On a beau savoir. Qu’il y a de bons écrivains, qu’écrire est un métier, que ça ne s’invente pas, parfois, quand on achève un roman comme ça, on a ce petit hochement de tête genre « ah ouais. Quand même ». Parce que voilà, on le sait, être écrivain, c’est autre chose que passer ses soirées à des cocktails guindés à St germain et sur les plateaux d’émissions littéraires qui donnent envie de bailler et plus de jouer à des jeux de rôle en ligne que lire.

Mais quand même. Virginie Despentes, c’est un de ces écrivains devenus rare, au XXIe siècle. Un de ceux qui sait écrire, mener son sujet, balancer un pavé de 400 pages dans tes petites dents de lecteur nourri à de la vieille compote rance. Nul emprunt à l’excellence suprématie américaine, chez Virigine Despentes, fait assez rare pour être souligné. Elle écrit, c’est tout, et elle écrit très bien. Si son pitch a l’air en fait bien plus embrouillé qu’à première vue, s’il faudra attendre un moment avant d’avoir le fin mot de l’histoire, ça n’en est que meilleur. Virginie Despentes a beau utiliser des gros mots et dire « meuf », elle a écrit un Grand Roman classique à la Française. Non, je vous épargnerai les allusions à Balzac, ça aurait tendance à faire fuir le chaland, et ça serait dommage. De balzacien, il n’y a que cette putain de maitrise parfaite et ces mécanismes huilés, ces personnages qui s’additionnent et finissent par se recouper autour d’histoires communes. Pour le reste, c’est du Despentes, et du très bon, bien meilleur que celui qui s’est vu couronné de prix littéraires mainstream, Apocalypse Bébé, et qui laissait un goût d’inachevé sur le bout de la langue.

vernonsubutex1Revenons à notre Vernon, ancien disquaire qui se laisse glisser dans la dèche comme un raton laveur dans une décharge à ciel ouvert, Vernon, centre d’une histoire de vie, de mort, d’embrouilles et de vieilles retrouvailles. Un ami de jeunesse lui laisse un enregistrement testamentaire, ami de jeunesse devenu énorme vedette de la chanson française qui meurt d’une overdose. Avec ces cassettes sous le bras, Vernon part en quête de canapés où dormir, de lits à squatter : on l’expulse de chez lui, bienvenue dans le jeu de l’oie du toit pour le soir et des rencontres étranges. Entre vieux potes de musique devenus des quadras et des quinquas plus ou moins bien dans leurs vies, et potes de potes plus ou moins accueillants, Vernon déambule, jusque dans la rue. Il faudra attendre deux tomes supplémentaires pour savoir le pourquoi du comment, avoir le dénouement. C’est à la fois frustrant et agréable, l’histoire s’installe, les personnages s’incarnent et se déploient. Virginie Despentes excelle dans l’art de développer une galerie de portraits de gens, du trader cocaïné au vieux biker qui tabasse sa femme, du petit bobo de droite sur les bords à la vieille SDF fille de gaucho, de l’ancienne hardeuse au trans FTM, ces gens évoluent, apparaissent, vivent avec une simplicité touchante. Pas d’effets de manche dignes d’un prestidigitateur sur D8, mais plutôt la sobriété élégante de celle qui a l’habitude de promener des miroirs sur le bord des chemins.

Patience donc, puisqu’il faut attendre la suite et avoir le dénouement. Patience, mais est-ce, dans le fond, ce qui compte le plus ? Savoir qui a fait quoi et pourquoi on recherche tant ces enregistrements ? Pourquoi on veut retrouver Vernon qui a le chic pour disparaitre plus vite que la lumière et aller se fourrer dans une nouvelle situation rocambolesque ? Est-ce que ce qui n’est pas le plus agréable, c’est l’histoire, elle-même, ces portraits, ces gens qui vivent dans le Paris qu’on connait, entre inégalités, discours raciste, colère, misère sociale, bobos tranquilles et tout le reste ? Nous retrouver un peu, nous aussi, reflétés dans ce miroir là ? Virginie Despentes a toujours su écrire, distiller des émotions dans des propos plus génériques, des réflexions intellectuelles dans la masse de l’histoire, des punchlines dans la narration. Dans Vernon Subutex, Virginie Despentes semble s’éclater dans un style qu’elle maîtrise à la perfection.

Virginie Despentes // Vernon Subutex 1 // Editions Grasset

17 commentaires

  1. Une vraie merde. Mal écrite, non relue avec en plus des fautes d’orthographe. Clichés sur clichés avec des longueurs. Quand je voie qu’on la compare avec Houllebecq, qu’elle honte et quand je pense qu’elle gagne de l’argent avec des merdes pareilles, c’est décourageant. Contente d’avoir empruntée le livre et non de l’avoir acheté.

    1. Tu es marrante , ton seul commentaire est bourré de fautes … la paille et la poutre chère amie …. oui elle gagne de l argent mais ses livres ne sont pas des merdes et jusqu à preuve du contraire tout travail mérite salaire .

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