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SHAWN LEE
L’homme qui valait 50 milliards de disques que personne n’écoute

Des Lee, la pop culture en compte quelques-uns. Sans parler des jeans, quelques prénoms viennent immédiatement à l’esprit : Alvin, Ben, Spike, Peggy, Arthur, Henry, Stagger, Amos, Brandon, Bruce… Certains évoquent immédiatement quelque chose au grand public, alors que d’autres sont cantonnés à un semi-anonymat. Parfois inexplicable, pour le Lee qui nous occupera aujourd’hui. Franchement, t’en connais beaucoup des musiciens capables de sortir en 15 ans une trentaine d’albums dans des genres aussi différents que le funk, la soul, le jazz, l’electronica, le downtempo, la pop, le rock ou la musique psychédélique? Avant de pondre le meilleur album de hip-hop sorti en 2014.

Des Lee, la pop culture en compte quelques-uns. Sans parler des jeans, quelques prénoms viennent immédiatement à l'esprit : Alvin, Ben, Spike, Peggy, Arthur, Henry, Stagger, Amos, Brandon, Bruce... Certains évoquent immédiatement quelque chose au grand public, alors que d'autres sont cantonnés à un semi-anonymat. Parfois inexplicable, pour le Lee qui nous occupera aujourd'hui. Franchement, t'en connais beaucoup des musiciens capables de sortir en 15 ans une trentaine d'albums dans des genres aussi différents que le funk, la soul, le jazz, l'electronica, le downtempo, la pop, le rock ou la musique psychédélique? Avant de pondre le meilleur album de hip-hop sorti en 2014.

Alors pourquoi? Pourquoi Shawn Lee reste-t-il plus anonyme que des types comme disons, au hasard…Brendan Benson ou Jason Falkner? Inutile que les lecteurs lancent à ce stade des missiles sol-sol en direction du rédacteur de ce papier, j’ai bien conscience que cette question cruciale pour une nano population de fans hardcore éveille chez la majorité d’entre eux au mieux un froncement de sourcil poli, et au pire, un profond mépris suivi d’un clic rageur vers le dernier article du désormais fameux Thin White Plouc.

On ne va pas se mentir : je ne possède pas en magasin la réponse à cette épineuse question. Pour m’aider à y apporter un semblant de réponse, quelques amis mélomanes ont bien voulu me faire part de leur théorie plus ou moins opiacées sur le (non) sujet Shawn Lee. Voici au débotté, jetées en vrac à vos crocs acérés du lundi matin, les quelques explications possibles au parcours chaotique d’un « loser » que d’aucuns qualifieront dans quelques années de magnifique.

Hypothèse n°1 : un musicien qui porte le prénom d’un des plus grands dunkeurs (Shawn Kemp) de l’histoire de la désormais moribonde NBA et le nom d’une idole kung-fu peut difficilement être pris au sérieux par des hipsters trop attachés aux apparences. S’il semble en effet difficile d’imaginer un stand de merchandising avec des t-shirts American Apparel estampillés Shawn Lee, il devient franchement ridicule de penser qu’un public fourni lâche un bifton de 20 euros à ce stand pour repartir avec un sésame qu’il n’osera de toute façon jamais porter. Mais les hipsters ne sont pas « le monde ». Pas de bol, pour le grand public, Shawn restera à jamais le blaze d’un personnage torturé de Beverly hills ou de Melrose place, ce genre de trucs. Soyons sérieux, au cours d’une soirée, lesquels parmi vous se sont déjà essayé à balancer en pleine séance automasturbatoire de name-dropping un définitif « Au fait, quelqu’un a écouté le nouveau Shawn Lee? »…Bref, Shawn Lee souffrirait d’un manque de crédibilité patronymique.

