Après s’être essayé sans succès (sans succès : ne pas être reconnu dans la rue, idéalement sur les Champs Elysées, ou le cas échéant, dans l’artère d’une métropole européenne) aux farfisas vaudous sans slip sur leur premier album sobrement intitulé Sound of ZZZ, le duo hollandais revient avec des glaçons fourrés au fond du string.

En terme d’imagerie visuelle, s’il fallait donner aux porcs de quoi manger, on pourrait résumer Running with the beast à la fuite desespérée d’un poulet poursuivi par un batteur en surcharge pondéral et un maigrelet à casquettes dévissée. C’est un peu l’histoire de ce deuxième album, qui cherche, qui court, cherche à foutre le bordel sans trop savoir pourquoi ni comment les synthés de K2000 surnagent sur le rythme disco de Spoil the party, troisième piste, première surprise d’une rencontre Suicide VS Modern Lovers. Des images, l’album en contient, des chansons aussi. Aussi déséquilibrées que le duo violeur de poules. Sur le titre éponyme, il y a John Carpenter qui fait cuire des chipolatas sur ton vagin. Ou peut être serait-ce l’invasion du Pérou par une armée de vendeurs de synthés Casio. On ne sait plus trop, finalement, face au son spectral qui sort des enceintes. Un message ? Danse. Une vision ? Meurs. Sur Angel, ZZZ touche au but, 1.0 contre l’auditeur, balle au centre, retour au pays natal, fonte des banquises, mort des ours fluos, cri primal, voix réverbérée et nappes fluides.

Running with the beast parviendra-t-il à stopper la fonte du monde grâce à son groove venu des terres blanches, ZZZ se fera-t-il enfin alpaguer dans les rues d’une grande artère européenne, peut-on vraiment mettre plus de deux glaçons dans un string sans risquer les fuites ? Autant de questions auxquelles l’album ne répond pas; l’auditeur, quant à lui, s’est déjà liquéfié.

ZZZ // Running with the beast // ANTI/Excelsior
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