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28 mars 2020

Le nouveau Chromb! invente l’electric-médiéval

Avec leur « Livre des merveilles », les quatre zouaves de Chromb! ont (presque) rangé les watts pour se transformer en médiévistes chelou le temps d’un album. 

« À l’heure de l’effondrement civilisationnel, seuls les braves montrent la voie. » Ainsi s’ouvre le communiqué qui accompagne le nouveau Chromb! : plutôt que de vous enfiler de la chloroquine par tablettes, écoutez leur « Livre des merveilles » : ça fait tout drôle.

Tout drôle parce que les quatre zouaves lyonnais ont habitué leurs fans au débit mitraillette de leurs instruments, façon jazz cartoon, rigolade et chevauchées azimutées sur des partition en feu. Le successeur de « 1000 » (2016) est un IMMENSE pas de côté.

Si on a bien compris, Chromb! est tombé sous le charme du clerc chevalier Gervais de Tilbury, lui-même auteur d’un « Livre des merveilles » au… XIIIe siècle. Et pourquoi pas, après tout ? Résultat : plus de chœurs, plus de voix, plus d’ambiances confinées (pardon), moins de tachycardie dans les oreilles, moins de dingueries à la triple croche et moins de rigolade. Le fan de la première heure n’y retrouvera pas ses petits tout de suite, le néophyte ira s’acheter un chandelier et une toge.

Chevaux lâchés… avec parcimonie

Chromb! restant Chromb!, leur « Livre des merveilles » ne manque pas de syncope, enfile les ponts, envoie des gros sons de basse distordue par-ci par-là et lâche les chevaux… avec parcimonie. Jusqu’au déluge sonore des Chevaliers qui apparaissent, flippant et exaltant crescendo qui ressemble à une attaque de château fort au TNT.

Si tu veux jouer au chevalier, recroquevillé derrière ton pont levis, ambiancer ta partie de Donjons, dragons et pédale de distorsion, épater ton/ta moitié avec des chorés pétées mais spontanées, grimper aux rideaux à contre-temps, ce disque est pour toi. Sinon, tu peux toujours jeter un dé et te rendre en page 324 (©Lelo Jimmy Batista).

Chromb! // Le Livre des merveilles // Dur et doux
https://chromb.bandcamp.com/

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