En novembre et décembre 1972, l’ardent soleil jamaïcain dardait ses sagittaux rayons sur les studios Dynamic Sound de Kingston où le frissonnant Winter était enregistré. Ce titre, ingrédient initial du « Goats Head Soup » dont la trouvaille est attribuée comme d’hab’ au tandem Jagger/Richards, fut en réalité jeté dans la marmite par les deux Mick de la clique stonienne d’alors. Sur cette sublimissime ballade, belle d’entre les belles, il question des émotions singulières et contrastées que suscite l’hiver. Alors que la “soupe à tête de boucs” est annoncée en réédition le 4 septembre prochain avec 3 inédits (dont l’un avec Jimmy Page), revenons sur la genèse et les exégèses de ce morceau qui secoue les cœurs comme si c’étaient des boules à neige aux flocons de larmes. 

En bref et pour la faire courte et nette, bien dégagée derrière les oreilles, si tu es comme moi, ce qui t’importe surtout à propos de Winter, c’est que ce joyau intemporel t’a saisi, chamboulé et chaviré, pour ensuite t’envahir, t’habiter et te hanter. Mais laisse-moi te raconter…

Ô coupe de cristal pleine de souvenir ;
Musique, c’est ton eau seule qui désaltère ;
Et l’âme va d’instinct se fondre en ton mystère,
Comme la lèvre vient à la lèvre s’unir.

Tu étais haut comme trois pommes, mais je sais que pourtant tu t’en souviens encore, de l’ange au joli minois armé d’une poignée de printemps qui a, en toute sauvage innocence, craqué l’allumette et provoqué en toi un embrasement des sens que tu n’as pas su nommer. Cette expérience initiatique, aux goûts mêlés de combustion et de sang incandescent, est restée gravée dans ta mémoire, même si la suite ne t’a pas forcément rendu heureux. Moi, ça m’est tombé dessus en un paradis perdu où, quand le mois d’août flamboyait, j’allais séjourner quelques maigres semaines avec ma famille et mon cousin, de quatre ans mon aîné.
Dans la maison en face de la nôtre, créchaient deux cousines d’à peu près mon âge, une petite blonde et une grande brune. Eh ouais, cousins, cousines. Les manœuvres d’approche furent lentes et laborieuses, ces filles étaient de vraies fauvesses qui nous mataient en chiens de faïence. Une année, enhardi par ses quatorze balais, mon acolyte consanguin prit le taureau par les cornes, alors qu’on jouait au ballon et que les louloutes nous lorgnaient vaguement faire, occupées qu’elles étaient à papoter de choses autrement importantes que nos vaines agitations destinées à attirer leur attention. Il leur proposa de se joindre à nous pour taquiner la baballe et, ô surprise, elles ne se firent pas prier. Pour la première fois, j’ai pu voir mon ange blond de près. Parfois, dans nos courses, des mèches de ses longs cheveux s’amusaient à effleurer mon visage, que cette brise légère faisait virer au rouge cramoisi. Mon âme tourneboulée a pris la tasse dans le bleu de ses yeux. Je n’ai pas dormi de la nuit : mon palpitant s’affolait et tout mon être bourdonnait, tandis que ma tête foisonnait d’images aussi brûlantes que platoniques. J’avais dix ans, un truc dans le genre, et quand t’es petiot comme ça, tu crois qu’une fiancée ça se choisit, pas besoin de lui demander son avis…

Les piges passaient, on grandissait, et on se retrouvait chaque été elle et moi, entre gêne et joie. Il me semblait déceler dans nombre de ses babillages de furtifs sous-entendus enjôleurs, mais j’avais pas la boussole pour la carte du Tendre. « On perd la plus grande partie de sa jeunesse à coups de maladresse », à ce qu’il paraît : j’étais dans les clous. Mon cousin, plus aguerri sur le sujet, n’avait pas traîné pour sortir avec la grande brune, qui prenait par ailleurs un malin plaisir à tenter de m’attiser ; ses appels du pied en mode gros sabots me laissaient de marbre et avaient le don d’hérisser mon ange blond. Comme quoi y avait quand même un truc. Tel le grand con que j’étais, je me disais que je finirais bien par trouver le mode d’emploi. Après tout, ma mignonne n’avait toujours pas de chevalier servant ; elle restait donc mon exquise promise. Puis vint l’été de merde dans le meilleur des mondes, et je te cause pas météo. Cette année-là, nous venions d’arriver et avions à peine fini de déballer nos affaires quand on frappa à la porte. C’était la grande brune, elle sauta au cou de mon couz. Un poil en retrait, se tenait mon ange blond, la taille prise en tenaille par les bras du garçon qui l’enlaçait et que j’ai aussitôt kiffé. Boutonneux crapaud fraîchement jailli de la mare aux connards, le mec affichait un clavier de ratiches farci de noirs bémols.
Il y avait la fête au village d’à côté et les parents des cousines se proposaient de nous y emmener avec elles. Et l’autre batracien au sourire fascinant, évidemment. J’ai dit que j’étais crevé et que je préférais rester confiné, à sloucher peinard de la zique qui serait, à n’en pas douter, bien meilleure que la mouscaille qu’ils allaient s’infliger au baloche. Ils sont partis sans moi. C’était l’été, mais j’ai écouté Winter, calquant en quelque sorte mes pas sur ceux des Stones. J’ai écouté Winter, en boucle, et j’ai pleuré. J’avais quatorze ans, un truc dans le genre, et t’as beau être un grand dadais à c’t’âge-là, t’en es pas moins apte à capter que t’as tout foiré.

