Quiconque ayant pointé son museau dans les soirées parisiennes aura pu constater à quel point les groupes de synth pop pullulent dans cette ville. La faute à la chanson française actuelle imbuvable, cette ancienne mouvance underground retrouve de sa vigueur d'antan auprès de notre jeunesse gauloise. Preuve vivante du renouveau de cet art mort : Violence Conjugale.

Chaque année que Dieu donne, ma tante Sylvie, une femme très gentille et bienveillante, se résout à m’offrir pour mon anniversaire le même présent : un parfum. Dans le type myrrhe et encens, cela dure depuis l’apparition de mes premiers poils pubiens. Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe quel genre de parfum. Ici, on évoque ceux qui exhalent une odeur de vaporisateur de toilette en spray. À mon goût, plus nauséabond que l’odeur de l’étron en personne. Une émanation ressemblant étrangement à celle que portent certaines nanas dans le métro aux maquillages outranciers et aux tenus tapageuses. Une fois le relent atteignant mes naseaux, je bloque ma respiration quelques instants et me retrouve dans l’obligation de changer de wagons à l’arrêt suivant. Rater son effet est une chose bien commune : cela arrive aux meilleurs, et aux moins bons.

Plaisirs solitaires

L’album éponyme de Violence Conjugale provoque en moi cet effet d’apparat manqué. Commençons par le nom. À la vue de ce disque, le tout venant s’écrira « Violence conjugale ouais je connais, c’est un groupe de cold/synth/pop/wave/pouet des années 80 ». Mais quelle aurait été notre erreur : si les sonorités sonnent datées, la date de production nous apprend que ce groupe nous est contemporain. Afin d’alimenter le jeu de dupe, la pochette réalisée par Bazooka empuantit délibérément l’inspiration d’époque. ( Note Icono : Martin Dupont, Kas Product...). Rien d’étonnant donc dans le fait que Born Bad Records ait choisi le collectif punk jusqu’auboutiste, inventeur du graphisme Cyberpunk et Növo, pour collaborer sur l’aspect graphique de la chose. Bazooka, après tout, représente ce mouvement. Manque plus qu’Agnès b. organise une expo en réunissant tout ce beau monde et la boucle sera bouclée.
Concernant les chansons, même topo. Tous les ingrédients d’une recette coldwave mijotée à point sont réunis : Synthés séquencés en arpégiateurs, voix de gorge contrainte et des titres, tels que Cobalt 56, KGB, Blitzkrieg, aux résonances typiquement coldwave.

Trente ans en arrière, la sauce prenait. Aujourd’hui elle est périmée. Indigestion inéluctable. Les fielleuses bactéries ne meurent pas une fois passer au micro-ondes. Se risquer à faire du réchauffé n’est pas souhaitable. À moins d’avoir quelqu’un à empoisonner.

La tambouille de Jacno, Trisomie 21, Guerre Froide et d’autres flirtaient avec le risible tout en produisant une musique innovante et de qualité. Cet acte dérisoire mais profond appartient à une époque. S’y frotter en tentant de l’imiter reste d’une incohérence insondable. Pourquoi préférer écouter la contrefaçon à l’originale ? J’exclus ici les personnes achetant des montres Ferarra et des sacs Luis Buiton. Je vois déjà certaines langues perfides tentant de me prouver par a+b qu’il est impossible d’être vierge et sans racines.

Certes. Bien qu’il soit inévitable de pondre une musique sous-influences, le minimum devrait être d’y apporter une valeur ajoutée. C’est précisément là où Violence conjugale échoue. Bien que pas désagréable à l’écoute et même franchement dansant s’ils restent anonymes ; les Violence Conjugale posent un problème symptomatique de notre époque. Si il avait s’agit d’un groupe des années 80, j’aurais probablement reconsidéré la chose et émis un avis plutôt favorable. Que Born Bad Records réédite des compilations comme IVG, BIPP ou même Stephan Eicher est une chose profitable et salutaire pour ceux qui (re)découvre ces groupes. Face à des faiseurs comme Violence Conjugale, le scepticisme est de mise. Comme le dit le groupe: « 1, 2, 3, dans ta gueule, 1, 2, tu l’as bien cherché, 1, 2, tu fais moins le malin, 1, 2, 3, tu vas crever. »

Violence Conjugale // Violence Conjugale // Born Bad Records
http://www.myspace.com/violenceconjugale

11 commentaires

  1. Il est pourtant sympa ce disque: il est froid, synthétique et en français. Pile comme je l’attendais.
    Après, je sortais de l’écoute du dernier Beach House… Mais quand même.

  2. bah oui c’est une blague, un fake…..une caricature d’une certaine new wave à la française dans une période ou le moindre gogolus qui a sortie une K7 tirée à 2 exemplaires dans les 80’s se voit gratifié d’une réédition qui fait l’admiration de tous.

  3. Perso, j’aime ces chroniques qui taclent un peu et sortent des sentiers ultra battus. Un seul problème : j’ai écouté Violence conjugale (en vinyle svp!) et ce disque me parle. Je l’ai pris au second degré, et le synthétique à la Kas product allié à des textes parfois comiques m’ont plu. Pourquoi? ben ça vous regarde pas, les mecs. Je kiffe les VC. Point. Alors merci Born bad.

  4. Ce n’est pas une réédition, tout simplement ?
    Genre, ce disque a vraiment été produit dans les années 10 ?
    J’ai dû mal à le croire.

  5. hahhahaaaa!!!!
    c’est de la grosse merde !!! mdr!!
    Pour les avoir vu, lors de la soirée LES JEUNES GENS MODERNE, le mec Laurent est vraiment une theu-pu!!
    Il parle mal de tout le monde et en plus il parle fort, il postillonne, et sens la vielle chaussette de la 3eme mi-temps!!
    une HORREUR!!!
    En Belgique, on déteste les imposteurs!!! faux groupe des 80’s , qui essaie de surfer sur la vibe depuis toujours, en manquant systématiquement la Vague!!! La Wave!! lol!!!!

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