WOODY ALLEN
Chronique d’une dégénérescence assumée

C’est un fait. Pour des raisons qui échappent à toute démarche analytique efficiente, certains cinéastes semblent intouchables, ad vitam aeternam. Systématiquement sacralisés, même sur la pente descendante. Se révéler irrité, voire, au pire, indifférent face à leur œuvre peut valoir un véritable scandale lors de dîners mondains politiquement corrects. C’est le cas de Woody Allen. Encensé en France, relativement noyé parmi ses confrères outre-Atlantique. D’une grossière fadeur, son dernier « caprice européen » en date confirme nos soupçons : l’heure de la retraite est irrésistiblement proche.
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SERGE DANEY
L’état (de) critique

Est-il vrai que l’on a tendance à oublier de plus en plus vite ? Qu’est-ce qui restera alors de Gonzaï quand Bester ne pourra plus payer le terme ? Un avatar de chien enfroufrouté sur une recherche Google Images ? Même si Serge Daney était une voix forte, il faut croire qu’une voix forte a quand même besoin d’être passée, transmise, repassée, re… De la pub, du buzz, qu’elle a besoin, la voix. Bref, une journée d’études sur ce damné de Daney, vingt ans après sa mort, dans un lieu de culte comme la Cinémathèque, ce n’est jamais de trop. Opé’ pour un debrief ?
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COSMOPOLIS
Le chaos expliqué aux jeunes filles

Il existe deux types de romans difficiles à adapter : pour des raisons budgétaires, ceux qui commencent par une phrase du genre : « En 2079, une guerre galactique fait rage entre les hommes et les robots… ». Et pour des raisons artistiques, ceux qui commencent par une phrase du genre : « C’est le moment de croire que j’entends des pas dans le corridor, se dit Bernard… » Le choix de David Cronenberg d’adapter “Cosmopolis” est vicieux ; son adaptation l’est plus encore.
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MOONRISE KINGDOM
La jaunisse infantile

Pour sa première montée des marches (un passage bien tardif au regard de sa filmographie, “La Famille Tenenbaum ” en tête de liste), Wes Anderson affronte le regard accusateur des critiques sur sa coupe de cheveux moyenâgeuse. Présenté en ouverture du festival de Cannes 2012, “Moonrise Kingdom” signe incontestablement la fin d’un cycle. Ouf ! Il n’est pas encore trop tard.
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MARGIN CALL
Le krach du cinéma américain

Jusqu’à “Margin Call”, il existait une règle d’or : mieux vaut un mauvais film Américain qu’un mauvais film Français. Pourquoi ? Parce que l’industrie du cinéma US garantit, par la solidité de ses corporations, un niveau technique inégalé. Même les séries B ont droit à des monteurs qualifiés, des cadreurs pro. Par effet d’escalier, le cinéma indépendant profitait de cette solide structuration technique et affichait donc souvent un niveau de réalisation de premier ordre.
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La playmate du mois

WALK AWAY RENÉE
Les dents de la mère

Jonathan Caouette revient avec un documentaire sur sa mère, plutôt bien branlé et moins énervant que la longue jérémiade qu’était “Tarnation”. Avec “Walk away Renée”, il nous livre un portrait intimiste de sa famille. Il nous y parle de la folie, de la place qu’on accorde à nos vieux, sans oublier ce magnifique corps de métier essentiellement constitué d’horribles petits fils de putes que sont les médecins.
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AUTEURS ET PORNO
La possibilité d’une idylle

Pendant que B. Root passe son temps à se plaindre de la crise du X, le cinéma traditionnel trempe un doigt dans le genre, hésite, fait sa mijaurée, se penche… jusqu’à tomber dans la marmite ? On pourrait croire d’abord que le mainstream (le tradi) zieute l’underground (le porno), alors que c’est logiquement l’inverse qui devrait se produire et qui se produit dans la plupart des cas. Mais à la différence de la musique, le niveau d’exigence et de qualité se trouve bien évidemment du côté institutionnel : vous en avez vu beaucoup des pornos « de qualité », esthétiques, de vrais bons films et pas juste des machines à faire jouir ?
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BYE BYE BLONDIE
Lesbien déraisonnable

Septembre 2004, sortie du roman de Virginie Despentes. À la fin du livre, l’héroïne, Gloria, traverse Paris à pieds, tombant à chaque colonne Morris sur l’affiche d’un film dont elle a écrit le scénario, intitulé « Bye Bye Blondie ». Mars 2012, l’affiche du film « Bye Bye Blondie » trône effectivement sur les colonnes Morris, dans la vraie vie. Belle mise en abyme.
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ABEL FERRARA
Go-go tales

Ca se passe dans un club de strip-tease, Willem Dafoe est le patron, l’affaire marche plutôt mal, la propriétaire veut son loyer, le principal financeur retire ses billes, les danseuses menacent de faire grève. Le patron joue tout son argent au loto, mais ne retrouve pas ses tickets. Il est recommandé de voir Go-go tales avec une ou deux autres âmes perdues dans une salle presque vide, un dimanche soir ou un mardi après-midi pour en goûter toute la saveur.
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