15 février 2026
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Mondial du Tatouage 2026 : à la recherche du cool perdu

© Astrid Karoual

Intéressée depuis l’adolescence par le milieu du tatouage sans m’y connaître véritablement, je décide de revenir au Mondial à la Villette, dix ans après un premier reportage photo et une interview express avec son fondateur, Tin-Tin.  Histoire de faire l’état des lieux d’un secteur en constante évolution, j’obtiens une accréditation pour l’événement m’offrant la libre déambulation entre les stands. Je n’y serai allée qu’un seul jour et je vous explique pourquoi.

C’est plutôt enthousiaste que je retrouve la Grande Halle de la Villette en ce premier jour de Mondial du Tatouage dont c’est l’ultime édition. La scène internationale y est représentée parmi une foule de clients, d’amateurs chevronnés et de simples curieux. Après un cafouillage à l’entrée ne sachant vers qui me diriger avec mon QR code de journaliste, je déboule, candide, au cœur d’une faune éclectique. Artistes, Hell’s Angels, gothic lolitas et familles décontractées se côtoient sans difficulté mais une sensation de malaise me gagne rapidement.

© Astrid Karoual

C’est en essayant de converser avec les acteurs du milieu que je comprends peu à peu ce que ce monde autrefois alternatif est devenu : une industrie. Ce qui me faisait fantasmer plus jeune n’est plus. La fougue, le romantisme et le goût de la provocation ont disparu. Avec la démocratisation incontestable du tatouage ces vingt dernières années, cet art a perdu de vue son envie de faire société en marge des codes ultra normatifs. Le néolibéralisme a avalé ses idéaux contre-culturels. Le système capitaliste s’est accaparé ce qu’il y a de plus intime, à savoir ces millions de corps attachés à se réapproprier leur apparence et à y mettre du sens. Un peu comme le rock ou le cinéma de Jim Jarmusch et Gaspar Noé aujourd’hui produit par Saint Laurent et devenu bourgeois sans crier gare.

Attristée par ce constat, je tente d’amorcer le dialogue avec le public et des artistes francophones. Seule une jeune tatoueuse belge au contact plaisant m’offrira quelques minutes sans que les échanges n’aillent plus en profondeur. En effet, c’est naïvement que je souhaite aborder les réalités du terrain, la reconnaissance du métier (plus évidente apparemment en Belgique qu’en France), sa féminisation, les diverses situations problématiques et le mouvement #metoo du tatouage relativement écrasé dans l’œuf. Je ne recueille pas grand-chose à vrai dire, si ce n’est des regards méfiants de certain.e.s me voyant errer appareil photo à la main. Je renonce ainsi à ma mission initiale, m’attachant au moins à prendre des images, boire un coca et rentrer. Le temps n’est définitivement pas à la discussion, mais au business.

https://www.mondialdutatouage.com/

© Astrid Karoual
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