Connect
To Top

Si tu en as marre de la coldwave française, parle à La Main

98% des groupes de coldwave français sont chiants comme la pluie à Dunkerque, n’ont pas d’humour et dissimulent leur envie de notoriété internationale derrière des mines de lapins sortis d’une fosse sceptique où l’on aurait enterré tous les disques d’Indochine. Rien de tout ça avec le duo de La Main dont l’objectif ultime semble être de rester inconnu aussi longtemps que possible en reprenant du Michel Sardou. Pas sûr que ça continue avec cette première interview.

Parmi les genres musicaux tellement codifiés que l’écoute d’une seule note permet en général d’imaginer la gueule des fans, il y a la coldwave française. Un genre plus vraiment pareil depuis le Isabelle a les yeux bleus des Inconnus, et qu’on considère souvent – mais parfois à tort – comme un vulgaire exercice de français niveau CM2 avant l’entrée au collège Ian Curtis du coin. Bon, La Main officie sur ce sentier très escarpé avec beaucoup d’appelés et peu d’élus ; d’autant plus qu’on ne compte plus le nombre de quadras anti-système pour qui la coldwave est devenue une occasion comme une autre d’échanger le temps libre du week-end contre d’atroces concerts devant quinze personnes dans un rade pourri avec des faf défoncés à la bière tiède au premier rang.

Si « L’heure de salir », leur deuxième album récemment paru chez Unknown Pleasures Records, n’est pas exempt de toute critique, il y a au moins un tube (Le sol gelé), un super remix (par Maman Küsters) et l’amour du travail tellement bien fait qu’une fois fini, il n’y a plus personne pour en parler. La preuve avec l’interview qui suit – la première du groupe – et que le duo débute, en grand professionnel, en m’expliquant qu’ils viennent de torcher une reprise de Sardou et qu’ils évoluent en quatrième division de l’auto-promo. Ça tombe bien, je n’ai préparé aucune question. Et c’est ainsi que débute notre poignée de main.

Photo du groupe mal cadrée et prise de loin, façon rien à foutre.

Photo du groupe mal cadrée et prise de loin, façon rien à foutre.

Alors comme ça, il paraît que vous êtes nuls en interview.

Ouais.

Vous en avez fait combien, à ce jour ?

Une.

Depuis le nouvel album, tu veux dire ?

Non, depuis le début. Mais c’est une volonté, on tient à ce qu’il y ait le moins d’informations disponibles sur nous. Faut voir déjà que taper « La main » sur Google, pour nous, c’est la merde niveau résultats, aha.

« La Main, c’est un peu con comme nom, tu trouves pas ? »

Donc il y a depuis le début l’envie de ne pas être connu, c’est exact ?

C’est ça. Google était déjà pris, donc on a choisi… La Main. Initialement, le projet s’est monté sur les restes d’un autre projet plus new wave, au nom beaucoup plus compliqué [35 écoutes de la bande ne m’ont pas permis de le déchiffrer, ndlr], avec des morceaux en français dont les autres membres ne voulaient pas. Ça parlait essentiellement de femmes qui tuaient des mecs et de mecs qui tuaient leurs nanas. Bref, ce disque je l’ai donc publié de mon côté, puis il a été repéré par le label Stellar Kinematics, qui m’a finalement demandé d’écrire des morceaux en… anglais.

Désolé d’insister, mais à l’heure de l’omniprésence sur les réseaux, une seule interview pour un groupe, ça reste surprenant.

On a surtout beaucoup de chroniques à l’étranger et étrangement moins en France. On a des fans au Pérou, en Allemagne, en Russie… Et eux préfèrent écouter les morceaux en français. Bon, c’est un peu n’importe quoi ahah.

Quand le projet a-t-il démarré ?

En 2012. Au début on n’était rien de plus qu’un duo électro, mais tout a démarré fin 2015 quand Stellar Kinematics a sorti le premier album. Et le nouveau, « L’heure de salir », sort chez Unknown Pleasures. Pas de vinyle cette fois, ça sort en CD.

