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Chronique non autorisée du « Low In High School » de Morrissey

Ca sort le 17 novembre. Ca s'appelle « Low in High-School ». Ca, c'est le nouvel album de Morrissey, 11ème en solo et qualifié d'historique par le service promotion. Histoire d'en savoir plus, on l'a chopé sous le manteau et on vous en parle ici avant de finir en zonzon puisque personne ou presque ne l'a encore écouté. Historique, on vous dit.

Qualifié de « disque historique » par son nouveau label BMG, « Low In High-School » est-il à la hauteur de cette annonce un poil hystérique ? Inutile de faire durer le suspens plus longtemps, la réponse est non. Evidemment non. Il est désormais entendu que Morrissey ne sortira plus jamais d’albums du niveau de « Your Arsenal » ou, mieux, de celui de l’inégalable « Vauxhall and I ». Cette affirmation peut sembler gratuite, et pourtant…

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La première raison à une telle affirmation peut sembler irrationnelle, c’est l’attente démesurée des fans (les autres s’en foutant, comme d’hab’). Les années passent, mais la dévotion reste. Quiconque est ou a été fan transi des Smiths à un moment de son existence attend avec fébrilité toute nouvelle sortie de celui qui fut champion du monde incontesté du lancer de glaïeuls sur scène. Il n’y a qu’à constater l’embrasement des réseaux sociaux à l’annonce de ce nouvel album, sans parler des feux numériques allumés par des déclarations lamentables et un brin séniles du Moz qui génèrent systématiquement et dans l’ordre atterrement, agacement, critique puis pardon. Parce que le Moz, pour un fan absolu, c’est LE Moz. Une icône intouchable à qui on finit par tout passer ou presque. Y compris les trucs qui ne vont manifestement pas sur ce « Low in High-School », à commencer par une production en mode toc et carton de l’anti-Midas Joe Chicarelli (Frank Zappa, Beck, The Strokes, The White Stripes,…). Ce « disque historique » sonne terriblement cheap. Incompréhensible quand on apprend qu’il a été enregistré au studio de La Fabrique à Saint-Rémy de Provence, puis à Rome dans le Forum Studios d’Ennio Morricone.

La seconde raison, c’est le Mexique. A trop vouloir plaire aux mariachis, à trop s’approcher du flamenco, il frise parfois le ridicule (The girl from tel Aviv who wouldn’t kneel), voire le sublime (toujours ce The girl from tel Aviv who wouldn’t kneel dont je n’arrive finalement pas à savoir s’il faut le mettre sur le podium de ce nouvel LP ou l’enfermer à jamais dans un conteneur radioactif à larguer fissa dans l’espace). Trompettes mexicanisantes (une mauvaise habitude prise depuis qu’il cartonne là-bas) à gogo, ballades indolentes (l’agréable mais inoffensif single Spent the day in bed), on aurait presque envie de conseiller à l’idole de sortir son prochain LP sur Burrito records. Puis de revenir à ses (nos?) premiers amours : la pop anglaise. Car oui, il faut avouer que le fan de Momo (variante du Moz) est souvent rétrograde.

Troisième raison : l’énergie. Pour paraphraser un grand penseur belgo-franco-américain, pour réussir, il faut avoir l’envie. L’envie d’avoir envie. Et là, on sent bien que Morrissey n’y est plus vraiment, lui qui a réussi à torcher son passage télé en France dans l’émission C à vous comme d’autres vont à la boulangerie le dimanche matin : sans conviction.

Arrivé quelques minutes à peine avant de passer en plateau, filmé au smartphone par un Philippe Manoeuvre ravi comme un gamin de Manchester en 84, entouré de musiciens affublés d’un horrible tee-shirt « Don’t eat my peeps» vert pistache qui boudine son homme, il se barre aussi rapidement ensuite vers d’autres aventures. Autre indicateur, le nombre d’ interviews accordées aux médias lors de cette journée à Paris : zéro. Au moment où je vous parle, il n’aurait parlé à aucun média français (mais ça peut encore changer).

Une pochette aussi visionnaire qu’un photomontage de Stevie Wonder sur Paint.