And it sure been a cold, cold winter
And the wind ain’t been blowin’ from the south
It’s sure been a cold, cold winter
And a lotta love has all burned out

It sure been a hard, hard winter
My feet been draggin’ ‘cross the ground
And I hope it’s gonna be a long hot summer
And a lotta love will be burnin’ bright

« I stumble like a blind man / Can’t forget you / Can’t forget you » (Move On – David Bowie)

 Je carburais à l’alcool et au Néo-Codion à l’époque. J’en étais arrivé à un stade où ce n’était plus la tise qui faisait monter la codéine, mais la codéine qui me reboostait un chouïa, peinant à contrebalancer les effets des doses de cheval du Whisky bon marché que je m’enfilais dans le cornet. Conséquemment, c’était pas volé, j’ai fini par écoper d’un retrait de permis pour conduite en état d’ivresse, le deuxième à mon tableau de chasse. Je te passe les détails, qui ont pas fait semblant d’être glauques. Je me le rappelle bien, cet hiver-là, défiguré à l’accoutumée par des décos de Noël qui faisaient foire, et fort rigoureux ma foi. Son linceul opalin et abrasif handicapait mes déplacements, devenus fréquemment piétonniers par la force des choses. Quand je ne m’enfonçais pas lourdement dans la poudreuse, je butais contre des monticules de glace pétrifiée bien planqués bien vicelards, qui niquaient mes écrase-merde, vu que mes arpions n’étaient pas adéquatement chaussés pour de pareilles épopées pédestres. Le samedi, j’allais faire les courses, à pinces donc. Les guenilles grêlées de guillerets papillons ouatés et le visage souffleté par le vent mauvais, je me rendais à la supérette du coin, dont les abords grouillaient de marlous qui t’interpellaient en ces termes : « Hé, Machin, tu m’achètes un pack de bières ? » Et c’était pas vraiment une requête, si tu vois ce que je veux dire. Moi, j’en avais rien à foutre des menaces de ces racketteurs à la petite semaine : ils auraient bien pu me rouer de coups, j’aurais rien senti dans l’état où j’étais, la sorbonne, les tripes et la couenne réchauffées à l’antigel. Et, de fait, ils m’ont jamais fait chier plus que ça, ces têtes de nœud. J’avais peut-être aussi une tronche à faire peur, va savoir, je me regardais plus depuis longtemps dans un miroir.

Rolling Stones Revisit 1973 With 'Brussels Affair' Box Set ...Le chemin du retour était bien plus chaotique que celui de l’aller, rapport – tu t’en doutes – à mes sacs de victuailles chargés jusqu’à la gueule. Une fois, quand je suis rentré au bercail, ma femme ronronnait sur le canapé. Après avoir rangé les breuvages et la bouffetaille, j’ai filé vers l’antre de mon rejeton, dans l’intention de lui prodiguer un daronesque câlin. Pas là, l’artiste. Manifestement sorti chahuter avec d’autres nains du quartier. Il y avait sur son petit bureau une carte postale dont l’enveloppe avait été proprement dézinguée. C’était pas mes oignons, mais j’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un œil, et même les deux si tu veux tout savoir. Un de ses copains qui avait déménagé dans le sud lui avait adressé ce billet, et ce que j’ai lu m’a ému dans les grandes largeurs. Il s’agissait d’une missive d’amitié et d’adieu écrite avec des mots d’enfant d’une beauté fulgurante, qui se terminait par « Je t’oublierai jamais. » Et bien sûr, truffée de fautes d’orthographe qui comptaient pour du beurre, tant le message était touchant. Après ça, j’ai eu Winter en bande sonore mentale, façon fragments désordonnés, durant des jours et des jours. Dans les bus et les tortillards de banlieue, au burlingue, partout. Idem, en plus lancinant encore, quand je glissais vers le schloff, pas tout schuss car trop schlass. Mais tu sais très bien, même si tu es le plus velu des métalleux hardcore, comment ça s’insinue en toi, une chanson qui transpire la saudade par tous les pores. J’avais quarante-sept ans, un truc dans le genre, et je savais ce que je devais à ceux que j’aimais, à savoir un sevrage spartiate, pour ne pas dire ascétique, qui ferait que le moi qu’ils n’oublieraient jamais serait débarrassé de ses oripeaux de crevard alcoolo.