Ce n’est pas une insulte à vos mamans de dire que vous n’avez plus 20 ans. Vous avez fait quoi avant La Main ?

On est vieux, oui. Ça fait 20 ans qu’on joue, d’une manière ou d’une autre ; que ce soit dans Kunamaka (encore un nom compliqué), un projet de metal complètement fou qui a duré 13 ans, avec plus de 300 dates, très inspiré Faith No More. Rien à voir avec La Main donc. Après il y a eu le projet Octobre Novembre, puis Vin Rouge, un projet à la Didier Super avec des trucs cons chantés en français. Puis quoi d’autre… Le projet We Are 21, qui a duré 4 ans et…

… Et c’est bon là, vous êtes fixés ou ça peut encore changer ?

Ouais, là c’est du sérieux. Enfin, toutes proportions gardées. La Main, c’est complètement personnel comme choix d’identité, et ça me permet de chanter en français plus facilement, parce que la synthwave laisse pas mal d’espace pour ça. Mais c’est un peu con comme nom, tu trouves pas ?

Je trouve pas. Ça sonne un peu comme La femme. Ou Cheveu.

Ah ouais, c’est vrai.

Y-a-t-il des groupes dont vous êtes proches en France ?

Non. On a déjà joué avec Violence Conjugale, c’était cool. Si tu me demandes de qui on est fan, on va citer Depeche Mode, surtout leur premier album « Speak & Spell », très épuré, très mélodique. On cherche à faire la même chose.

Question typiquement parisienne mais tant pis : c’est comment de faire de la musique à Clermont-Ferrand ?

Dur de se rendre compte, on n’en a jamais fait autre part. J’ai l’impression qu’on est tous seuls [exception faite du soutien de La Cooperative de Mai, nldr] parce qu’on est sur une voie parallèle. Les fans existent pour la musique qu’on joue, mais pas à côté de chez nous.

Il est temps de parler de la bombe atomique promotionnelle qui va booster votre carrière : cette étonnante reprise du Être une femme de Michel Sardou.

Notre label, Unknown Pleasure Records, a eu l’idée d’une compilation chanson française où plein de groupes coldwave étaient censés reprendre d’anciens groupes. On nous avait refilé un truc de Little Nemo, mais ça m’allait pas ; reprise coldwave d’un groupe coldwave ça faisait ton sur ton. Alors je repends son mail et je vois inscrit « compilation de grands chanteurs français » ; j’ai tout de suite pensé à Sardou. Le morceau est génial et la reprise super glauque !

C’est quoi ton top 3 de Michel Sardou ?

En premier, forcément : Être une femme. En deuxième, on dirait Afrique à Dieu, une tuerie. Et pour être consensuel, en trois je dirais Les lacs du Connemara. Il n’est d’ailleurs par exclu qu’on se lance dans la reprise de morceaux variétoches…

Et donc, désolé d’y revenir : une seule interview en quatre ans d’existence ?

Ouais, l’interview était atroce. La personne avait retranscrit textuellement tout ce que j’avais dit, jusqu’aux « euh », « ouais je veux dire »… Bon, ça a été publié sur un site du coin, c’est pas grave. T’as qu’à taper « La Main » sur Internet, démerde-toi avec ça, ahah !

Question off the record : est-ce que je peux parler de votre première interview foirée ?

Non, par contre tu peux y aller à fond sur Michel Sardou. Et puis on a une chanson engagée contre les vegans. Ça s’appelle La Carne et le refrain dit, en gros, que tout ce qui compte, c’est la viande.

La Main // L’heure de salir // Unknown Pleasures Records
lamain.bandcamp.com
facebook.com/ecoutelamain

20 Comments

  1. mont st eudile

    14 février 2017 at 10 h 48 min

    avec d titres comme ça, ils peuvent participer a L’EMEUTE BLANCHE, ou prendre leur T.E.R.

