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F.A.M.E. FESTIVAL
La musique fait son cinéma

Comme son nom ne l'indique pas, le F.A.M.E. Festival ne programme pas que des films sur des icônes de la pop culture. En plus des sempiternelles biopics de papa sur des chanteurs disparus, vous aurez droit à des trucs sur le skate, sur la looseuse Irène Cara et même à un film sur un ancien Président. C'est beau, c'est bien et c'est du 10 au 13 mars à la Gaité Lyrique.

screenshot-www instagram com 2016-03-10 10-52-51Bien entendu, le F.A.M.E Festival ne sort pas de nulle part. Les deux papas de celui-ci, Benoit Hické et Olivier Forest, sont dans le game depuis déjà des lustres, le premier ayant pris ses quartiers depuis déjà un moment à la Gaité LYRIQUE avec la série mensuelle Musiquepointdoc alors que le second torchait déjà – avec Eric Stil du Garage MU – 5 éditions du festival musical Filmer la Musique. Comme l’union fait la force, nos deux loustics ont créé « F.A.M.E.» en 2014, avec la volonté de sortir des carcans du cinéma musical traditionnel; le festival s’intéressant non seulement à la musique mais aussi à la pop dans son ensemble avec des propositions plutôt couillues et pas vu à la télé comme ce Giscard le Grand Art, film sur les amours artistiques de notre meilleur ancien Président. Armés d’une envie de sortir des carcans du genre, les gars aiment aussi prendre des risques. Icônes et loosers, artistes et fans, enluminures et bas-fonds. Une ligne artistique qu’Olivier Forest résume parfaitement avec une punchline maison : « Comme on le répète souvent, on préfère un bon film sur un mauvais groupe que l’inverse ». Si vous êtes prêts à prendre plein la gueule, vous passerez donc de l’idole pop ultime bowie à la looseuse en chef Irène Cara, des nuits endiablées de Copenhague aux bas-fonds de Manille, avec un film sur Giscard au milieu. Que demande le peuple ?

Comme à Cannes mais sans le tapis rouge, une partie de ces films fait partie d’une compétition, et avec un peu de chance c’est un perdant qui va gagner. Avec pas moins de quatre jurys pour remettre le couronne de fleurs : des étudiants, un bar, les gars de F.A.M.E. et le jury « MUBI » qui compte des artistes de tous bords, dont notre pote Chassol. Là-encore, l’originalité passe avant la réputation: « Il ne s’agit pas de distinguer le meilleur – mais d’encourager, de soutenir – il y a 2500 € de prix cumulés (et une bouteille de rhum) – des films audacieux. ». C’est pour parler de tout ça qu’on a taillé le bout de gras avec Olivier Forest, qui commente en exclu et rien que pour vous 4 films de l’édition 2016. Et Amore Synthétique, l’incroyable film-hommage-garage au Christine de John Carpenter par Benoit Sabatier et Marcia Romano avec Cyprien Lapalus (Catholic Spray) à l’écran et BlackMail à la bande-son ? « Comme il est en compét’, je ne peux pas vous en parler.. ». Business is Business.

The Decline of Western Civilization II

« Ça fait des années que je suis en contact avec Penelope Spheeris, réalisatrice déjà connue pour son mythique Wayne’s World, à ce sujet. Le film était jusqu’à maintenant bloqué, parce qu’il était en vente, il y avait des histoires de droits, il n’existait plus que des masters en 35mm, etc … comme ça arrive souvent avec les films musicaux. Cette année la trilogie a été acquise et rééditée par Shout factory, et la situation s’est enfin débloquée. On projette le volume 2, sur la scène métal autour du Sunset Strip en 1988, et on le fait sous-titrer en français pour l’occasion. On est très content que ça ait pu se faire cette année. Malgré toutes les petites polémiques autour du film, sur le fait que certaines scènes auraient été plus ou moins mises en scène, sa trilogie The Decline of Western Civilization, tournée sur une quinzaine d’année, est un monument du documentaire musical, une tentative sans précédent ».

Giscard le grand art

« C’est l’exemple d’un film qui nous est arrivé par l’appel à films, et qui nous a fait beaucoup rire. C’est une étude menée avec un sérieux désopilant sur l’oeuvre artistique de Giscard d’Estaing, qui y est envisagé comme un véritable artiste contemporain – auteur de romans, de poésies, et surtout de performances inoubliables, qui se sont inscrites dans l’imaginaire collectif. Quelque part entre Groland et Dada… »

Imagine Waking Up Tomorrow And All Music Has Disappeared

« On est très content de recevoir Bill Drummond, réalisateur du film plus connu en tant que musicien de KLF, ça fait longtemps qu’on voulait faire quelque chose avec celui que je considère pour ma part comme un des grands artistes contemporains de la fin du siècle, qui a oeuvré au coeur de la machine spectaculaire. Un véritable artiste pop dont la légende raconte qu’il aurait cramé 1 million de livres dans la forêt à l’époque de KLF… Il y a un document d’époque qui retrace cette épopée. Quant à savoir si il s’agit de vrai billets … Mais cette histoire le suit vraiment car il a commis l’un des sacrilèges ultimes : se payer le luxe de brûler ce après quoi tout le monde court, ce qui permet de vivre, et c’est une question insoluble; c’est ce qui en fait une grande œuvre. D’ailleurs Bill Drummond a toute une politique assez marrante concernant les interviews et les questions qu’on lui pose. En gros, il inverse souvent les processus. Donc il a défini qu’il accordera un certain nombre d’interviews avant sa mort. Le reste du temps, tu peux le rencontrer, mais c’est lui qui pose les questions … Et ce sera comme ça après la projection du docu … On avoue qu’on a hâte d’y être.

Marcel Superstar

« C’est un film qu’on aime beaucoup, et on a une section du festival pour ça : Le FAME VINTAGE CLUB, qui présente des films qui datent un peu mais qui méritent vraiment d’être rediffusés. Ce sont des projections gratuites, sur la plateau média de la Gaîté, dans une ambiance très relax. C’est un film très drôle, l’histoire étonnante d’un producteur, un petit bonhomme à la tête de comptable, et qui casse la baraque disco et variété. Depuis son petit magasin de Mouscron, et avec l’aide d’un ancien maître nageur, ils composent, produisent et vendent des millions de disques, de Born to be Alive à la Danse des Canards. C’est tout ce qu’on aime de cet esprit belge drôle, excentrique, un peu décalé … Le réalisateur Olivier Mossens sera là pour la projection. Et c’est un film qui est très F.A.M.E. dans l’esprit, cette culture populaire qui rencontre les rêves de gloire et de paillettes. À noter l’autre film du FAME VINTAGE CLUB, une véritable perle oubliée, The Queen, qu’on présente en première et qu’on a fait sous-titrer avec un L’histoire d’un concours de Drag Queen à New-York en 1967.

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