And I wish I been out in California
When the lights on all the Christmas trees went out
But I been burnin’ my
bell, book and candle
And the
restoration plays has all gone ’round

It sure been a cold, cold winter, Lord
My feet been draggin’ ‘cross the ground
And the fields has all been brown and fallow
And the springtime take a long way around

Hey, and I wish I been out in Stone Canyon
When the lights on all the Christmas trees went out
But I been burnin’ my bell, book and candle
And restoration plays have all gone ’round

« I did my best, it wasn’t much » (Hallelujah – Leonard Cohen)

Cure n’est pas sinécure. J’ai pas été tourmenté par « les habitants du placard », ces reptiles et arachnides dégueulasses qui grimpent sur le lit d’un Montand en proie à une crise de delirium tremens carabinée dans Le Cercle Rouge. Par contre, décrocher du Néo-Codion, ça a été coton. J’arrivais pas à pioncer, les membres assaillis de crampes, d’impatiences et autres joyeusetés neuromusculaires. Heureusement, à l’Institut qui m’avait accueilli, c’était le régal des papilles dès potron-minet : café au lait, jus de fruits, lomticks comacs de baguette fraîche, beurre, succulente conficonfiotte et, en point d’orgue si t’avais été sage, gourmandes viennoiseries. Et quasi à volonté tous ces délices, parce qu’il fallait que les résidents, vieux fœtus fiévreux en manque de liquide amniotique, se refassent gentiment la cerise. Cet open bar pour buveurs d’eau en devenir me changeait des lichettes de vitriol que j’avais pris l’habitude de m’envoyer en guise de p’tit-déj’, histoire de calmer mes angoisses matinales. Je trouvais également les repas du midi et du soir savoureux, riches et généreux, à la surprise générale de mes compagnons d’infortune, qui me jugeaient « pas difficile ». Je me demandais ce qu’ils pouvaient bien bouffer chez eux, ces pochetrons au palais délicat. On faisait pas que becqueter, hein, mais c’est ce qui m’intéressait le plus, en dehors de mes cathartiques moments de lecture. Des occupations à visée thérapeutique meublaient notre désœuvrement. On bavochait ou scribouillait par petits groupes animés par des psys, des infirmières, voire d’austères garde-chiourmes en écoute flottante, c’était selon. Des ateliers que ça s’appelait, ces sauteries. Et on bricolait un brin, deux paires de plombes par semaine, en s’adonnant à la saine pratique d’activités « artistico-manuelles », si ce mot-là existe. Contrairement à d’autres, j’ai joué le jeu à fond, le nez dans le guidon : je voulais vraiment guérir, et j’étais bien décidé à gravir le Tourmalet sans me ramasser. Rechute interdite. « T’avise pas de déraper dans le ravin aux poivrots » était mon seul credo. Je me suis confessé et reconfessé, et j’ai même confectionné une BD en gravure sur bois dont j’étais pas peu fier, Jennifer. Si tu viens chez moi, je te montrerai la gueule qu’elle a, ses pleins et ses déliés, ses parts d’ombre et de lumière, tout ça. Et j’en profiterai pour t’expliquer à quel point une parenthèse monocale est propice à chasser les démons qui grignotent ta boîte crânienne pour sucer ta cervelle.

Pin en to view: oddities & characters.Le week-end, on avait des perms, qui pouvaient nous être sucrées si on déconnait, intra ou extra muros : c’était le deal avec nos kapos en blouse blanche, l’éthylotest jouant les juges de paix. N’empêche, il se posait là, le contingent de dégénérés qui replongeaient à l’occasion de ces faméliques escapades. A l’inverse de cette engeance décérébrée, j’étais droit dans mes bottes, raide comme la justice, et pas une seule fois je n’ai trébuché. En revanche, c’est vrai qu’elles étaient déroutantes, ces autorisations de quitter notre « Hotel California ». Le samedi vibrait de sensations inédites et agréables, mais dès le dimanche matin, le compte à rebours démarrait, et tu te mettais à cafarder. Je me levais le premier, bien avant les lueurs liminales de l’aube, cet or du temps, esclave consentant de mon nouveau rythme de vie. Avant ma première clope, j’avais besoin d’engloutir un succédané des denrées qui m’étaient servies au centre de désintox. Je trouvais tout ce qu’il me fallait dans la cuisine, ma femme y pourvoyait. Quand mon ventre cessait enfin de hurler, une pulsion me susurrait à l’oreille « Time takes a cigarette, puts it in your mouth » et, joignant prosaïquement le geste aux paroles en parabole de Bowie, je remerciais ce dernier pour le fatalisme de sa formule, propre à disculper les escamoteurs de clous de cercueil de mon acabit. L’esprit embrumé et la psyché enveloppée dans de vagues volutes voguant à vue, je donnais libre cours à ma pensée errante. Des flashs décousus et sans transitions, pas de quoi écrire une thèse, fût-elle disruptive. Comme l’aurore pointait craintivement, je commençais à discerner, à travers la baie vitrée du salon, les étendues de neige qui habillaient notre jardin et le parc attenant. L’heure était alors venue de faire chauffer mes écouteurs en buvant Winter au goulot, jusqu’à plus soif. Et là, pendant qu’une intense piloérection me gagnait, mes rêveries vagabondes laissaient place à des cogitations encore un tantinet effilochées, mais suffisamment concrètes pour t’être ici contées.

« Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents. » Une soignante m’avait glissé ça en loucedé, à l’issue d’une de ces séances de soi-disant blablatage. Elle m’avait scié : et d’une, je ne connaissais pas cette citation d’Hugo, et de deux, elle avait, l’air de rien, appliqué un peu de baume sur certaines de mes vieilles blessures. Tu trouveras ci-après, cuisinées à la sauce pseudo-littéraire, les pattes de mouche des nébuleux phylactères qui s’échappaient en moutonnant de ma cafetière quand je songeais, la bouille enfarinée, aux mots si forts de mon gars Victor. « J’ai parfois envie de faire brûler un cierge pour toi, Papa, mais tu ne croyais pas en Dieu et, comme par hasard, je n’y crois pas non plus. » « Cela dit, si je franchissais un jour le Rubicon agnostique pour la beauté du geste, je sais que ça te ferait marrer mais que tu comprendrais, me reluquant de là où tu ne peux pas être. » « Ma première femme se sentait apaisée quand on allumait une bougie devant la statue de Rita, la sainte des causes désespérées, en son église du quinzième arrondissement de Paris. » « Je me pliais de bonne grâce à ce rituel, qui redonnait des couleurs à ma dulcinée. Le Crabe l’a pourtant elle aussi emportée, là où tu n’es pas, Papa. » Puis, après avoir prié mes chers fantômes du Boulevard des Allongés, j’en revenais aux vivants, ma femme et mon fils, ces moteurs de mon combat du moment qui, pour l’heure, en écrasaient toujours méchamment. Il caillait pas dans l’appartement, mais ça me chatouillait d’aller dans leur chambre, pour couver du regard leur précieux sommeil et remonter leurs couvertures afin qu’ils aient bien chaud. Je l’ai jamais fait, de crainte de les arracher des bras de Morphée.

Sometimes I think about you, baby
Oh, sometimes I cry about you, Lord
Yeah, and I wrap my coat around you
Yeah, I wrap my coat around you

Yeah, I wrap my coat around
Baby, Lord, sometimes I wanna keep you warm
Sometimes I wanna wrap my coat around you
Sometimes I wanna burn a candle for you

Sometimes I wanna wrap my coat around you, Lord
Sometimes I wanna burn a candle for you
Guess I wanna keep you warm, warm, warm
Sometimes I wanna wrap my coat around you, Lord I cry
Yeah, sometimes I feel so…

J’avais toujours quarante-sept ans, un truc dans le genre, et je phosphorais ainsi soli solo, les méninges perchées quelque part entre la stratosphère et l’exosphère. Je me projetais, confusément exalté, dans un avenir radieux où j’emportais les miens sur mes ailes de géant, en un éden sans paradis artificiels, dont l’été entêté ne savait vaciller. Le jour encore jeune dessinait ses nuées et vagues lactées, je m’étais gorgé de Winter, et je n’avais pas envie d’avaler autre chose. Le décompte dominical allait sous peu s’égrener plus zoum, rosaire de misère…

“Goats Head Soup” sera réédité le 4 septembre prochain en version CD/K7/ Vinyle avec 3 inédits et moult alternative takes.

12 commentaires

  1. Et j’ai toujours aimé Jaggers car à moi aussi ça rappelle plein de souvenirs 🦋🦋. Michel, petit écorché de la vie, j’aime ce que tu écris, et avec délectation je te lis, car toujours tu vis et toujours tu écris ou vice versa ❤️. Je suis partante pour avoir la chance de voir un jour ta BD 😊 et commentée par toi en live !

  2. j’suisse un dezingueur de caddettes, en dortoires, le doight avec un manche greffé, çà rallonge le plaisir des sockettes blanches.

  3. Michel, merci de partager ton univers. C’est très émouvant. De toi, je me rappelle bien notre époque heureuse où le rire était bien présent dans notre petit groupe au RDC à Challenger. Tu as probablement oublié, mais moi ça me fait de bien beaux souvenirs malgré le Winter de Stone a traversé chacune de notre vie..

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