Le vent fait flotter le linge.

Quelles que soient les histoires qui y mèneront le héros romantique, les platitudes laconiques inscrites en Helvetica ne les trahiront pas. Animée par le même son arrondi, adressée à tout le monde et à personne, cette fabrique se met en branle solennellement et se dirige vers le sud-est en laissant derrière elle Zéphyr et l’indolence passagère de l’été indien.

Une plaquette des exercices de respiration vient de sortir chez 4AD.
La fabrique passe par le Zénith le 22/09.

Beirut // No No No // 4AD
http://beirutband.com/

Beirut-NoNoNo-album-cover

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