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THE OUBLIETTES [INTERVIEW]
« Lullabies for evil babies »

Entre Ali Smith et Matt Verta-Ray, il y a eu Speedball Baby, Heavy Trash et une certaine maîtrise de l’ambiguïté. S’ils se citent parfois comme frère et sœur, ex-époux ou encore meilleurs amis, c’est peut-être juste pour faire planer le mystère. Mais quand les deux ressortent un vieil enregistrement du fond des tiroirs, on se surprend à espérer que ce ne soit pas le dernier. Retomber sur cet Oubliettes oublié, c’est un peu comme déterrer la boîte pleine de trésors que tu as enterré, gamin. On la dépoussière avec précaution, on tourne la manivelle et la jolie musique articulée emplit l’espace d’une émotion d’antan.

Entre Ali Smith et Matt Verta-Ray, il y a eu Speedball Baby, Heavy Trash et une certaine maîtrise de l'ambiguïté. S’ils se citent parfois comme frère et sœur, ex-époux ou encore meilleurs amis, c'est peut-être juste pour faire planer le mystère. Mais quand les deux ressortent un vieil enregistrement du fond des tiroirs, on se surprend à espérer que ce ne soit pas le dernier. Retomber sur cet Oubliettes oublié, c'est un peu comme déterrer la boîte pleine de trésors que tu as enterré, gamin. On la dépoussière avec précaution, on tourne la manivelle et la jolie musique articulée emplit l'espace d'une émotion d'antan.

Une dizaine d’années en arrière, « Lil’ One-Arm », premier et unique album de leur duo The Oubliettes, fuyait leurs corps et leurs esprits pour se matérialiser en une bulle d’air sixties qui n’était peut-être pas vouée à exploser. Il aura fallu qu’un ami entreprenne d’éditer cet album oublié (Vinyl 10 » en série limitée chez Bronzerat) pour que l’on découvre enfin ce secret, décrypté ici par les principaux intéressés.

Peux-tu nous présenter The Oubliettes ?

Matt Verta-Ray : Nous avons créé ce groupe dans une démarche purement artistique, comme tout ce que nous avons fait d’ailleurs. Ali et moi, nous nous sommes toujours bien entendus dans Speedball Baby et cela nous a plu (et nous plaît encore) d’avoir ce type de relation frère/sœur dans laquelle nous avions une passion commune pour réaliser des projets cinglés et bizarres, tels que filmer sur un parking, en 16 mm, des poupées vaudoues. Ou bien composer des chansons stupides et rébarbatives jouées sur le premier instrument à portée de main. On passait des heures entières à glander, à écouter des disques, à mater des films ou faire des canulars idiots pour se marrer.
Nous accordons tous deux beaucoup de valeur à la spontanéité du jeu intuitif plutôt qu’à la technicité, du coup à chaque fois que nous créions un groupe, nous nous mettions au défi de jouer de tous les instruments. Un peu comme un jeu d’enfant, sauf que nous évoluions dans le New York des années 90, où la naïveté survit difficilement. En fait, nous étions des sales gosses dépravés. Notre propre naïveté de paumés nous guidait dans nos délires d’exploration artistique sans but. Maintenant c’est de la décadence !

Ali Smith : The Oubliettes sont… Matt Verta-Ray et Ali Smith, plus des invités très spéciaux dans un studio plein de sons et de magiciens.

Qui a retrouvé cet album oublié ?

Matt Verta-Ray : Ce sont les gars de Masters at Paradise, Bronze Rat, Up for the Crack et Rhythm Island Records qui, ensemble, ont sorti ce disque au niveau international. Cela a été très gratifiant que ce disque sorte enfin même si, pour être sincère, Ali et moi ne l’avions jamais oublié…

Ali Smith : Cet album n’est jamais sorti. Il attendait, tapi tel un beau léopard des neiges, le bon moment pour bondir… ou quelque chose comme ça.

Quel est l’état d’esprit de The Oubliettes ? Quelle était votre intention ?

