5 juillet 2026

AkReptile, nouvelle mue d’Arthur J. Reptilian

Avec « Knackered », premier single sous l’alias AkReptile, Stephen J.H. Malet entame sa transition.

Ni roi lézard, ni lézard sorcier, Stephen J.H. Malet évolue dans un écosystème plus obscur que les autres reptiles de la musique. Après avoir sorti deux albums sous le nom d’Arthur J. Reptilian, c’est avec AkReptile que cet Anglais exilé à Paris poursuit son évolution. Dans Boy, Oh Boy (Vorota, 2020) et Moderneval (Vorota, 2023), la démarche reposait plutôt sur une approche post-punk ouverte aux expérimentations : des airs eighties avec une voix de baryton à la Ian Curtis, couronnés de claviers et cuivres pour apporter une certaine solennité à l’atmosphère. Maintenant que le revival post-punk commence à barber, le Britannique s’adapterait-il à l’écosystème musical comme une espèce au changement climatique ?

Knackered, premier single sous l’alias AkReptile, évoque justement l’épuisement et le désespoir. « J’ai senti que j’étais un peu dans une petite boîte », confie-t-il. La voix reste caverneuse et contraste avec ce sample atmosphérique comme un doux chant céleste dont le tempo fluctue et qu’une instrumentation rock vient ponctuer. « J’étais inspiré par des choses dans le rap que je voulais connecter avec une démarche punk. Ça faisait six ans que j’étais sous le nom Arthur J. Reptilian, j’avais pas mal de projets avant et j’aime changer de peau d’une certaine manière. Avec ce nouveau nom, c’est une sorte d’évolution. Pour mes prochaines sorties, je voulais légèrement diverger. »

Au saxo, c’est Dimitri Milbrun de Zonbi – qui collabore désormais avec une multitude de projets de la scène indépendante – qui vient taper un solo jazzy de coucher de soleil sur la structure répétitive. Les deux artistes se sont rencontrés sur la scène alternative du Tony Collectif, ancien bar underground du quartier de Strasbourg-Saint-Denis à Paris. « On avait joué pour la soirée de clôture du Tony Collectif, puis c’est parti d’un concert au Point Éphémère où il m’a demandé de l’assister », explique le chanteur et saxophoniste de Zonbi. « Il y avait cette nouvelle track, j’ai improvisé dessus pendant la répétition et il a kiffé. On s’est ensuite revus pour l’enregistrer. »

AkReptile ne saurait encore précisément dire si son single annonce plutôt un EP ou un album, ni si Dimitri Milbrun sera présent sur d’autres morceaux, mais ce qui se prépare sortira l’année prochaine, cette fois sur le label Géographie. « Vorota était plutôt une sorte de collectif que l’on a monté avec Laurent Hadrien, Paul Loiseau, eightycuts et Oscar Palace du Tony », précise le reptile. « On le voyait comme une sorte de plateforme pour montrer notre musique. Cette année, on a tous été contactés par des labels. Nicolas Jublot, qui gère Géographie, m’a beaucoup fait tourner au Point Éphémère [où il est programmateur, NdlR]. Je ne savais pas si je voulais continuer seul ou passer sur un label mais il a été très patient et à l’écoute. Ça m’a touché et j’ai senti une certaine cohérence dans l’idée de collaborer avec lui. »

D’ici-là, d’autres titres seront partagés de manière à ce que l’on puisse assister à l’évolution d’AkReptile comme la mue d’un serpent filmée en time-lapse. Après tout, la lassitude est humaine. Plutôt que de se contraindre à contenter son auditoire à travers une approche qui ne nous ressemble plus, changer de nom pour une nouvelle apparence semble une véritable technique de reptilien. Sauf que… ses anciens albums paraissent désormais sous le nom d’AkReptile sur Spotify.

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