Quelque part, dans le brouhaha new yorkais, un groupe se ligue et impose le silence. Deuxième album des Silent League, But You've Always Been The Caretaker

Quelque part, dans le brouhaha new yorkais, un groupe se ligue et impose le silence. Deuxième album des Silent League, But You’ve Always Been The Caretaker agit comme un bain de jouvence régénérateur. Un album pas vraiment de son époque: comme moi.

Moi aussi j’ai eu ma période baba cool. Au milieu des années 80, j’arpentais les allées du lycée arborant fièrement une vieille veste de cuir usée et déchirée, genre piquée à mon vieux, des jeans filandreux et troués sur des baskets fumantes en décomposition avancée. J’étais trop sage pour tâter du oinj alors je me rattrapais en crevant mes boutons sur Janis Joplin, Joan Baez, Bob Dylan, les Pink Floyd, les Doors et même Barclay James Harvest … Bref j’avais Blowin’ in the wind dans la tête lorsque tout le monde se trémoussait sur Like a Virgin. Pas facile de draguer avec ça. Ce qui me vaudrait de rester encore longtemps puceau, mais j’en ai rien à foutre, moi, au moins, j’écoutais de la bonne zic’! Avec The Silent League je retrouve ces bonnes vieilles sensations, je plane sans substances ajoutées dans un univers musical onirique parfois naïf, parfois revendicatif mais toujours très élaboré donnant une nouvelle vigueur à une expression musicale directement issue des 60’s et 70’s.

Synopsis psyché post-rock symphonique

Dès la première écoute de l’album, je m’agite dans les volutes de fumée de ma goldo, me lève de mon fauteuil et entonne au plus grand désarroi de mes chats un « Gloire à Justin Russo ! » jubilatoire. Me voilà en transe, regonflé de bonheur par les riches mélodies étoilées du gars de Brooklyn. J’entends une vraie batterie, celle de Sam Fogarino (Interpol), des guitares, clarinettes, cuivres, piano et synthés imaginatifs … De quoi étancher la soif éternelle de vraie bonne musique. Alors je me le repasse et m’incline alors devant ce qui devient doucement pour moi la perle rare, un album bien construit avec de belles et grandes mélodies qui s’enchaînent sans accrocs pour s’émanciper en un immense florilège symphonique. De l’élégante solennité de When Stars Attack!!! à l’onirisme juvénile de There Is A Caretaker In The Woods et de Final Chapter Meeting mon cœur vacille, me voilà béat de bonheur. Puis je suis surpris par l’underground délirant et décadent de Rules Of Disengagement qui s’oppose dans l’utilisation des synthés à l’auto-tune clubisant de Yours Truly, 2095. Bof. Sans être un adepte du genre, le morceau trouve quand même une certaine crédibilité, fondu dans un ensemble de compositions qui explore élégamment tous les bienfaits de la musique électronique telle qu’on l’imaginait lorsqu’elle n’existait pas. Preuveque les synthés ça sert aussi à faire de la musique, foi de hippie!

But You’ve Always Been The Caretaker est un album sensible, généreux donnant un véritable sens au mot « musique », sans abréviation. Lorsque le dernier morceau How And Why Our Dads Lost The War s’achève le silence qui s’en suit est encore rempli de rêves transformant les dernières volutes de fumées en souvenirs de voyage. Je ne m’en suis pas encore remis, c’était trop bon … « Gloire à Justin Russo ! »

The Silent League // But You’ve Always Been The Caretaker // Discograph
http://www.myspace.com/thesilentleague

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