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10 juillet 2020

Avec « After the Curtains Close », Jonathan Bree rate la première marche

C’est peu dire que le quatrième album de l’homme à tête de gant Mapa étant attendu au tournant. La nouvelle livraison de Bree réserve pourtant peu de surprises, et ses rideaux se prennent parfois un peu les pieds dans le tapis.

« Jonathan Bree, au tableau !« . Le gamin, pas très sûr de lui avec sa voix fluette et son masque qui lui bouffe la gueule, s’approche lentement devant ses voisins de classe. « Alors, vous avez appris quoi depuis la sortie de votre mini tube mondial You’re so cool ?« . Le petit Jonathan baragouine un truc, personne comprend rien, on dirait Kenny dans South Park. « Parlez plus fort, bordel« . Bree s’effondre puis retourne s’asseoir sans rien dire. Depuis qu’il a trouvé la formule parfaite en associant des basses gainsbouriennes à cette voix très grave à là Lee Hazlewood, tout le monde souhaite qu’il refasse la même chose, en mieux.

C’est fondamentalement le problème avec « After the curtains close » : impossible de l’écouter sans penser à « Sleepwalking » en naviguant d’un titre à l’autre à la recherche du même frisson. Spoiler alert : il n’arrivera pas. Loin d’être un disque de remplissage, toujours aussi bien produit, ce quatrième album joue précisément les mêmes cordes que pour le disque précédent et si les meilleurs morceaux sont ceux où le gimmick est annoncé dès l’introduction, tantôt au glockenspiel (Kiss my lips), tantôt au clavecin (Heavenly vision), tantôt avec des cordes (In the Sunshine), on peine à jouir, toujours un peu sur la retenue.

Vendu comme l’album de la confession – Bree racontant une année de solitude après une rupture douloureuse, et l’on se doute qu’il n’est pas question de son tendon d’Achille – « After the curtains close » est surtout une redite avec trois bons titres (les susnommés) qui auraient parfaitement eu leur place sur « Sleepwalking ». Pour le reste, la dissertation ne valait peut-être pas autant de pages et c’est avec un goût de « peut mieux faire » que se conclue cet effort qui n’aidera pas le Néo-zélandais à sauter une classe. A moins, évidemment, qu’on attende toujours un peu trop des bons élèves.

Jonathan Bree // After the curtains close // Sortie le 17 juillet chez Cargo Records

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