Que l’on vienne me défier, moi et mon orgueil démesuré, ma petite taille assumée et ma décadence acérée.

Que l’on vienne me défier, moi et mon orgueil démesuré, ma petite taille assumée et ma décadence acérée. Qui n’a jamais chialé devant cette pub de lessive quadra pute, se connecter sur musiquedepub.tv, choper le titre pour l’écouter ne serait-ce qu’une dizaine de minutes. Et l’effacer, honteux d’être touché par cette superficialité malpropre qui n’a pour but que la vente outrancière de machine de guerre.

La dernière coulante d’Apple. Les dérives carbonisées d’Edf. La prétention malsaine de Chanel. Décryptage d’un phénomène vieux comme le monde. La musique de pub, plagiat cracra ou tremplin émotif ?

Qui mieux que Babybel pour surfer sur la vague d’un Pet Sounds. « Bababa Bababybel ! » ?

L’exemple le plus significatif demeure encore aujourd’hui la genèse (française) de ce petit groupe new-yorkais, vous savez, ceux qui ont réinventé les jeans trop courts et les Converses troués. Voilà les Strokes. Je me revoie, scotché dans mon siège de ciné rembourré, écouter ce 12 :51. Fasciné, il ne m’a fallu que très peu de temps pour retrouver la musique…d’une pub Edf. Les exemples sont nombreux et vacillent entre manie du pathos (Chemical Brothers pour Air France, Moldy Peaches pour Orange) et l’air « branchisant » que veut imposer la marque à son produit (Chairlift pour Apple, Stereo Total pour Sony). Mais la magie opère aisément. Et j’assume pleinement mon amour éphémère pour des routes désertes. De la pluie ruisselante. Une paire de chaussette. Un tambour de machine. Un écran plat. J’irai même à satisfaire mes nuits esseulées et troublées, par la beauté de folkeuses indéfendables (Lisa Mitchell pour OMO, Rilo Kiley pour Golf). Et la publicité est archivée. La lassitude nous gagne. Et l’on délaisse, sans un soupçon de nostalgie, notre musique de pub. Anonyme et immatérielle. Absente et volage. Car « La chanson de la pub… » ne sera jamais « La chanson de… », une larme, un peu forcée, pour ces oubliés. Que l’on aime malgré tout.

Je l’ai ! Canned Heat. La réponse fut immédiate. « Pub Renault ! ».

Cette dévotion publicitaire peut malheureusement t’en foutre plein la tronche. Anecdote bateau d’une soirée sans prétention avec des gens que tu n’aimes pas. Alors je fais semblant de m’intéresser à des vies misérables, des haleines de chacal en rut qui s’empiffrent d’un punch lycéen pour mieux choper la pucelle du coin. Je joue le jeu, balance deux trois sourires mielleux et pompeux. Et puis la musique -pas trop forte pour les voisins- m’emmerde profondément. Je me faufile, MP3 en main, pour imposer de manière souveraine ma musique de chambre. Je lance ainsi les très bons Architecture in Helsinky. Broua impétueux, regards accusateurs. « C’est la musique d’Orange, trop cool, je la cherchais ! ». Je tombe des nues. Découvre  maladroitement la face vicieuse de mon péché  mignon. Celle qui « anonymise » les groupes que tu défends. Ces groupes que tu apprécies secrètement, esseulé dans l’ombre, dans cet écran de fumé victorieux. Et sous une pluie d’origami, Architecture in Helsinky est Orange. Le jeu m’intéresse. Je farfouille dans mon iPod pour dégoter d’autres musiques télégéniques. Je tombe sur un pot pourri de Woodstock ‘69. Je l’ai ! Canned Heat. La réponse fut immédiate. « Pub Renault ! ». Terrible.

Désaxé, entre foutage de gueule outrancier et mal être vomitif, je me casse. Récupère mon attirail. Chope un taxi tout en écoutant Craig Armstrong…Merde, ce péteux a fourni la pub toute sa carrière. Et ce ne sont qu’images, slogans, volants, ménagères qui me viennent à l’esprit. La publicité a perverti ma vision si naïve. Détruit la plupart des groupes qu’elle a sucé. Et je me retrouve seul dans ce taxi, l’impression pas très fraiche d’en faire parti. Imaginer les arbres qui défilent, la route qui s’éteint comme une vaste publicité, irréelle et éternelle. Emprisonné entre banane de Martinique et L(S)CD.

 

 

29 commentaires

  1. Hum

    Voilà un débat interessant. Ce billet d’humeur poètisé, un peu romantisé, mais c’est ce qui fait toute la pertinence de l’ingénuité, révèle un vrai problème dans lequel je me retrouve un peu. Pour ceux qui reconnaissent l’avant-garde sans avoir besoin de l’appui médiatique d’une grosse machine comme Apple, il est forcément pénible de voir sa musique préférée (avec laquelle on a un rapport purement affectif ) récupérée par ceci ou cela.

