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Kane Strang : « Si John Lennon et Harry Potter avaient un fils, ça serait moi »

Kane Strang, musicien néo-zélandais originaire de Dunedin, pourrait se contenter de reproduire le style des icônes du coin. Mais il voit plus loin. Plus grand. Et à quelques semaines de la sortie de son deuxième album, il se met à rêver d’une carrière internationale. Kane Strang, le jeune néo-zélandais aux portes du monde ? Gonzaï l’a rencontré.

Vendredi 12 mai. J’arrive en avance et Kane se prête au jeu du shooting photos avec aisance. Il dégaine son sourire je-suis-un-gentil. Il dit : « salut mec, ça va ? ». Kane Strang n’est pas encore assez rompu au jeu de la promotion, mais il à l’air d’y prendre un certain plaisir. T-shirt rayé blanc et marron, pantalon vert kaki, lunette ronde et coupe au bol, je le taquine sur son look : « John Lennon, oui, j’aime beaucoup, comme tout le monde. On me dit plus souvent Harry Potter. Si les deux avaient un fils, ça serait moi ». Attention, punchline.

Durant l’interview, il me parle de carrière, de priorité numéro 1, de se démarquer, d’oser et de travailler dur. Sémantique propre à l’artiste qui dégage une solide envie de réussir. Il y croit : « à part la musique, il y a peu de choses dans lesquelles je suis bon. Je mets tous mes œufs dans le même panier. » Pari risqué, mais c’est maintenant ou jamais. « Au début, ma musique était très lo-fi, je fais du folk un peu bizarre et expérimental. Je voulais avoir un son plus professionnel. J’aime beaucoup l’esprit lo-fi mais j’avais besoin de faire cet album, plus pro et direct. J’ai eu l’opportunité de le faire alors j’ai saisi l’occasion. »

Originaire de Dunedin – comme The Chills -, ville étudiante au sud de la Nouvelle-Zélande, Kane bricole un premier album dans sa chambre, comme des milliers d’autres ados biberonnés à la bedroom pop. Ses compositions sont attachantes, et délimitent les contours de sa musique. Un style assez direct, aventureux et déjà à l’époque, aux antipodes des tendances actuelles. Confession : « J’avais l’habitude de composer seul. Ça a ruiné les chansons, je faisais trop de prises et le disque manque au final de spontanéité ». Mais cette fois, quelque chose à changer : Kane ne cache plus au fond de sa chambre pour faire de la musique. Comme libéré, il se met à rêver d’une carrière, de voyager en Europe et aux Etats-Unis. Se barrer du pays devient une motivation supplémentaire. Lui, qui a 24 ans, a déjà trainé ses bottes sur la plupart des scènes néo-zélandaise, a besoin d’un nouveau challenge. Il avoue : « On a hésité entre un album avec plus de réverbération, plus rêveur et un truc plus sec et direct. On aurait pu partir dans les deux sens, mais je voulais un disque qui se démarque de l’étiquette ‘indie’.» Un album à son image. Et qui définit son état d’esprit actuel : un gamin qui devient petit à petit un, euh, un homme. 

Lui, qui se décrit comme vouloir tout régenter, lâche alors un peu les commandes. Fais moins de prises. Écoute les conseils des autres. Un travail sur lui-même nécessaire pour l’élaboration du nouvel album « Two Hearts And No Brain », prévu pour une sortie à la fin du mois. Le résultat ? Un disque audacieux, syncrétique, à la frontière entre plusieurs styles, mais qui dessine les contours de sa musique : sans chichi, plus spontané et brutal. « C’était vraiment un échange. Si je n’étais pas content avec quelque chose, je le disais, c’est mon nom sur la pochette donc j’avais quand même mon mot à dire », raconte-t-il, sourire je-n-ai-pas-envie-mais-je-le-fais-quand-même. « J’ai travaillé dur pour en arriver là. Je crois en mes chansons et en mon talent de compositeur donc j’espère réussir ». Avec Elliott Smith comme inspiration principale sur cet album, Kane Strang peut-il se ranger aux côtés des Chris Knox, Martin Phillips et des stars de Flying Nun Records ? La réponse est oui, sans hésiter. Pour la carrière internationale, la concurrence est rude. Mais une chose est sûre : l’envie est là. 

Kane Strang // Two Hearts And No Brain // Sortie le 30 juin chez Dead Oceans et PIAS
Site officiel

1 Comment

  1. spin that noodle

    8 juin 2017 at 17 h 01 min

    mister spock!

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