Chez Gonzai, à part les comptes au Liechtenstein, on n’a rien à cacher. Alors autant le dire tout de suite : l’un des deux garçons d’Aéroplanes est un ancien de l’équipe. Les q

Chez Gonzai, à part les comptes au Liechtenstein, on n’a rien à cacher. Alors autant le dire tout de suite : l’un des deux garçons d’Aéroplanes est un ancien de l’équipe. Les quelques temps qu’Adrien a passé avec nous ont révélés son flegme devenu légendaire, sa détermination et son goût immodéré pour la musique précieuse.

Maintenant que j’ai bien ciré les pompes, pas de raison de m’arrêter en si bon chemin. Il faut que ça brille ma chère.

Un jour de semaine dans un café du quartier Malesherbes, Adrien est aussi seul que moi au comptoir. On parle de  l’avenir de Gonzai, des Naast qui, hélas, ne jouent plus et de la qualité du jambon dans nos sandwichs. Vous l’aurez compris, que des choses absolument déterminantes pour la bonne marche du monde. Seulement notre ancien copain semble amer, comme si quelque chose ne passait pas dans son jambon-beurre.

Depuis on ne croisait plus Adrien et son compère Antoine que lorsqu’ils daignaient sortir de la grotte qui leur sert de studio. Planqués quelque part dans le 11° arrondissement, ils semblent préparer un sale coup. Leur groupe (que l’on a longtemps cru être un groupuscule militant pour le port obligatoire de la raie sur le côté) se donnerait pour nom Aéroplanes. La police n’a pas pu nous en dire plus.

Il me faudra attendre ce vendredi 10 avril, 20 heures, pour apprendre que les deux jouent le soir même à la Flèche d’Or.

Quand j’arrive sur place le concert a commencé et je ne prends même pas la peine d’effectuer le traditionnel crochet par le bar. Je file direct au premier rang pour m’apercevoir très vite que l’amertume a été digérée, et d’une belle façon. Je dois avouer que je suis d’ordinaire assez vigilant avec la musique électronique, surtout lorsqu’elle date d’après 1975. Mais l’avènement d’Aéroplanes pourrait signifier la fin de l’ostracisme et de l’indifférence. Quand on les voit sur scène on ne culpabilise pas comme un enfant lorsqu’un soir, égaré dans un vilain club on se prend à remuer du plastron. Comprenez, on a assez bu pour approcher la fille d’en face. On ne dit plus comme à confesse : demain c’est promis je me remets Sly and the Family Stone en intégrale non remasterisé. À en croire les mouvements de bassin de la fille devant moi, Aéroplanes c’est déjà assez funk.

D’ailleurs celle-ci n’aura pas le droit à un seul coup d’œil venant de la scène. Aéroplanes se la jouent gourous, nous sommes les fidèles. Si ce n’est pas encore un groupuscule, ils véhiculent tout de même une certaine idée du style moderne. On connaît leur admiration forcenée pour Soft Machine, leur myspace mentionne aussi Stockhausen.

Après trois concerts parisiens les Aéroplanes ont déjà une date à Berlin. Le nombre de fidèles ne devrait pas cesser de s’accroitre et nous, on ne devrait pas cesser de sortir tard. Comme souvent la police n’a rien vu venir.

 

www.myspace.com/lesaeroplanes

 

 

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