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8 février 2025

« Tout peut durer » : Essai à moitié réussi pour Victor Solf

Porté par le succès de son premier album solo après l’aventure Her, le Français revient en 2025 avec un premier album en français qui peine pleinement à convaincre, sans pour autant donner envie de sortir le bazooka.

Les Anglo-saxons ont un nom pour que la France pop peine à qualifier depuis des décennies : middle of the road. La musique de croisement, pour traduire, et où les influences de l’artiste un peu trop déprimé à l’idée de devenir un Benjamin Biolay de seconde main donnent successivement la priorité à plusieurs genres, quitte à transformer son album en rond point digne de celui des Champs-Elysées.

Cette démarche artistique est notamment celle empruntée par Victor Solf depuis 2022 et la sortie de son Still. There’s hope ; un album où le musicien endeuillé par la mort de sa moitié dans Her répondait à la tristesse par une thérapie lumineuse où Jeff Buckley et toutes les gorges profondes de la soul américaine auraient été conviés en guise de témoins. Alors même que le reste de la concurrence en était encore à tenter de singer le son funk des Daft Punk associé au psyché d’opérette de Tame Impala, le résultat était à la fois authentique et rafraichissant ; Solf faisant historiquement preuve d’un premier degré désarçonnant dans ses choix.

Trois ans plus tard, et plus porté par l’envie de se renouveler que de répondre aux impératifs comptables d’un nouveau disque tous les 3 ans, le Français du giratoire qui tourne encore et encore sans jamais mettre le clignotant revient avec Tout peut durer, un deuxième album de soul en français où le crooner crâne rasé met pour la première fois l’anglais au vestiaire. Moue dubitative dans la salle à l’écoute du premier single, et sentiment confirmé par l’ambiance gospel de feu de cheminée qui s’en dégage. Faut-il pour autant brûler tant de positivité mise au service d’une pop qui refuse le carcan de la facilité radiophonique ? Pas sûr. Certains titres tirent leur épingle du jeu (Plus jamais rentrer, Emilie, La nuit je…) et l’exercice courageux du passage au français permet au musicien de 34 ans d’ouvrir une nouvelle page sur son carnet après presque 20 ans à s’époumoner (avec The Popopopops puis Her) pour décrasser la chanson française un peu trop statique.

Si Tout peut durer a paradoxalement peu de chances de marquer durablement l’auditeur grand public, il est un des exemples à suivre pour le peu de critiques musicaux encore en activité : la qualité des titres, en dépit d’un manque d’efficacité, est un appel à la nuance. En tentant de placer sur une même carte toutes ses inspirations – blues, gospel, soul, rap – Solf montre malgré lui la voie vers un chemin escarpé où l’artiste Spotify des années 2020 pourrait choisir en pleine conscience de frustrer son audience plutôt que de lui servir un bis repetita. Reste maintenant à savoir vers quelle langue Victor Solf se tournera sur son troisième album alors même que sa carrière est bien partie pour durer.

Victor Solf // Tout Peut Durer // Glory Box

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