Le 5 juillet 2017, le compositeur Pierre Henry décédait et délaissait les murs de sa célèbre maison, "son instrument de briques". Mais cette bâtisse, entièrement dédiée à la musique, semble désormais vouée à disparaître sous le joug des tractopelles ou d’une séance de home staging à la sauce Stéphane Plaza.    

Il avait beau être un compositeur de génie, se faire appeler « le père de la musique moderne » et être l’inventeur de l’électroacoustique, il n’empêche que Pierre Henry n’était que simple locataire de sa maison située en plein cœur du XII°. Depuis quarante-neuf ans qu’il errait entre ces murs, il y avait créé son studio et rassemblé tout son matériel d’enregistrement, ses partitions, ses bandes magnétiques… Chaque espace était littéralement dédié à la musique.

(C) Sarah Bastin

Les grands baffles qui trônent un peu partout de la cuisine au sous-sol en passant par la salle de bain, ont tous fortement contribués à ses créations, baignant son habitat d’une vaste aura sonore dont tous les visiteurs peuvent témoigner. Car Pierre Henry conviait régulièrement des spectateurs à s’installer dans toute la maison pour assister à ses concerts. Installé derrière la console de son studio, il faisait résonner chaque pièce de ses compositions.

« Nous avons un an pour libérer les lieux qui appartiennent à une société immobilière », explique Bernadette Mangin, l’assistante musicale de Pierre Henry.

Aujourd’hui, la petite bâtisse de Pierre Henry est cernée par les immeubles d’habitation. Malgré les trésors qu’elle renferme, la mort du compositeur l’a propulsée directement au cœur d’un projet immobilier d’envergure dans lequel seules deux alternatives semblent envisageables : la destruction ou la transformation. « Nous avons un an pour libérer les lieux qui appartiennent à une société immobilière », explique Bernadette Mangin, l’assistante musicale de Pierre Henry. La maison s’est donc vu donc attribuer un sursis d’une année, qui a rapidement été mis à contribution pour contacter la BNF. Pour l’instant le priorité est de conserver les bandes analogiques et les DAT (environ 15 000) conservés en grande majorité dans la maison de Pierre Henry.

(C) Sarah Bastin

 

En attendant de connaître le sort définitif, quelques espoirs subsistent. Le studio pourrait par exemple être reconstruit à l’identique au Musée de la Musique, voire même être sauvé par une pétition adressée à la ministre de la culture Françoise Nyssen, ainsi qu’à Anne Hidalgo, maire de Paris. Même si, il faut bien être honnête, pour l’instant on a plus de chance de voir Stéphane Plaza faire des tables basses avec les amplis pour vendre le tout à un couple de jeunes cadres dynamiques.

Pour l’instant la pétition regroupe 5491 signatures sur les 7500 espérées. Elle est disponible par ici.

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