Comme tous les ans, la moitié de la France mélomane et « assoiffée » de découvertes prend un train direction Rennes pour une cure d’alcoolisme musical aux Transmusicales de Rennes. En marge de l’événement, les Bars en Trans proposent depuis deux décennies une contre-programmation intra-muros. Interview avec le patron qui porte bien son nom, Philippe Le Breton, pour mieux comprendre cette réunion annuelle entre mélomanes anonymes.

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Salut Philippe, raconte-nous un peu comment ont débuté les Bars en Trans.

Figure toi que les Bars en Trans, sous cette forme de « off » du festival, ont déjà plus de 30, voire 35 ans. Même avant ça, les Transmusicales l’organisaient, du temps où les concerts avaient encore tous lieu en centre ville, autour de la salle de la Cité. Ca s’appelait les Apéros Trans et ça jouait dans une vingtaine de bistros autour de la Cité. Et puis dans les années 90, vers 94 si mon souvenir est bon, sont apparus les Bars en Trans sous la forme qu’on connaît aujourd’hui. Depuis 1996, c’est l’association 3 P’tit Tour qui l’organise. Et donc pour te répondre, moi j’y suis depuis 98-99, et à la programmation depuis 2003.

On pourrait poser la même question à Jean-Louis Brossard [l’indéboulonnable manitou des Trans, Nda] mais comment arrives-tu tous les ans à programmer autant de groupes, sans jamais te répéter ?

Toute l’année, disons qu’un tiers de mon cerveau est en repérage, que ce soit à l’Espace B, au Glazart en plein mois d’aout, etc etc. C’est aussi une histoire de réseaux, car l’objectif des Bars en Trans, c’est d’être une focale sur toute l’actualité du live, quelles que soient les esthétiques défendues. Ma première préoccupation, en tant que programmateur, c’est de m’adapter aux lieux [de Rennes, Nda] où sont programmés nos concerts, ils ont tous une histoire, une identité musicale. A l’Artiste assoiffé, par exemple, il faut programmer du Garage. J’essaie toujours de me mettre dans la peau du spectateur. Et après, il y a mes propres goûts musicaux… je te laisse te démerder pour les trouver dans la prog, ahah ! C’est peut-être pas forcément votre came, mais il y a par exemple cette artiste que je suis depuis longtemps, Clara Luciani, j’aime aussi la variété, c’est dans ma culture.

https://youtu.be/8vlp7rWpH6A

Puisqu’on parle de culture, parlons de Jardin, le groupe. Peux-tu nous expliquer comment tu l’as découvert ?

Ca doit être en regardant des vidéos sur Youtube, et puis je suis très attentif au travail du label [Le Turc Mécanique, Nda] qui a sorti l’album.

Quid de Cannibale, qui sortira l’année prochaine son album chez Born Bad ?

Là c’est autant une vieille histoire d’amitié avec Born Bad que le hasard d’un soir où je croise JB [Wizzz] qui me file l’album en question, et comme ça m’a vraiment plu, il n’y avait pas trop de questions à se poser.

Combien de groupes sur l’édition 2016 des Bars en Trans ?

Euh, 106. L’année dernière on devait être à 94, donc 2016 devrait être le record absolu, on n’ira pas plus loin, ahah ! C’est beaucoup de travail pour les équipes techniques, et même si c’est pour moi presque plus de l’ordre du bénévolat, c’est toujours le résultat d’une année de travail, ça fait parti de mon sang, mon corps et je suis toujours sur le qui-vive.

Tu me disais que l’objectif des Bars En Trans était de prendre une photo instantanée du live, mais n’est-ce pas aussi la mission des Transmusicales ? Traduction : comment faites-vous pour ne pas vous marcher dessus ?

La différence c’est que nous ne programmons quasiment pas d’artistes internationaux ; c’est très francophone, voire francophile – comme l’année dernière avec le focus sur le Québec. Après il est vrai qu’il y a de plus en plus d’artistes français sur les Trans, c’est vrai…

Tu me vois venir mais on peut à force croire que vous êtes en concurrence avec les Trans’, pas forcément évident de s’y retrouver, non ?

Ouais… disons que c’est à la limite une saine concurrence. Cette année, il y a par exemple cinq artistes français programmés au Trans’ que j’aurais bien aimé avoir. Plus globalement, il y a un public qui a besoin des Trans, parce que c’est dans l’ADN de la ville, il y a ceux qui veulent prendre de la dope, d’autres de picoler, il y a de tout ; et nous sur les Bars En Trans on capte un public légèrement différent, un peu plus vieux. L’idée est toujours de faire découvrir des groupes à un public qui majoritairement n’en connaît un, c’est tout le charme de Rennes, à cette période. C’est un scenario original, et ça fait 40 ans que ça dure…. Bon et sinon elle est passée chez nous la fille dont tu parlais récemment.

Hein, quoi ?

Cléa Vincent, aha ! Et son concert était vachement bien.

Quittons-nous là dessus alors.

http://www.barsentrans.com/
Dernier soir ce samedi 3 décembre avec Woodini, Alan Corbel, Clara Luciani, Lafayette ou encore Le Comte

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