Dernière raison : les pochettes. Un album, c’est un tout. Le ping-pong entre la musique et la pochette doit fonctionner à plein. Sans quoi il manque quelque chose. Et là, le Moz fait de plus en plus fort. Ses pochettes sont de plus en plus laides. C’est d’ailleurs fascinant, si on se souvient de l’exigence esthétique qui a longtemps était la sienne du temps des Smiths et de leurs pochettes glamour (Joe Dalessandro, Jean Marais, Alain Delon,…). A se demander si c’est lui qui les valide. Comme le dit si bien Korda Marshall, directeur exécutif de BMG, «  Il n’y a pas beaucoup d’artistes qui peuvent rivaliser aujourd’hui avec Morrissey. Il a un talent extraordinaire. Il est prodigieux, lettré, spirituel, élégant et par dessus le marché courageux ». Peut-être aurait-il pu ajouter « myope » ou « adepte du mauvais goût » si on en juge par la pochette de ce « Low in high school », digne d’un photomontage de Stevie Wonder sur Paint.

Et Korda Marshall d’ajouter : « La musique de ce nouvel album historique parlera d’elle même ». On a donc écouté avec attention ce que Morrissey avait à nous raconter. Avec un postulat de base très simple : oublier la production discount de Chicarelli et les arrangements Fisher-Price de certains morceaux pour se cantonner au songwriting de l’affaire. Car Morrissey reste un extraordinaire parolier. Parfois.

Autopsie d’un disque déjà mort

C’est bien connu, il faut laisser la chance aux chansons, alors allons-y pour un rapide track by track. C’est My Love I’d Do Anything for You qui ouvre le bal. Trompettes à gogo, guitares viriles et grasses, un refrain facile qui bande les muscles, c’est sans s’essuyer les pieds que le Moz nous invite à entrer. C’est donc avec tiédeur qu’on pousse la porte, espérant un intérieur d’un tout autre acabit. Pendant une dizaine de secondes, l’intro de I wish you lonely évoque ensuite celle du magique Paint a vulgar picture des Smiths période Strangeways. Puis laisse rapidement place à un morceau plus convenu mais très efficace où le british nous donne à tâter de sa (presque) toujours superbe voix. Les petits airs de Psychedelic furs (musclées, les fourrures) du morceau redonne un peu espoir au visiteur qui ne demande qu’à y croire. Next, please.

Avec Jackie’s Always happy, Morrissey plante enfin une première banderille dans le cuir tanné du fan. Arrangements aux petits oignons, ligne de basse discrète mais impeccable, refrain 100% Momo, paroles réussies, cette Jackie là, malgré une fin un poil poussive, s’avère bien meilleure que celle aux gros seins des horribles Kooks. Vous me direz que les deux morceaux n’ont rien à voir, et vous aurez raison. 4ème morceau : Home is a question Mark. Sublime. Dans ce tempo lent qui convient si bien à sa voix de crooner (même si on sent parfois quelques difficultés à rester au niveau de ses plus anciennes productions, âge oblige), notre champion britannique de la punchline qui énerve surfe pendant 4 minutes comme un Kelly Slater de la chialade. Un titre qu’on aurait pu trouver sur Southpaw grammar en 1995. Le grand morceau du disque serait-il déjà là ?

Arrive ensuite le single Spent the day in bed, une mélodie agréable, douce et vachement inoffensive qui fait tout de même passer quelques messages méga importants (les news c’est pas bien alors arrêtez de les regarder parce que ça vous isole et ça vous rend tout petit, ce genre de trucs) à des auditeurs un peu perdus qui en ont bien besoin. Et une maxime que je vais désormais faire mienne : No bus, no boss, no rain, no train. S’il cherche une reconversion, on lui conseille de se transformer en coach comportemental. On attend avec impatience son module sur la gestion des conflits (dans un groupe), notamment celui intitulé « Mieux communiquer pour convaincre ».

I bury the living est le sixième morceau de cet album qui en compte 12. Et c’est de loin le plus étrange. Une minute d’intro où vous n’entendrez que le bruit des cigales au casque, par exemple. Puis des motifs de guitare qui annoncent du très lourd. Avant de passer à tout autre chose. En 7 minutes et 25 secondes, le mancunien offre là son meilleur (hormis les cigales, bien sûr). Dont en fin de morceau deux minutes d’une balade digne des tout premiers morceaux des Libertines. Une sorte de rêve qui s’achève sur quelques notes rêveuses. Nouveau concept donc : deux morceaux en un. Très bon, mais toujours pas historique.