  2. coucou

    14 février 2017 at 11 h 15 min

    Quelle sombre bouse, comme le reste de ce que sort ce label de merde tenu par un gros con narcissique

    • Havoc

      14 février 2017 at 14 h 21 min

      aahahhaah je sens que tous les haters et losers de l’hexagone vont se donner rendez vous sur cette page de commentaires pour balancer leur frustration et dégout sur ce qui est devenu en 3 ans le meilleur label indépendant de France, il suffit de parcourir notre Catalogue Unknown Pleasures Records ci dessous pour s’en rendre compte par soi même:

      https://hivmusic1.bandcamp.com/music

      ou de lire les critiques dythirambique qu’a fait la presse internationale de la cinquantaine de références que nous avons produites sous divers formats CD, vinyle ou digital (David Carretta, The Hacker & HIV+, Blind Delon, Norma Loy, Neon Electronics, Hausfrau, Maman Kusters, Zarkoff, Wendy Bevan, Alek Drive, European Ghost, Japan Suicide, Adan & Ilse …) pour comprendre que ceux qui nous attaquent sont juste motivés par la haine et la jalousie, comme dit l’adage on a les ennemis que l’on mérite, faute de talent il ne leur reste plus que l’anonymat et la défécation virtuelle comme seules armes :)

    • Julius

      14 février 2017 at 19 h 53 min

      Sur ce coup,c’est toi qui pose ta fiente haineuse de stupide faquin,que fais tu personnellement ?,nous attendons d’écouter ta musique? si tu en crée?, avant de vomir ton fiel de petit blaireau trendy inutile ,je découvre aujourd’hui « La Main » et trouve cela très bon, quoique tu en penses …

  3. do the mek

    14 février 2017 at 18 h 19 min

    « ruinaMAX » c toi l’entraineur, es-tu prêt a miser sur ‘autre choqe’ pour être aider kisskisstuele. sans mega tune, c craignos, ici.

    • Luna Ioannes

      14 février 2017 at 19 h 26 min

      WwOOoh.. étrange review, qui rend curieux… et ça j’aime…

      Nous/je sortons pas mal en concert/semaine et là, vraiment bravo!!! Dans le genre French-Synth-Wave La Main sort du lot!!!
      C’est très très bon!! Les textes 100% NÖVÖ-Wave sont terribles!!!
      Nous avons appris qu’ils passent à Toulouse en mars et nous y seront!!!
      Il y a 2 jours j’ai reçu mon cd+un badge gratos dans une enveloppe rose.. terrible le style!!
      Mon top 3: 1, 2, 11 …
      La 11… du coup j’ai découvert Maman Küsters . WoOooh oooh ohhh!!! Incroyable.. j’ai commandé le cd..
      Et très franchement, sur ce label UPR il y a beaucoup de prods excellentes . à Suivre…

      petit clip choppé sur YT:

    • Laurent Oïljune

      14 février 2017 at 19 h 27 min

      de la merde c’est très réducteur , oser dire cela franchement c’est ne pas avoir écouté l’ensemble du catalogue UPR ou bien c’est d’avoir soi-même de la merde dans les oreilles , le Boss est peut-être un gros con , j’en sais rien et je m’en fiche royalement , ce que je sais par contre c’est qu’il propose de la bonne zique accompagnée d’excellents artworks et packagings ,bref un amoureux de la musique qui n’a qu’une envie c’est de partager , et çà peu de labels le font ,, mis à part Debemur Morti , les Forges Alliées …………bon je vais m’écouter Merde in France la dernière bouse du label

      • sven mann

        14 février 2017 at 19 h 44 min

        UPR c’est avant tout l’aventure d’un passionné qui propose des trucs qui sortent de l’ordinaire , si vous traitez ça de bouse c’est que vous avez de la merde dans les oreilles , et n’oubliez pas que la critique est aisée mais l’art est difficile , bravo Pedro , continue !!!!

    • Sonia Virlat

      14 février 2017 at 19 h 38 min

      yep!!! de la pure bombe ce cd!!!
      moi aussi j’ai eu ma belle enveloppe rose + un badge gratos!!