Hypothèse n°2 : Lee dégaine plus vite que son ombre. Et on a un mal fou à le suivre puisqu’il va trop vite pour nous. Depuis l’an 2000, qu’as-tu fait, ami lecteur, à part t’enfiler des palettes de toasts au Tzatziki dans des soirées mortelles, regarder une vidéo labellisée Jacquie et Michel, envoyer des milliers de mails ou répondre à des centaines de coups de fil? L’auditeur des temps modernes a beau avoir des goûts qu’il aime à qualifier d’éclectique (Note pour plus tard : le prochain qui me dit ça lors d’une soirée ne finit pas sa phrase sans une sévère paire de mandales), il n’en reste pas moins humain et dispose de peu de temps pour écouter de la musique. Alors il sélectionne, il trie, il (essaye de) prend(re) son temps. Contrairement à Shawn, qui s’est fendu pendant la même période d’une trentaine d’albums dans des genres ultra-variés. Autant dire que pour le suivre, il faut être sacrément motivé, et capable de s’enfiler des disques dans des genres musicaux très différents. Et accepter le fait que certains de ses LP’s puisse fortement nous déplaire pour mieux y revenir à la sortie suivante. Bref, Shawn Lee produit des disques en moins de temps qu’il n’en faut pour les écouter. Et on arrive pas à suivre le rythme…

Shaw lee cover

Hypothèse n°3 : on s’en fout de ta question, tu sais. La seule question qui vaille, c’est : pourquoi ça va changer? Et là, la réponse est évidente. Parce que Shawn Lee sort un album de hip-hop. Un putain d’album de hip-hop. Parmi les 17 titres, on trouve le bien nommé Back to the future. Cet album, « Golden age against the machine », c’est exactement ça : un fabuleux voyage dans le temps et une quête brillante des racines du hip-hop. Ici ou là, on croise du Grand Master Flash, du Prince Paul, du De la Soul, des scratchs (Big bad wolf), des titres qui donnent envie de bouffer la vie (Stay on course), du Technotronic, de l’Afrika Bambaata fricotant avec Herbie Hancock (Back to the future), des sonorités plus reggae (Rock steady, le bien nommé). De toute façon, c’est plus fort que lui. Shawn ne peut s’en empêcher, et même quand il se lance dans un album de hip-hop, il faut qu’il touche toutes les palettes possibles : du jazz rappelant furieusement les meilleures productions d’Earthling dans les 90’s (We got the jazz), une plage qui rappelle le thème de l’Exorciste (Hip hop harpe), un Ashes to ashes qui va filer chaque soir des cauchemars à Eminem, et bien d’autres surprises pour qui prendra le temps de se pencher sur ce morceau de choix qu’est « Golden age against the machine ».

Adam Yauch a cané, les Beastie Boys ne sortiront sans doute plus rien. Les Roots sont en roue libre. Kendrick Lamar et quelques autres (Earl Sweatshirt, Joey Badass, Big K.R.I.T…) maintiennent la flamme d’un genre qui tourne parfois un peu en rond. Mais on s’en cogne un peu puisque Shawn est là et qu’il sort le meilleur album hip-hop (meilleur album tout court?) entendu depuis la dernière Saint-Sylvestre. Si tu ne devais en garder qu’un, ce serait peut-être ce Lee là. Celui qui va tout défoncer. Ou pas.

Shawn Lee // Golden age against the machine // BBE (La Baleine)
http://www.shawnlee.net

8 Comments

  1. Jeremy L. Ringo

    28 avril 2014 at 16 h 06 min

    merci.

  2. Alex

    28 avril 2014 at 18 h 38 min

    Clutchy Hopkins c’est lui

  3. Albert Potiron

    28 avril 2014 at 22 h 55 min

    Le john Doe de la musique? Je crois pas, il me semble que Lee et Hopkins ont sorti un disque ensemble (peut-être pour brouiller encore plus les pistes, qui sait…)

    • The Thin White Plouc

      1 mai 2014 at 9 h 14 min

      Le John Doe de la musique, c’est le chanteur de X, Monsieur Potiron.

  4. Pierre Raingeard via Facebook

    29 avril 2014 at 11 h 07 min

    joli!

  5. weezer

    1 mai 2014 at 17 h 57 min

    Peut-être que si on en entend pas bcp parler de ce type, c’est que c’est pas terrible terrible et déjà entendu…

  6. albert potiron

    1 mai 2014 at 21 h 18 min

    Ne juge pas le disque sur le seul titre qui illustre l’article : c’est le plus faible du disque, et c’est malheureusement le seul dispo sur tontube. Une musique déjà entendue? Peut-être, mais on veut du concret, des noms, des exemples. Vas-y, sors la Kalach’ et balance.

  7. PoloBX

    24 novembre 2014 at 15 h 34 min

    Découvert récemment, des pépites dans ses nombreux projets…Help : l’original du morceau « School house funk »?

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