Mais comment un groupe où la plupart des membres ont des têtes de tueurs en série oubliés des années 80 fait-il pour dynamiser la vieille folk irlandaise ? Explications.
Grosses lunettes teintées, moustaches discutables, dégaine louche : à première vue, Madra Salach évoque davantage le casting raté de Mindhunter version VHS qu’un groupe prêt à réécrire l’histoire. Pourtant, derrière ces tronches de psychopathes fonctionnels, six jeunes Dublinois s’attaquent à l’un des patrimoines musicaux les plus sacralisés d’Europe : la folk irlandaise.
L’Arsenal classique est là : flûte tin whistle, mandoline, harmonium, violon, guitare, ambiance qui sent le pub à plein nez. Mais la musique est ensuite tordue, ralentie et noyée sous des drones, des nappes synthétiques et des rythmiques lentes. Madra Salach (qui signifie « chien sale » en gaélique) ne modernise pas la tradition : il la met sous tension comme un câble électrique dénudé.
Apprentissage à l’ancienne
À la base, il y a Paul Banks, Adam Cullen et Dara Duffy. Leur envie : s’attaquer à la musique folk traditionnelle. Le lieu : tous les pubs qui acceptent de les faire jouer. Apprentissage des standards, concerts foireux, taux qui dépasse souvent le gramme d’alcool dans le sang… Le bilan des courses n’est pas glorieux mais pas totalement chaotique non plus. Au même moment, Paul, le chanteur, se produit aussi en solo, accompagné par deux autres lascars du coin : Jack Martin et Maxime Arnold. Bref, après un concert, l’idée de se regrouper en bande organisée est mise sur la table, quelque part entre les pintes et les paquets de clopes. Madra Salach est ainsi né un soir de 2023, à Dublin, avec un leitmotiv simple : jouer une musique ancienne sans la respecter religieusement.
À partir de 2024, les six Irlandais — qui vivent encore pour la plupart chez papa et maman, la faute à des loyers trop élevés dans la capitale — se mettent en mode tournée. Ils sillonnent leur pays mais aussi le Royaume-Uni et l’Europe puis entament la composition de leurs premiers morceaux, coincés entre le respect des traditions et cette envie d’expérimenter avec des synthés et des pédales de distorsion. Un mélange des genres que l’on retrouve dans les influences citées par le groupe, allant de Lankum et Lisa O’Neill pour l’héritage et de Portishead à Boards of Canada pour le minimalisme synthétique.
Début 2026, Madra Salach a sorti son premier EP intitulé « It’s a Hell of an Age ». Cinq morceaux dont une reprise d’un classique irlandais — Spancil Hill, écrite par Michael Consodine, un Irlandais qui a immigré aux États-Unis en 1870 — et une voix, celle de Paul, qui est au centre de toutes les attentions. Comme si le garçon d’à peine 20 piges était destiné à raconter des histoires en chansons. Comme si sa voix était une vieille Mustang cabossée encore capable d’enquiller les kilomètres sans tomber en panne.
Dans ses morceaux, le groupe aborde la précarité et l’espoir d’en sortir avec les jeux à gratter, la nostalgie rurale mixée à la brutalité urbaine ou encore l’immigration, mais avec une intensité nouvelle. Comme s’ils parvenaient à moderniser la folk irlandaises tout en conservant son essence et sa singularité. La force de Madra Salach est de réussir à installer une ambiance où chaque instrument entre lentement dans le champ jusqu’à établir une tension physique. Vous l’avez compris : on est loin de la folk festive. Madra Salach préfère creuser un sillon sombre, lent, presque claustrophobe.
Avec un premier EP brut, rustique et insolent, Madra Salach prouve que la folk irlandaise n’est pas un patrimoine figé mais une langue vivante, capable d’absorber son époque sans perdre son identité. L’avenir de cette musique ne se trouve ni dans la nostalgie ni dans le folklore. Elle se trouve dans la prise de risque.
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