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26 mars 2018

Grâce à Death and Vanilla, Polanski rebande en original

« La musique est un art mineur » disait Gainsbourg, mais pour Polanski, l’aphorisme possède un sens plus profond. On ne s’attardera pas ici sur la rubrique judiciaire associée de longue date au réalisateur, mais en 1976 sortait La Locataire, avec notamment Adjani et la déjà sulfureuse Eva Ionesco, mais aussi – et plus étonnant – une partie de la bande du Splendid (Michel Blanc, Balasko et Gérard Jugnot). La B.O. de ce film dramatique, faisant suite à Chinatown, était signée par l’immense Philippe Sarde. Et tout aurait pu s’arrêter là.

C’était sans compter sur Death And Vanilla, déjà auteur en 2013 d’un remake audio du Vampyr de Carl Dreyer, initialement sorti en 1932. Sans connaître les raisons de ce choix inattendu, Marleen Nilsson et Anders Hansson livre cette fois un disque de salle d’attente, pas au sens généralement entendu, qui illustre à sa manière ce qui pourrait être la bande-son d’un film où les patients poireauteraient chez le psy en attendant de tous s’étrangler. On pense de loin à la folie de la B.O. de More par Pink Floyd et l’ensemble, tout en vibraphone et longues plages instrumentales, transporte le film dans une autre sphère, à la fois plus hitchcockienne mais aussi plus moderne ; sans jamais tomber dans la faute de goût.

Un drôle d’objet sonore donc, mais qui s’écoute, contrairement à la majorité des B.O. du moment, condensé de titres inaudibles compilés à l’arrache faute de mieux, du début à la fin. Pour peu que vous bossiez comme gardien dans un hôtel vidé de ses occupants, c’est la bande-son parfaite pour défoncer des portes à coups de hâches. Et tout cela sans jamais que les pistes de Death and Vanilla soient encombrées par un seul mot ; c’est ce qu’on appelle le génie de l’understatement anglais.

Death and Vanilla // The Tenant // Fire Records
https://deathandvanillamusic.bandcamp.com/

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