Matt Verta-Ray : Il nous a toujours semblé qu’il y avait quelque chose de faux dans le monde des musiques populaires, ou du moins dans ce que la radio nous donne à entendre. Le punk et la new-wave ont été un court moment de soulagement, jusqu’à ce qu’eux aussi soient avalés entièrement par la même machine. D’une manière, la musique occupait – et occupe encore – la place dans laquelle se trouvait le cinéma avec l’arrivée du parlant. Les acteurs de cette époque, qui étaient habitués à surjouer les émotions avec leur visage et leur regard, ne savaient pas comment utiliser leur voix pour jouer plusieurs nuances, tout comme les musiciens serviles de l’industrie musicale qui se conçoivent en tant que professionnels coopératifs et qui reproduisent les égarements des mauvais acteurs avides de plaire à des spectateurs ennuyés. Dans la sphère musicale, il y a vraiment un sentiment désagréable d’insécurité parmi les producteurs – et plus généralement chez les musiciens nourris par ces nababs bouffis –, ce qui favorise une atmosphère dans laquelle personne ne veut prendre aucun risque. Les nouvelles chansons sont composées à partir de recettes anciennes, ce qui, à court terme semble bien mais qui à long terme se révèle être un désastre pour la santé culturelle. Ali, moi et tout notre entourage new-yorkais underground, avons donc senti depuis longtemps qu’il fallait faire les choses à notre manière, inventer une façon d’enregistrer sans chercher avec empressement à lever la main dans l’attente de l’approbation du professeur. Lorsque nous avons créé The Oubliettes, il n’y avait absolument rien dans la musique populaire avec quoi nous accorder. Nous vivions dans notre propre bulle et étions heureux ainsi. Notre but était de faire nos trucs à nous, mec !

Ali Smith : The Oubliettes sont en partie mélancoliques et sentimentaux et en partie « bleep et blop » avec plein de sons non identifiés. Le but était de faire un album qui nous correspondait à 100 %, ce que nous avons fait. Quelque chose en écho aux mois passés à frapper à l’appartement/studio de Matt n’importe quand pour expérimenter des trucs, et aussi notre propre relation.

« On veut que vous vous relaxiez tandis que nous vous emmenons dormir dans notre chambre à suicide. »

Dans cet album, il y a une ambiance particulière faite de mélancolie et d’intimité. Vous dévoilez-vous ?

Matt Verta-Ray : Nous parlons de choses qui ne sont pas très chouettes. Aucun de nous n’est aussi détaché des choses qu’il le souhaiterait, surtout en vieillissant et en étant confrontés aux événements de la vie : divorce, déception, trahison, ennui, addictions, doute… Au moins trois morceaux sur « Lil’ One-Arm » traitent du fait de quitter quelqu’un avec qui on vient juste de coucher mais dont on sait pertinemment que ça ne fonctionnera pas. S’éclipser après avoir fait l’amour, se glisser hors du lit de quelqu’un… tout ça ne sent pas la parfaite romance, mais c’est le genre de choses qui se passent en vrai. On n’a pas les avantages d’une histoire d’amour rassurante, mais je pense qu’il est plus satisfaisant d’opter pour la réponse la plus adaptée à la situation réelle, c’est ce que nous avons essayé de faire sur cet album. L’intimité et l’humeur du disque viennent de ce qu’on s’est débarrassé de toute l’émotion frelatée du « show-biz ». Ce qui nous restait s’avéra être quelque chose à l’état brut et minuscule, intime au sens propre.

Vous avez fait partie de plusieurs groupes de rock. Aviez-vous besoin de calme après cela ?

Matt Verta-Ray : J’ai essayé d’être un rocker endurci. Mais, dès que j’ai commencé à enregistrer, j’ai trouvé que ma voix n’exprimait pas ce que je ressentais. Je pense que c’est dû à mon timbre, cela ne sonne pas lâché, sauvage ou autre, même quand j’en ai l’impression. Du coup, je me suis souvent rapproché des chanteurs (Ron Ward, John Spencer, Mick Collins) dont les voix résonnaient avec tous les artefacts de la colère, de la passion, de l’intensité, de l’assurance. Ces types sont bons pour ça, alors je me suis caché derrière leur charisme. J’aime toujours me perdre dans une tempête musicale déchaînée, mais ce n’est généralement pas ma voix que j’entends quand je pense à tout ça. En revanche, avec The Oubliettes, j’ai vraiment senti qu’Ali et moi avions atteint là quelque chose de parfait par rapport à notre son, tout en restant intense. C’était une grande révélation. The Oubliettes n’a pas exactement un son calme, contrairement à ce qu’il peut sembler à la première écoute. Les paroles comportent beaucoup de colère et de tristesse et une bonne dose de détachement existentiel, ça ne manque pas de négativité. On veut que vous vous relaxiez tandis que nous vous emmenons dormir dans notre chambre à suicide.

Ali Smith : Tu n’arrives jamais à tout explorer de toi à travers un seul projet. Avec The Oubliettes c’était très ouvert. Pareil avec Speedball Baby, très expérimental et plus en marge. Nous aimons la marge, mais nous avons également de la douceur en nous. Il y a aussi de l’agressivité comme un bébé peut l’exprimer, c’est-à-dire irrationnellement et en faisant la moue.

The Oubliettes est-il un risque artistique ?

