Sorti ce 6 mars, l’album Blue Gum Way confirme que GUM n’est pas qu’un projet parallèle de plus. Jay Watson — figure centrale de la scène psychédélique de Perth, multi-instrumentiste chez Tame Impala et Pond — y déploie une psych-pop exigeante, où nappes analogiques et pulsations électroniques refusent la nostalgie facile.
Depuis plus d’une décennie, Jay Watson traverse la scène psychédélique australienne sans jamais s’y figer, oscillant entre projets collectifs et recherche plus personnelle sous le nom de GUM. Son projet solo révèle une ambition plus introspective : dessiner un terrain d’expérimentation plus personnel, s’éloignant des clichés des chromes vintage et du psychédélisme commercial convenu.
À contretemps de la scène australienne
Si son rôle au sein de Tame Impala et Pond l’a installé comme un artisan discret de la scène psychédélique australienne née au début des années 2010, Watson a peu à peu imposé sa signature musicale, développant une écriture plus nuancée et méditative que ses projets collectifs ne le laissaient présager.
De son premier album Delorean Highway (2014), où il esquissait les contours d’une pop psychédélique vintage imprégnée de guitares réverbées et de mélodies accrocheuses, à III Times (2024), en duo avec Ambrose Kenny‑Smith (claviériste et chanteur de Pond), une fusion de prog-rock sophistiqué à la King Crimson et de textures électroniques contemporaines. Chaque album trace une identité musicale propre et témoigne de sa capacité sans limite à façonner des structures musicales inédites.
Là où ses premières productions privilégiaient la densité et l’empilement de textures, Watson a progressivement épuré son langage sonore, affinant son sens de l’espace, du rythme et de la respiration.
Blue Gum Way semble s’inscrire dans cette continuité : un album subtil, où chaque note, chaque tessiture et chaque rythme sont travaillés pour dessiner un espace sonore complexe.

Une psych-pop sous insomnies électroniques
Avec Blue Gum Way, GUM poursuit sa recherche d’une psych-pop sensible signée chez p(doom), label de King Gizzard & the Lizard Wizard. Musicalement, son 7ᵉ album studio s’inscrit dans une veine de psychédélisme électronique où des synthétiseurs analogiques enveloppent des mélodies aux accents folk, légèrement sixties.
Les deux premiers extraits publiés donnaient une indication claire de la direction choisie. Expanding Blue emprunte à l’esprit du jazz une approche délicate des harmonies et des progressions, sorte de rêverie électronique lascive qui évoque l’univers de Moby. Le second morceau — Celluloid, que Watson décrit comme un voyage au cœur des insomnies et des tensions nocturnes — plonge l’auditeur dans une atmosphère sombre, presque gothique, où synthétiseurs et motifs obsessionnels créent un sentiment d’oppression maîtrisé.
Il est clair que ces deux titres ne cherchent pas l’effet immédiat. Ils suggèrent une approche plus construite, plus retenue, où la psych-pop devient terrain d’expérimentation plutôt qu’un simple recyclage d’une esthétique psychédélique désormais largement surexploitée.
Voici donc une nouvelle étape dans la trajectoire de Jay Watson, prolongeant son travail d’équilibre entre électronique moderne et pop psychédélique. Sa virtuosité s’y déploie avec retenue, façonnant un paysage envoûtant. Et si l’album confirme cette direction sur l’ensemble de ses neuf titres, il pourrait bien s’imposer comme l’une des propositions les plus originales de la psych-pop actuelle.
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