    Bref, quoi qu’il en soit en soit, c’est surtout l’arrogance des commentaires qui est très interessante. Genre tu pourra dire ce que tu veux de Chairlift ou Stéréo Total mais touche pas à Apple, alors que dans l’histoire c’est eux qui encaissent l’argent. Où est le problème papi? Tu veux que je plaigne Steve Jobs?

    Non non, je plains la culture. L’absence de qualité et la dérive mercantile de l’art. L’absence de contre-pouvoir…
    Qui peut nier la capacité du capitalisme post-moderne à se nourrir de la critique et de la subversion (culturelle, socio-politique)?
    La société exige toujours un rationnalisation de la subversion mais comment contrecarrer le capitalisme idéologique qui est justement dans la sur-rationnalisation et qui sous-estime par là même ce qui est injustifiable: les sentiments, les actes gratuits, la poésie et l’art (en tant que qualité humaine et non en tant que produit)…
    Nous sommes une génération qui souffre énormément de ça parce que le moindre cri du coeur sera toujours mis sous silence et écrasé par un rationnalisme cynique.
    Apple n’est pas une entreprise cool, même si elle s’en donne l’image. Elle est justement le symbole de cette génération de 68tard qui s’accapare la cool attitude mais qui ne voit le bonheur qu’à travers la consommation (acheter un mac est cool, mais eh! j’ai pas les moyens papi). Bordel il chopent tes groupes avec des gros chèques ils repeignent les murs du métro (Cf couloir de la gare Montparnasse), ils te vrillent le cerveau. Ils sont pas cool, ils vendent du cool.

    Pour en revenir à la subversion (et de l’avant-garde), il me semble que c’est ce qui nourrit le passage de pouvoir de génération à génération, ce que j’appelerai, le jeu de l’effronterie. Mais ce jeu n’a pas forcément besoin d’argumentation (ça c’est encore une idée de 68tard, cette génération qui a théorisé la contestation mais n’a pas tenu ses engagement) au contraire la contestation c’est être libre, pouvoir dire ce qu’on pense sans avoir à se justifier, pouvoir s’amuser, créer, inventer sans avoir à prendre position, sans avoir s’inscrire dans un schéma socio-économique préétabli. Ecrire pour soi, pour les siens sans avoir à globalisé son discours, pouvoir affirmer sa minorité… Bon voilà je vais m’arrêter là parce que ça me stresse. Je vais faire un truc gratuit là, je préviens: gravatar t’es une suceuse

    one love…

    thai404.wifeo.com

    (c’est pas de la pub c’est de la propagande)

    peaaaaaaaace

  2. Ce bâtard de Lex Luthor est chauve et je me rase le crâne. J’y tiens à cette putain d’identité capillaire…
    Et merde!
    Et Vive le catch!
    Et la quiche lorraine, alors !

  3. putain je stresse.
    je suis un rebelle anticapitalisme et la publicité n’avait jusqu’à la aucune prise sur mes décisions consuméristes.
    et voila que des putains de créatifs publicitaires utilisent mon son pour pousser à la vente de merdes indispensables.
    ca fait peur parce que mon cerveau n’y résistera peut être pas ce coup la. c’est tellement exigeant d’arriver a dissocier musique et commerce.
    je suis un jeune qui a déjà des idées de vieux cons
    j’attire l’attention des pucelles de soirées avec mon ipod.
    je me regardes trop dans la glace.je suis énervé (y aurait il une corrélation entre ces 2 observations)
    les débats vieux comme le monde évoque en moi des idées veillent comme le monde.
    je suis un réac à 2 balles.
    je suis Ig Boy

  4. merci pour vos réponses chers commmentateurs accérés, je n’en attendais pas moins. évidemment je n’aurai pas eu la satisafactioon d’une tréaction allergique, mais de toute façon je viens d’un milieu ou sans vouloir vous vexer la camaraderie a une toute autre apparence que sur ce forum policé, et plus d’un de mes amis -ou ennemi, il s’agit des mêmes- m’aurait provoqué en duel aux pistolets, sur moskovskiye, en choisissant pour témoin un lointain oncle alcoolique . merci pour vos éléments de reflexion, chers internautes merci aussi pour vos insultes, et vos excuses. mr Ig, merci quand même pour votre article, et sans rancune aucune, hein? bien sur je me suis emporté, et j’aimerai et je pourrai m’emporter plus haut encore, si je n’était pas aussi lourd. BSTR merci d’intervenir sans intervenir, pour réclamer la fin de l’anonymat alors que, bon, comme c’est vous ce site c’est votre choix et votre problème si les commentaires sont anonymes par défaut. comme et articles et comme vous. et pour conclure les jets de fleurs, merci à vous de continuer malgré toutes les critiques à faire un truc intéressant et à vous « offrir » sur internet.

