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THE WHITE SCREEN
Surfing On A Rocket

Venu d'Israel, The White Screen, sort le disque que les Fat White Family n'ont pas réussi à faire : crasse, désespoir et orgue Fafisa, le tout produit par les DJ et producteurs cosmique, Red Axes. Trop beau pour être vrai ou simple complot Illuminati ?

Vous vous souvenez de la pochette du disque « Dangerous » de Michael Jackson ? Et si c’était tout ce que l’on avait besoin de savoir sur le monde ?

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Etait-ce un signe des temps ? Jackson était-il réellement un prophète qui a un message à nous délivrer ? Sérieusement, regardez bien cette pochette: au premier plan, le visage grave de P.T Barnum, prêtre et fondateur de l’entertainment pop américain dans ce qu’il y a de plus grandiloquent et malsain. Et quand on observe de plus près, sur sa veste il porte un ornement « 1998 ». Il faut savoir que dès la fin des années quatre-vingt, Michael Jackson signait ses autographes d’un énigmatique « 1998 + une flèche vers le haut et le signe de l’Obelus ». Simple hasard ? En haut de la pochette, il y a aussi ces clowns maléfiques qui chevauchent des éléphants blancs: faut-il y déceler l’avènement d’une nouvelle forme d’intelligence ? En bas à droite, l’usine à squelette d’où sort un juvénile Macauley Culkin dans un train fantôme. Ou encore ce chien représenté comme l’œuvre Napoléon sur le trône impérial d’Ingres en 1806 et qui tient au bout de son sceptre, tel Jupiter, le gant à paillettes du King of pop. Il porte aussi les mêmes sandales que Jésus de Nazareth. Et puis il y a Adam et Eve dans une sphère tenu par des entrailles mécaniques qui sortent du corps d’un oiseau couronné. Le fait que l’on distingue aussi l’impression du globe terrestre sur la paume de la main au premier plan. Et cette main ? Seul le doigt du milieu ne porte pas de sparadrap: simple oubli ? Le chiffre 7 sur la tête du malveillant petit être, signe de notre être entier et profond. « Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia / parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée ».

Ce vertige qui nous prend, devant cette peinture baroque signé Mark Ryden pour Michael Jackson, est un signe des temps, un avertissement. Cette pochette de disque, étalée à la face du monde en 1991, n’était-elle pas un nouveau livre apocryphe biblique ? Maintenant que le King of Pop est mort, dévoré par la bête sauvage venue de Babylone, qui a pris le relais pour nous éclairer et nous donner le SIGNAL de l’avènement ?

Twist à Tel Aviv

Je ne sais pas si tous ces trucs sont des conneries, mais une chose est sûre : quand j’ai entendu ce disque de The White Screen, c’est comme si tous les dieux du vieux rock’n’roll s’exprimaient. Aussi, il ne faut pas oublier que ces mecs sont issus des sept tribus d’Israël et nés sur les cendres du temple du roi Salomon.

Les White Screen sont un groupe qui vient de l’underground de Tel Aviv. Peu d’informations sur eux, et ce n’est pas le maigre dossier de presse en hébreu qui vas nous aider. Comme les Jesus and Mary Chain et Oasis avant eux, il s’agit de deux frangins, et pour l’instant ils ne se tapent pas encore sur la gueule. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’ils se baladent souvent à moitié à poil, ont les ongles vernis en noir et se présentent à l’origine comme un groupe de psychobilly-weird influencé par les Cramps.

Leur disque est un véritable ovni, sorti sous les radars et dans l’indifférence totale. Et c’est malheureux, car sur le papier c’est ultra alléchant : imaginez un groupe d’horror-garage-rock’n’roll produit par des DJ producteurs de dance cosmique drogué. Mais ils ne nous refont pas le coup de l’album « Screamadelica » des Primal Scream : non, ici on est en plein territoire cult-greaser 50’s avec des crans d’arrêt. Au niveau son, on est plus proche des expériences de production lo-fi Jamaïcaine, un peu à la manière de l’album du toaster Dr Alimantado – « Best Dressed Chicken In Town » en 1978.

La différence de taille tient donc dans le travail d’horloger suisse du duo Red Axes. Pour les fans de nouvelle pop française sophistiqué et chiante qui nous lisent, les Red Axes sont deux dj babas cool israéliens qui enchaînent les maxis depuis quatre ou cinq ans. C’est d’ailleurs sur leur propre label qu’ils sortent cet album. Leur background est disco et post punk et cela se ressent à nouveau ici. Leur travail s’apparente à celui d’un laboratoire : des couches d’effets delay vintage, des sons de basses moelleuses réglés au millimètre, un écrin de stupre afin de jeter un voile pourpre sur nos pêchés. Tout est léger, on dose les effets avec brio et surtout les compositions sont assez soutenues pour tenir sur le long format. Chose rare, quand on est habitués aux productions garage français façon Bandcamp en veste en jean. Un son rock’n’roll borderline crasseux qui entraine tout droit dans le Bayou de la Nouvelle Orleans du Dr John : mescaline et DMT à tous les étages.

Le fantôme twist de Vince Taylor

Ca pue le sexe moite et la dangerosité est latente, tapie dans l’ombre ou sous un veston de cuir porté à même la peau, froide et reptilienne. Dès le premier titre, Hamem Oti, il y a du Suicide, une voix strangulée à la Lux Interior, une tiédeur rehaussée par l’orgue Farfisa 60’s ainsi qu’une metronomie Kraut allumée. Ils ont la même production suffocante des Stones pour « Exil On Main Street » dont ils empruntent la mélodie de You Gotta Move sur leur morceau Tahil Lazuz.

Au fait : oui, les titres ont tous des noms bizarres car, détail qui a son importance, The White Screen chante en hébreu. Paraîtrait qu’ils sont politiquement engagés, ce qui plaira aux quelques Insoumis qui nous lisent.

Quoiqu’il en soit, The White Screen convoque le fantôme twist de Vince Taylor pour un slow libidinal mortuaire. C’est aussi le lémur de Johnny Kidd, héros tragique 60’s mort à trente ans dans un accident de voiture. « J’sens comme un vide / Remets-moi Johnny Kidd ». Toute la mythologie gréco-rock’n’roll est présente dans ce disque : métal froissé, cuir, amphétamine et sexe pernicieux.

ברכיים, מלוכלך מטורף.

The White Screen // The White Screen // Garzen Records. 
https://thewhitescreen.bandcamp.com/

A lire aussi : « La culture pop au panthéon des Beaux-Arts : Dangerous, de Mark Ryden à Michael Jackson» une thèse sur la pochette du disque «Dangerous» par Isabelle Petitjean, 260 pages. Edition l’Harmattan.

4 Comments

  1. MaX d0x Tampaxxxx

    11 mai 2017 at 13 h 42 min

    Comment soigner une hemorragie apres un accident de voiture, brûlez le gonzai, ceux qui n’ont pa su s’adapter aux tempOS.

    • MR. Temp

      11 mai 2017 at 18 h 21 min

      VIVA THE WHITE SCREEN – MERCI !!!

  2. über Berlin

    12 mai 2017 at 15 h 04 min

    I’m a jew & U ?

  3. crayon 2 papier avec plume

    15 mai 2017 at 7 h 46 min

    bondieu 2 collages de recré, STOP! la UHU!

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