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5 février 2019

Ian Brown ou l’éternel retour du King Monkey

«  Allez, c’est reparti, avec tes problèmes de petit occidental, alors que ta vie est facile ». Pierre Rabhi ? Matthieu Ricard ? Emmanuel Macron ? Que nenni : c’est Ian Brown qui nous apostrophe ainsi en incipit de son dernier album, l’ondulant « Ripples ».

On ne l’a pas vu venir mais Ian Brown, le chaman sautillant des éternels Stone Roses, devenu à la chute de ceux-ci une icône dont les albums solos peinent à trouver un public de ce côté-ci de la Manche, est de retour. Le nostalgique de l’époque bénie de la Britpop que je suis jetait une oreille de plus en plus distraite aux livraisons plus ou moins régulières du Roi-Singe, avec tout de même l’impression que c’était un peu toujours le même morceau refourgué sous différentes versions (un peu comme faisait son presque-sosie Manu Chao à certaine une époque), et je finissais toujours par me dire « bordel, pourquoi qu’ils se sont séparés après seulement deux albums, ces cornichons ? ». La fidélité envers l’un des tout meilleurs groupes de pop groovy de tous les temps (écoutez I am the Resurrection et essayez de me faire croire que vous n’avez pas au moins tapé du pied…) est une chose , mais s’infliger des jams assez dispensables en est une autre.

Et puis l’an dernier fut marqué par un fantôme, un serpent de mer, une Arlésienne : un nouvel album des Roses des Sables était, visiblement en préparation. Des concerts rapidement sold out se montèrent, tout le monde y cru, on pensait Ian Brown et John Squire, le guitariste prodige, enfin rabibochés, et puis… sproutch, bruit de soufflé retombant. Pas de nouvel album. Les Stone Roses, c’était bel et bien fini-fini.

On était parti pour réécouter Made of Stone pour la 3 596ième fois lorsqu’est finalement sorti cet album désormais solo. On l’écoute, avec un peu d’espoir, et beaucoup par politesse. Et là… Ce n’est pas la grosse claque, non, plutôt une sympathique caresse, un voyage en terrain connu. La voix est toujours la même, les textes itou, mais c’est tout le reste qui sonne agréablement familier. Une sorte de Stone Roses light, soit, mais pas dégueulasse pour autant. Une pierre qui roule donc, et plutôt dans le bon sens.

Ian Brown // Ripples // Black Koi

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