    la seule raison de mon premier commentaire, la raison directe en tout cas, a été la vague d’agacement qui m’a pris aux épaules quand j’ai lu le passage « Et puis la musique -pas trop forte pour les voisins- m’emmerde profondément. Je me faufile, MP3 en main, pour imposer de manière souveraine ma musique de chambre. » et que j’ai repensé à cette soirée il y a deux semaines passée -pitié ne revenons pas la dessus- où la musique était forte, les préados contenus dans un coin, et le punch chargé, et où vous, le public, aviez boudé votre propre fête. en fait, Ig, tu n’aimes pas les jeunes, tu n’aimes pas les musiciens, tu n’aime pas le public, tu n’aime que toi. et ce gros clown qui fait du commerce ici avec sa casquette hideuse et qui lui non plus n’aime personne, a part lui, toi un peu -mais quand même un peu moins, vous n’avez pas la même valeur- sa meuf un peu sa mère un peu les autres un peu moins et pour finir les mecs qui font des musiques qui passent dans des pubs à la télé ou à la radio parce que ça, c’est déjà un peu baiser le système, d’y apporter son travail, hein? Au final, à part le fait qu’on ne les connaît pas et qu’on ne les a jamais vu, tous ces mecs qui font du pognon avec la pub et se font reconnaître en nourrissant le cerveau des gens avec des airs qu’ils connaissent en leur donnant des images qu’ils devront associer avec cette musique pour acheter des trucs qui n’existaient même pas à l’époque où ces morceaux ont été écrits font un vrai boulot d’enculé et c’est la classe, pas vrai? et ça excite ton coté bouh je me fais peur du coup tu fait un papier où tu te permet de mépriser tes congénères sans porter le moindre regard critique sur ce qui leur fait vénérer des icône dégénérées. cette prétention qu’ont les gens doués à s’inventer leur propre culture en visant ce que pourraient vouloir les autres. le phénomène de l’interlocuteur miroir. et dans ton cas, une psychose mégalomaniaque sévère et ça, ça part pas.

  5. Tu as tout à fait raison. Je suis un grand fan de moi-même. Je m’aime. Beaucoup. Et ne trouve que très peu de monde à ma hauteur, malheureusement. Par contre, j’ai beau relire tes commentaires, je ne comprends pas grand chose. Tu t’expliques très mal et c’est d’un chiant pas possible. Décontractes, sors, bois, nique, bouges toi le cul. Ne restes pas derrière ton écran, boutonneux et bouseux, et viens pinter avec moi, je t’assure, on va se marrer !

  6. god damn hell plutot mourrrrirrrrr que boirrrr eau d’amitié avec foie jaune.
    et abstient toi de me donner des conseils sur la vie (sors bois nique… quelle tristesse cette liste) je pense qu’à ce niveau au moins j’en fait forcement plus que toi.
    sur ce, au plaisir de ne pas te reparler (surtout qu’apparemment je perds mon temps, vu que tu ne comprends pas mes commentaires. en plus tu commence en disant « je m’aime (…) », et tu enchaîne sur « par contre (…) chiant à mourir ». la logique eut voulu que le complément de liaison soit « et en plus » ou « par ailleurs » je t’aime pas parce que etc.) Navrant jusqu’au bout, je sais maintenant pourquoi tant de faiblesse : tu n’écoutes pas les conseils de tes amis

  7. Cher Bester,

    « Les masques étaient de trop » dis-tu… Je ne sais pas pour les autres, mais en ce qui concerne mes collègues Superman, Spider-Man, Wonder Woman (il faut bien respecter la parité), et moi-même, nous nous devons malgré tout de préserver notre identité secrète. D’ailleurs mon état civil n’apporterait rien de plus à ce débat…

    Aussi, je me contenterais d’avouer que je connais bien certain stagiaire arborant la même coiffure que Lex Luthor, à ses heures perdues aficionados de catch, qui m’a fait découvrir ce site.

    Voilà : trêve de digressions ! Je te salue bien,

    Bergamote.

  8. meme la musique de nos chers amis Crystal Castle est utilisée dans une pub que je viens de voir en angleterre.
    en dehors de tout debat sur le sens de cette utilisation de la musique, entre deux pub pour la vache qui rit, c’est sympa un bon morceau nan?

  9. Je peux comprendre ce sentiment d’être dépouillé d’une musique qu’on aime à force de l’entendre à chaque coupure pub (surtout quand elle est associée à un univers très éloignée d’elle).

    Mais c’est une pub Levi’s qui m’a fait découvrir Johnny Cash à la lointaine époque de mes 14 ans, et bien d’autres ensuite. Alors je prends plutôt ce couple (un peu contre nature) musique/pub comme une autre entrée vers la musique.

    Pour certains, une musique « de pub » restera toujours une musique « de pub ». Mais pour beaucoup, c’est aussi une façon comme une autre de découvrir un artiste.

    Ce débat me rappelle un peu le dégoût qui semble saisir beaucoup de musicophiles quand l’un de leurs artistes fétiches devient célèbre. Tout à coup, le trésor échappe à la minorité pour passer de main en main et pouf, c’est comme si on ne voulait plus de Brenda de 5ème B parce qu’elle a la réputation de rouler des patins à tous les mecs du lycée.

    Y aurait-y pas là-dessous une petite question d’orgueil ? « Je la veux pour moi, rien que pour moi, ou disons pour moi et quelques autres de bonne compagnie, mais pas plus ? »

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