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[EXCLU] Narrow Terence revient en bouche comme un rhum piment

Besoin de voyager, de voir le monde ? Détachez vos ceintures, Narrow Terence revient et vous fait goûter en exclu son rock goût guacamole et piment petit cri.

Comme tout le monde vous en avez marre des nouvelles gloires à obsolescence programmée. Ça tombe bien Narrow Terence fête sa première décennie avec le nouvel album « Rumble-O-Rama ». Une bougie à l’odeur de salpêtre dressé qui manque d’enflammer un single piñata cyniquement nommé A boring day. Happy birthday mélancolie !

La force de l’âge

Les fans d’émission de cuisine le savent bien : plus c’est frais plus cela doit être mangé vite, alors que les grandes viandes méritent de mijoter longtemps. Pas de doute les Narrow Terence ont mariné depuis assez longtemps : Lauréat du FAIR 2008 et invité du Printemps de Bourges, on a vu à quoi cela servait. Tout le monde leur a servi du « Jack The Ripper » et tatoué un « Moriarty » sur le cuisseau. Joli travail ; cette sous-promo de mongoloïde a permis d’enterrer l’originalité du groupe dans la masse, noyer le talent dans le bouillon. Thank god, personne n’a réussi à tuer la bête. Dix ans plus tard, elle est toujours là, debout et les dents bien accrochées aux gencives.

Au compteur, un premier album conçu en autonomie parfaite en squattant un studio durant ses petites heures de jachère, un second peaufiné avec mille précautions (lisez : arrangements) aussi discretos qu’une mule passant des diamants dans le gros-colon, un troisième LP aux airs de live sympho-unplugged et un side-project trash-stoner qui fait sourire et gercer les lèvres en même temps. Pas de doute, depuis dix ans, ces machinos turbinent. Et contrairement à pas mal d’ouvriers spécialisés du pavé parisien, leur usine ne sort pas que de la fumée. Deux voix de lead, des chœurs, des violons et surtout du cuivre, des inspis’ puisant dans le blues du bayou et le swing klezmer autant que chez Kyuss et Calexico, niveau arsenal on dépasse tout de même le panier moyen, pardonnez du peu. Alors pour quoi faire ? Un album pardi.

Le feu fait siffler la cocotte en fonte. Le fumet emplit l’air depuis près d’un an au gré de concerts éparses et quand on soulève le couvercle, ce qui jaillit est bien là pour vous manger la gueule. Ton disque de la maturité vient de prendre une victoire par K.O.

Narrow Terence est un plat qui se mange froid

« Rumble-O-Rama » n’est pas un disque qu’on sort. C’est un taureau qui saute la barrière un jour de feria. C’est un lutteur de foire qui envoie son poing dans la mâchoire du présentateur. C’est la revanche du bon sur le beau, de la persévérance sur le buzz, du sacerdoce sur la carrière. Un freak show touffu, sage et mature mais surtout pas gentil ni prévisible.

Narrow Terrence s’en fout d’alterner un crève-cœur guitare/voix (My fall) avec un pugilat basse/batterie/trompette bouchée (Rumble-O-Rama) que leur envierait METZ. Si les canards français ne comprendront jamais qu’on refuse de se broder une étiquette, de préférence jaune et sur la poitrine, il faut accepter que les rances étroits ont dépassé tous les clichés : vous entendez du Tom Waits ? Ils répondent Chokebore. Vous pensez à Nick Cave ? Ils citent John Barry. Vous parlez de deux frères, ils vous rappellent qu’ils sont un quintet qui a changé de forme comme tous les orchestres dignes de ce nom.

Seule constante durant ce chemin de croix (de fer), la volonté de raconter en cinémascope. Des paysages défilent, des scènes se jouent, des acteurs échangent des regards lourds qui se passent de mot, et la mort et l’amour apparaissent entre un coucher de soleil et une pleine lune. Forcément.

Alors oui, Gonzaï est content d’être celui qui lève le rideau rouge carmin sur le barnum de Narrow Terence avec en exclu la batucada du diable A boring day. Ironie : s’il y a bien une chose qui ne survivra pas à ces douze titres, c’est bien l’ennui.

Narrow Terence // Rumble’O’Rama // Enkirama/Sounds Like Yeah (Sortie le 3 février 2017)
https://www.facebook.com/narrowterencegroup/

cover NarrowTerence - web

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