Matt Verta-Ray : Il n’y a pas tant que ça d’enjeu artistique car nous avons toujours fait ce que nous voulions dans ce domaine. Ce disque n’a pas eu de visibilité pendant dix ans ! La façon dont nous étions perçus nous importait peu. Déjà depuis Speedball Baby, l’idée était d’être vraiment indépendant des obsessions de la scène musicale commerciale de l’époque. Speedball était un anti-groupe qui n’entendait même pas sortir un disque et The Oubliettes a été le pas suivant pour personnaliser les choses. Nous avons même puisé au plus profond de nous. Et quand tu fais les choses pour te faire plaisir, cela ne t’atteint pas. C’est du risque zéro !

Ali Smith : Seulement dans le bon sens !

Il y a une ambiance sixties. Est-ce vraiment comme vous le vouliez ?

Matt Verta-Ray : Je sais que ce n’est pas le cas pour Ali, qui est bien plus jeune que moi, mais j’ai en fait vécu les années 60. Je me revois enfant, en train de regarder mon père qui rédigeait un chèque et le datait « 1968 ». Il avait barré l’année et écrit « 1969 » vu que nous devions être en janvier de la nouvelle année. Mes souvenirs remontent donc à cette période. Aussi, en grandissant au Canada, qui alors accusait un retard culturel de dix ans par rapport à l’esprit de l’époque – maintenant il a des années-lumière d’avance ! – il y avait un attrait inné pour les choses rétro. On avait toujours l’impression que quelque chose de bien venait de se produire et qu’on venait de le louper. Je pense que c’est à l’origine de ma passion pour l’histoire et pour les phénomènes culturels, plutôt que pour l’actualité. J’ai toujours aimé le rock des années 50 et 60 ; se retrouver dans un studio d’enregistrement, c’est un peu côtoyer les artistes qui durant l’histoire phonographique ont apporté leur pierre à l’édifice. Selon moi, cela correspond à une sorte d’envie de découvrir quelque chose de perdu chaque fois que l’on écrit et enregistre une chanson qui doit, à un certain point, influencer le son. Mais nous ne cherchons pas consciemment une esthétique « sixties » en soi.

Ali Smith : Nous aimons tous deux le style sixties, musique, atmosphère, films, instruments… mais aussi les années 20, 50 et 70… Nous avons fait ce que nous voulions. Nous n’avions que nous à satisfaire, et nous le sommes.

« Se livrer à de grandes bacchanales avec l’argent de papa ne fait pas de toi un Keith Richards. »

Vous avez mentionné beaucoup d’influences. Vouliez-vous réaliser un album hommage ?

Matt Verta-Ray : Mes disques préférés, ceux qui ont imprégné mon cortex, sont « Snoopy Vs. The Red Baron » par The Royal Guardsmen, puis un album de musique de corrida qu’avaient mes parents. Je ne pense pas avoir ressenti la musique aussi intensément que quand j’écoutais à plein tube ces morceaux merveilleux et étranges en trépignant dans ma chambre. Je me suis péniblement tenu au courant des trucs sympas dans la musique qui se faisait au présent. Mais je n’ai jamais été le genre de mec à s’intéresser aux groupes et aux labels, sauf dans la mesure où cela était crucial pour toute survie en société. Ceci dit, il y a eu des moments d’extase en découvrant certaines musiques, plus tard. Les quelques-unes à me venir à l’esprit sont: le « Fire of love » du Gun Club, Buddy Holly, « Lonely Woman » par Ornette Coleman, Suicide, Dale Hawkins, The Blues Explosion’s Afro, Polka Dots and Moonbeams par Lester Young, le premier album du Velvet Underground, le « Aftermath des Rolling Stones, Doug Sahm, The Cramps en général, les Gnossiennes d’Erik Satie, Max Roach… Je pense que tous les artistes rendent constamment des hommages dans leur travail. Picasso le savait, et empruntait sans vergogne. Faire une reprise, c’est juste plus paresseux que de digérer l’influence d’une chanson et d’écrire la sienne, mais c’est une étape du même processus. Elvis et Frank Sinatra sont les exemples de grands artistes qui n’ont jamais écrit une seule note de musique et qui, pourtant, ont une originalité qu’on ne peut nier. Nous essayons de ne pas trop nous la raconter sur notre aspect « unique ». Quelquefois, on a plus de succès en cachant ses influences et certains trouvent ça « original ».

Comment avez-vous choisi les reprises ? En fonction de ce qu’elles racontent ?