Un morceau pour les gens qui aiment écouter du piano dans les gares.

Un piano, une voix, quelques choeurs discrets, In your lap démarre vraiment bien. Mais peine à décoller, la faute à une production désespérément plate et à un piano qui tricote dans son coin en me laissant de marbre. Si quelqu’un a le 06 de Steve Lillywhite, peut-il lui demander de revenir pour sortir Richard Clayderman du pianiste et remettre ce truc d’aplomb svp ? C’est le morceau qui plaira aux gens qui aiment écouter du piano dans les gares. Mais voilà que débarque l’embarrassant et hispanisant (oui, je sais) The Girl from Tel Aviv who wouldn’t kneel. Embarrassant car j’avoue ne pas savoir quoi en penser. Magnifique, il n’en demeure pas moins designer pour plaire au Mexique, pays où Morrissey cartonne depuis des années. C’est pas du joli-joli, alors ? Ben si, justement. Un petit air de flamenco, un accordéon léger, une mélodie qui fait mouche, un refrain na-na-nana-na-na-nana un peu fainéant… Globalement, cela fonctionne.

All the Young People Must Fall in Love replace l’amour au centre de l’échiquier politique. Une bluette agréable mais loin d’être majeure. Les 10 première secondes du fabuleusement nommé When you open your legs laisse craindre le pire. On se croirait en pleine fête de Bayonne à 4 heures du matin. Fausse alerte, le morceau est impeccable si on parvient à oublier ce piano décidément irritant et quelques relents bayonnais ici ou là. Le refrain du morceau rattrape tout. Même les castagnettes planquées au fond à gauche de l’enceinte. Grand morceau imparfait. Et mon préféré après Home is a Question Mark. Morrissey reste décidément un parolier exceptionnel quand il s’en donne la peine.

Who Will Protect Us From The Police reprend malheureusement les choses là où My Love I’d Do Anything for You aurait du les laisser. Loin. Guitares brouillonnes, paroles sans intérêt, on se croirait chez Garbage au milieu des 90’s. Heureusement, le fantastique Israël vient terminer l’album de très belle manière. Ce vaporeux Israël plane haut, très haut. On peut aussi préférer Charlemagne Palestine mais là n’est pas le propos. Branché sur courant alternatif, le Moz possède encore quelques beaux morceaux à offrir. Espérons qu’il reviendra d’ici deux ou trois ans avec un nouveau producteur et un album réellement historique.

Morrissey // Low In High-School // BMG

Note à l’attention du label français : le service juridique de Gonzaï déclinera toute responsabilité pénale en cas de poursuite par le label français pour la publication anticipée de cette chronique fictive, et invoquera les dons de medium du chroniqueur (ou la démence) quant à l’écoute de ce « Low In High-School » qui n’a pas été envoyé à la rédaction. Bisou.

9 Comments

  1. 82000

    14 octobre 2017 at 14 h 58 min

    Remote, Complete Control.

  2. Victoria Perciante

    15 octobre 2017 at 2 h 56 min

    T’as pas la moindre idée de ce que tu écris!

    • le bidon vs la hum_hum

      15 octobre 2017 at 11 h 45 min

      & alors, il/elle a un truc que t’as pas, ou refoulée?…… MOI, je me BIDONE!

    • içi c'est içi

      15 octobre 2017 at 15 h 30 min

      BALANCE TON « FESSE BOOK »

  3. mars ou crève

    16 octobre 2017 at 15 h 41 min

    ‘tea & consent’

  4. accomsrp

    16 octobre 2017 at 16 h 40 min

    2 c à Chiccarelli svp

    • tag & hasch

      16 octobre 2017 at 17 h 44 min

      accunt is deleted/

  5. MOZworkof ART

    17 octobre 2017 at 16 h 16 min

  6. Sa Soeur ?

    17 octobre 2017 at 18 h 33 min

    Alisson suce d sucettes

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