Avec son nouvel album « InBach », le Français signé chez InFiné redonne des couleurs au premier musicien pop de l’histoire contemporaine : Jean-Sébastien Bach, mort en 1750 et plus que jamais moderne sur cet album qui lui est dédié. De l’art du contrepoint.

Dans la majorité, celui qui écrit sur la musique cherche une histoire, un fil conducteur, un trou par lequel rentrer dans la maison qui lui est offerte. Dans le cas d’Arandel, on a longtemps cherché ; c’était fermé à double tour. Pas que, depuis ses débuts voilà 10 ans, le Lyonnais se soit emmêlé les doigts dans ses machines ; « In D » rendait déjà en 2010 clairement hommage à l’un des pionniers de la musique répétitive et électronique, Terry Riley. Mais il manquait peut-être une aspérité, une incarnation, quelque chose de granuleux qu’on appelle simplement l’être humain.

Tout cela se retrouve avec plaisir sur « InBach », où Arandel a eu l’idée furieusement baroque de marier d’anciens instruments (un fac-similé d’un clavecin de Goujon, un Cristal Baschet, un ondioline, etc) de la Philharmonie de Paris et ses propres synthétiseurs analogiques. Il ressort évidemment de ce croisement des points de comparaison ; d’autres musiciens se sont déjà frottés au compositeur allemand, on pense (hélas) à Maurane, Nicolas Godin de Air sur « Contrepoint » et surtout Wendy Carlos et son « Switched on Bach », et où les classiques du Maitre était rejoué à la note près au Moog – de quoi faire hurler les puristes, en 1968.

Sur « InBach », Arandel ne se limite pas à la relecture puritaine et maladive ; Arandel n’est pas Glenn Gould et cela nous évite un disque hommage où les différences d’interprétation se joueraient dans l’ultra-détail. La variable humaine évoquée tout à l’heure, elle repose en premier lieu sur la présence d’invité ; à commencer par Areski Belkacem sur Ces mains-là, puis Emmanuelle Parrenin, artiste « culte » des seventies (Mélusine, Gentiane) remise en selle après ses collaborations avec Etienne Jaumet ou Pierre Bastien, ou encore Gaspar Claus et Ben Shemie de Suuns, tous convoqués pour des ritournelles atypiques, à la fois classiques dans leurs structures et modernes dans leurs squelettes. Le seul bémol, récurrent lorsque son nom est évoqué sur un tracklisting, c’est la présence de Barbara Carlotti dont l’intervention nuirait presque au projet tant on s’éloigne du propos initial.

« InBach », quoiqu’il en soit, est tout sauf un album d’intégrisme ; c’est au contraire une ouverture sur le monde moderne pour Bach, et sans jamais le trahir, mais en lui conférant un vernis expérimental et mélodique rafraichissant dans l’époque, plus que jamais amnésique. La victoire à venir de l’intelligence artificielle sur les « vrais » musiciens attendra encore un peu. Dans une interview accordée à Benzine début 2020, Arandel confiait « être incapable de jouer du Bach, et ne pas pouvoir lire une partition, ce qui faisait de lui davantage un paysagiste qu’un compositeur ». En taillant ses haies avec amour, et en acceptant l’accidentel, il fait couler du sang dans les machines ; Bach aurait apprécié.

Arandel // InBach // InFiné

En concert le 5 mars 2020, Festival La Route du Rock, Conservatoire de Rennes, le 21 mars 2020, Festival Nouvelle(s) Scènes à Niort , le 4 juillet 2020 aux Nuits de Fourvière à Lyon.

9 commentaires

  1. anthrax sepultura the bizarros cpt beefheart trouvés a la broc samedi & dimanche avec plein d’autres trucks pas chez vous ni chez les roublards de disquaires ni sur les plates ventes de cogs ta keue!!

  2. Trop facile de surfé SUR la vague de tout ses BOBOS qui utilise des syntés modulaires mais SONT INCAPABLES de joué une seul note de MUSIQUE !!! C’est de la merde en barre 18 CARATS pseudo intello qui citent Bach mais non pas le moindre talent. On en trouve a chaque coin de rues !!!!!!!!!!!!! du CONCENTRE de soupe pour hipsters !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    1. Trop FACILE de faire des commentaires mais qui sont incapables de faire une phrase sans fautes d’orthographe et dans une syntaxe potable .
      A part peut-être les boulets….
      T’es en boucle mon ami .
      Ah mais oui mais non puisque tu n’es pas PERSEVERANCE !!
      Si ?

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