Matt Verta-Ray : Les reprises semblaient évoquer quelque chose correspondant à ce qu’on voulait dire. J’ai toujours senti – ironiquement – qu’on pouvait dire un tas de trucs sur un musicien en fonction de ses choix de reprises. Il y a une grande tradition de reprises (l’album de reprises par Bob Dylan intitulé « Self Portrait », NdlR). Une grande partie du be bop, sans doute la plus créative et sophistiquée du répertoire musical américain, est basée sur la progression d’accords (« Anatole ») d’une seule chanson, I Got Rhythm de George et Ira Gershwin, par exemple.
Donc pour nous, l’idée était de trouver notre esthétique dans l’intimité de notre studio en cheminant par différentes versions des morceaux, jusqu’à ce qu’une s’impose. Les chansons demandaient à être chantées. Et nous l’avons fait pour celles que nous aimions.

Ali Smith : Matt et moi avons passé des années ensemble à écouter de la musique, regarder des films, lire des BD et des bouquins… C’est venu comme ça, et nous avons pris ce qui nous plaisait sans autres critères.

Est-ce que l’expression « lullabies for evil babies » (berceuses pour bébés diaboliques) vous définit bien ?

Matt Verta-Ray : Je pense qu’on nous a décrit ainsi car dans la culture populaire il n’y a pas d’équivalent pour signifier une chose inoffensive au premier abord, mais dotée d’un dard caché. Ça m’a toujours épaté que des groupes tapageurs comme The Misfits ou Guns N’ Roses soient pris pour des types endurcis alors qu’il s’agit d’une bande d’imbéciles bichonnés et d’élitistes de pacotille et sans esprit. Se livrer à de grandes bacchanales avec l’argent de papa ne fait pas de toi un Keith Richards, même si la thune vient d’une maison de disques ou d’un contrat. Nous nous sommes toujours sentis proches du Velvet Underground ou de Mazzy Star, des groupes dont le propos est de hisser l’art au plus haut, là où tu peux vivre une expérience personnelle avec une nouvelle manière d’appréhender le monde. Quand Lou Reed chante Pale Blue Eyes, tu ressens vraiment sa douleur, il ne s’agit pas du gribouillage cynique écrit par un parolier de Los Angeles. Et pourtant il n’y a pas plus dur, plus malsain et plus désagréable que Lou Reed !

Ali Smith : Oui.

Allez-vous partir en tournée avec cet album ?

Matt Verta-Ray : Oui, bien que le show sur scène soit très intense et élaboré. Il faut amplifier les murmures de notre chant. De plus, nous nous engageons, pour les représentations de The Oubliettes, à constamment changer de public, peut-être même au niveau des chromosomes. C’est pourquoi nos prix sont élevés et pas accessibles à tous. En général, on demande 30 000 euros par concert, mais nous avons la réputation d’accepter à 25 000 si c’est pour une cause à laquelle nous croyons, comme la dyslexie.

Quels sont vos projets ?

Matt Verta-Ray : En ce moment nous faisons une vidéo pour le morceau Wind Up Doll. Je fais des portraits en terre d’Ali et moi, avec des bouches animées. Le mien a l’air absurde. Celui d’Ali n’est pas encore fini, et le problème c’est d’arriver à cuire la terre sans que les yeux fondent. Nous avons des séquences d’une marionnette chinoise cinglée (ou poupée vaudou) venant d’un vieux théâtre de marionnettes que j’avais fait. Ali l’anime. « Cinq cents millions de Chinois… » (en français dans le texte, NdlR). En musique, j’enregistre un album avec le grand Lala Brooks (lead singer de The Crystals) avec Mick Collins à la production. Mick et moi avons un groupe appelé Disturbios avec moi-même, Mick, Ron Ward et John Spencer au chant. Et Heavy Trash a quasiment terminé son dernier disque, qui sortira en 2013.

Ali Smith : Quant à moi, je vais sortir un livre de photos intitulé Momma Love : How the Mother Half Lives.

http://www.mattvertaray.com/
http://soundcloud.com/theoubliettes

Interview : Jordane Soubeyrand / Rock à la Casbah
Traduction : Emmanuel Corrado

When I Want You (Micky Hampshire) by The Oubliettes

4 Comments

  1. Sylvia Hanschneckenbuhl

    3 décembre 2012 at 12 h 56 min

    Super interview, vraiment ! Il y a longtemps que je n’avais pas lu des propos aussi justes et intelligents de la part d’un musicien. Ça donne envie de découvrir cet album.

  2. Serlach

    3 décembre 2012 at 14 h 47 min

    Bien d’accord avec toi sylvia, ça fait du bien de lire de gens qui ont un propos articulé

  3. Johnny Jet

    4 décembre 2012 at 12 h 15 min


    Bah : c’est Matt Verta-RAy, le meilleur guitariste / Rockeur en activité !!! Voilà tout

  4. Pingback: GUN CLUB REVISITED ::: « 24 salvo of gunshot » ou la théorie de la panenka artistique | Gonzai

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