Dans le trip des playlists à thème, l’indétrônable John Cusack de "High Fidelity" n’a jamais trouvé d’égal dans la conscience populaire. Sa manie de compiler des morceaux selon les occasions a piqué le geek musical qui sommeillait en certains d’entre nous, bien que parmi les individus au combien moins connus que ce personnage de film , beaucoup sont pires que lui, atteints d’une maladie virale qui s’attrape à n’importe quel âge: la musicophrénie.
Premier symptôme de la musicophrénie: la playlistomanie. Des playlists encore et toujours, suivant les crises de boulimie musicale, selon les humeurs, les envies, les découvertes ou le besoin de compiler . Un rat de musicothèque en somme.
Deuxième virus : le ver d’oreille. C’est ce parasite étrange qui hante notre antre sonore et imprime une partition musicale au sein de notre esprit. Lorsqu’on a un morceau en tête et qu’il ne veut pas nous laisser en paix, qu’il nous obsède, pour le meilleur et pour le pire.
Peter Szendy a écrit un livre édifiant à ce sujet: Tube, la philosophie dans le jukebox, où il développe entre autres sa thèse du ver d’oreille, dont l’embryon est la base même d’un tube. Selon lui, un, tube est « le plus souvent, une chanson quelconque, qui ressemble à toutes les autres et qui chante volontiers sa banalité même. Or, ces mélodies, ces airs comme ça nous hantent, prolifèrent en nous comme des vers d’oreille ».
En même temps, vu certains tubes qui nous ont été, nous sont encore, ou nous serons infligés, rappelons quand même qu’un ver est également un parasite indésirable . Les mauvais hits sont donc par analogie des poux auditifs. Et donc pour résumer: un musicophrène passe son temps à faire des playlists parce qu’il a un ou plusieurs vers d’oreille qui le parasitent .
Quant à moi, autant vous dire que je suis (quasiment) musicophrène. D’où la nécessité de cette compilation : morceaux oubliés- bien que le titre I’m in love with a german film star des Passions ait été un des tubes marquant de l’Angleterre des eighties – mélodies qui , quelconques ou non, suscitent un vif intérêt et peuvent toutes prétendre au statut de tubes. Bien que pour la plupart méconnus, des titres qui ont l’art et la manière de se fixer dans notre crâne. Et le pire, c’est que l’on en redemande. C’est un processus itératif sado-masochiste entre eux et nous: nous en voulons encore et toujours .
Chaque morceau est donc comme un shot de son. Encore et plus de shot, encore et toujours plus de musique. Le genre de playlist faite pour faire monter le taux d’alcoolémie sonore.

1. Sex Computer – Aretefact
2. Shempi – Ratat
3. Tinseltown in the rain- The Blue Nile
4. Your Dragging Feet – Polyrock
5. Arena- Suuns
6. Hallo Spaceboy ( PSB Remix)- David Bowie
7. I’m In Love With A German Film Star- The Passions
8. Transmission- Joy Division
9. Natural’s Not In It- Gang Of Four
10. Waiting For Mary Lou – The Frenchies
11. Don’t Fall – The Chameleons
12. Just Like Honey- Jesus And Mary Chains
13. This Town Ain’t Big For Both Of Us- The Sparks

1 commentaire

  1. C’est bizarre, perso j’aime bien les compiles ou play lists lorsqu’elle me font découvrir des groupes. Une chanson qui me plaît et je creuse, j’écoute l’album. Mon habitude est d’écouter les albums en entier, je n’ai aucune play list sur mon PC ou sur mon Sony. Ah si, des fois j’en fais pour les soirées avec des chansons que personne ne connaît, justement pour entendre les réactions et faire découvrir. Merci pour ta play list en tout cas !

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