      A chaque commande sur ce label, l’enveloppe est délirante et il y a toujours un petit cado!!
      Merci!!

  4. Franck B.

    14 février 2017 at 19 h 20 min

    Je le trouve pas mal du tout cet album, et effectivement le catalogue UPR s’enrichit chaque année de découvertes passionnantes et de signatures plus confirmées ( Japan Suicide, Maman Kusters, Black Egg, Norma Loy, Neon Electronics, Hausfrau et plein d’autres …..)
    Mais il faut un minimum de culture musicale pour apprécier à sa juste valeur la direction artistique de ce label……..

  5. undergroundjay

    14 février 2017 at 19 h 48 min

    Un label qui comptabilise autant de références en 4 ans avec des groupes pointus et de bonnes découvertes ça ne peut faire que des rageux … Longue vive à UPR ! Il y aura toujours plus de fans que de détracteurs jaloux et haineux !

  6. Virgil Trendkill

    14 février 2017 at 20 h 32 min

    Putain ce qu’il ne faut pas lire sans déconner ! Certains commentaires vomis par des fils de putes anonymes sont bien risibles ! Sucez vous un peu pour la saint valentin…

    Au moins un mec qui pose ses couilles sur la table, se bouge le cul avec un jeune label mais une grande expérience… Lui ne se cache pas et ne fais pas dans la diplomatie made in France, grande spécialité de cette pseudo presse et de ces pseudos journalistes de merde… Allez tous vous faire enculer !

    Respect, et Long Live UPR comme dirait l’autre !

  7. en cavale sans prompteur

    14 février 2017 at 21 h 45 min

    UPR versus l’ancienne UMP, ou la TNT,USB, PTT, ou tout les mioches a crans. STOP cette diffusion, de la grange a la MJC, c’est pas digne dun sonic protest.

  8. Sonia Virlat

    15 février 2017 at 8 h 20 min

    j ai découvert ce label grace aux playlists du dj Dave Clarke qui joue souvent des tracks electro d’Unknown Pleasures Records

  9. DSC (CARL)

    15 février 2017 at 11 h 30 min

    UPR est juste le meilleur label indé pour moi avec Born Bad records , et monsieur Pedro Peñas Robles est juste une putain de pointure niveau culture musicale , qu’on l’aime ou pas c’est une personne entière , franche et direct ……. bref on est effectivement loins des habituelles suceurs de boule de bobo parisien qui pense que la France c’est Paris et c’est tant mieux …………… Vive UPR

  10. Romain F.

    15 février 2017 at 13 h 44 min

    Chouette découverte! merci Unknown Pleasures Rec. Romain.

  11. rue de la bonneterie

    15 février 2017 at 16 h 27 min

    PEDRO !!!! BORN 2 B ALIVE en AVIGNON!!!!!!!!

  12. Violence Anale

    15 février 2017 at 19 h 51 min

    oh ce skeud d’La Main c’est le kiff total / kk chose des Bérus dans le phrasé , un chouia de Taxi Girl / DM 1981 dans les synthés, c’est bonnard! 1000 fois mieux que Essaie Pas, Violence Conjugale de La Chatte de La Femme ! Label classieux pour public exigent, fuck the haters.

  13. Claire C.

    15 février 2017 at 20 h 09 min

    entre exile on MAIN str. & Kavinsky , peu-être pas , là je me gourre!

Laisser un commentaire

A lire aussi

  • Vanishing Twin au pays des amphibiens

    À l’heure où plus personne n’a les yeux rivés sur l’Angleterre pour savoir quelle est la météo musicale de...

    Jeffers Waldo16 juillet 2017
  • La vie, c’est Phew quand on y pense

    On a trop tendance à coincer la splendide voix de Phew quelque part entre la pop japonaise gothique, le krautrock et...

    Grégoire Bressac5 juillet 2017
  • Pond, du kangourou au pachyderme

    Futur leader de stade derrière leur grand frère Tame Impala, Pond est sûrement un de ces groupes australiens dont...

    Jeffers Waldo3 juillet 2017