Toutes les deux semaines, Bolino Croustibat sort de sa boîte à gants un essai auto-socio sur les grosses carrosseries. Entre Roland Barthes et Turbo, une autre vision du monde, garantie sans pollution.

Les 4×4 sont des dinosaures : gros, moches, complètement cons et aussi à l’aise sur le bitume qu’une stagiaire enfermée dans le bureau de DSK, ils sont la preuve qu’il ne faut laisser ni la nature ni le marketing s’exprimer sans contrainte, et qu’il est recommandé des les biffler régulièrement à l’aide d’astéroïdes incandescents.

  • La Nissan Juke est un stégosaure. Son gabarit débile et ses courbes conçues à l’aide d’un algorithme révolutionnaire de CAO aléatoire en font une proie vulnérable aux quolibets, mais elle peut se défendre grâce à ses blocs optiques arrières, conçus pour que quiconque tente de l’aborder par derrière rende immédiatement le contenu de sa bento box sur le bitume. Récemment redessinée par un liquidateur de Fukushima ayant oublié ses pastilles d’iode rue Sainte Anne, elle a été immédiatement adoptée par Charlie Sheen qui  a revendu sa Vel Satis.

  • Le BMW X6 est un triceratops. On raconte qu’il fut enfanté au cours d’une partie fine organisée par une odieuse secte de marketeux d’extrême droite, qui trouvaient leur dernier makomoulage, le BMW X5, encore un poil trop pratique. Or, comme tout le monde le sait, pratique = corvée = pauvre = vulgaire. Forts de ce constat, ces ex-étudiants membres du GUD d’Assas se saisirent d’une meuleuse pour anéantir le coffre afin que les clients ne puissent plus rien transporter, ce qui leur évite de passer pour des bouseux. Il ne s’agirait tout de même pas de déplacer des trucs avec un engin motorisé ! Par la suite ragaillardis par une orgie rituelle à base de sécrétions de Chris Bangle chargées en précieuse testostérone,  ils continuèrent sur leur lancée en retravaillant la face avant du voyageur du mésozoïque de manière un chouia plus agressive selon un dogme maison appelé « ratonnade esthétique ».
  • L’Audi Q7 est un diplodocus. Sa longueur conséquente (42 parsecs) lui empêchant tout accès à la rue Gomboust, son propriétaire est alors dans l’obligation de passer par la place Vendôme, qui autorise tout juste son gabarit. Or, son rayon de braquage conséquent (42 parsecs) ne lui permet largement pas d’effectuer son virage autour de la colonne de la place Vendôme. Le gigantesque et gourde herbivore n’a alors d’autre choix que de s’encastrer avec fracas dans la vitrine d’une bijouterie de luxe. C’est du moins ce que tous les propriétaires d’Audi Q7 expliquent aux policiers perspicaces du commissariat Saint Honoré, contraints de laisser repartir libres ces pauvres victimes du triangle des Bermudes.

  • Dernière œuvre commise chez Renault par Patrick Le Quément au cours de sa carrière John Carpenteresque (c’est-à-dire qui commence comme finit celle de Michel Drucker, puis se termine comme commence celle de Samy Naceri), le Renault Koleos n’est pas un dinosaure à proprement parler, mais une gonade de dinosaure. Son nom provient en effet du grec ancien « koleos » qui signifie « couille » (true story). Ce n’est d’ailleurs pas un 4×4, mais un « crossover », une espèce bien supérieure au 4×4 puisqu’elle ne se prévaut que de deux roues motrices, tout en gardant parfaitement intacts absolument tous les inconvénients d’un 4×4 sous l’opercule fraîcheur. Ainsi, grâce à ses capacités de franchissement équivalentes à celles d’une otarie paraplégique, le Renault Gonade est le véhicule parfait pour s’embourber lors d’une excursion dans la vallée de la mort avec son beau-père goguenard, d’autant que le Renault Gonade n’a été pensé que pour servir de support à une infinité de jeux de mot vulgaires et d’allusions vaseuses de sa part.
  • Les Toyota Rav4 et autres Suzuki Vitara sont des troncs d’arbres morts. Garés en double-file dans les coins à champignons, ils gênent.