Depuis presque 40 ans, Wayne Coyne aboie dans le désert des inepties premier degré tellement dingues qu’on a du mal à comprendre que tant de fans parviennent à gober sans pouffer ces métastases de bonheur saoulant. De ce point de vue, le quinzième album « King’s Mouth « prévu pour le 19 juillet confirme tout le mal qu’on pensait de ce groupe trop bien pour être honnête.

Filez un micro à un canard, faites lui boire une bouteille de whisky par un entonnoir et dégonflez simultanément trois ballons de baudruche chopés chez McDonalds ; voici en une phrase un bon résumé du son Flaming Lips, rien de plus qu’une énorme bulle spéculative entretenue par quelques chroniqueurs puceaux et une armée d’auditeurs s’étant enfoncé un peu trop profond deux bouteilles de déboucheurs d’évier.

Résultat de recherche d'images pour "flaming lips king's mouth"La première fois que je les ai vu sur scène, ça devait être en 2001. Le groupe n’avait pas encore sorti son grand standard « Yoshimi Battles the Pink Robots » ; Daniel Johnston n’avait pas encore été réhabilité par ceux qui rêvèrent un jour de faire carrière dans la psychiatrie et chanter faux était encore cool. Sur scène, Wayne Coyne tripotait déjà des ballons de toutes les couleurs et pour peu, on aurait presque cru à un spectacle de cirque avec cracheurs de feu et figures de style avec des cerceaux. Les fans avaient l’air heureux, jusqu’à l’abrutissement. Le show se terminait dans une pluie de confettis sur lesquels certains eurent envie de vomir, histoire d’enrichir la palette des couleurs.

L’équivalent du film Bob l’éponge bruité à la bouche par des Beach Boys en apnée.

Mettons de côté les histoires parallèles et autres analyses de textes par des étudiants de la Sorbonne ; Flaming Lips, depuis ses débuts en 1983, livre une espèce d’escroquerie inexplicable composée de boursouflures gazeuses à côté desquelles même le Pétomane passerait pour un chef d’orchestre. Qu’ils reprennent les Beatles (« With a little help from my friends », 2014), la mettent vocalement un peu en sourdine en réussissant à inventer des mots à placer au Scrabble (« Oczy Mlody », 2017) ou même, plus loin, inventent des concept albums de rock pour clowns (« The soft bulletin », 1999), ces « dingos de la pop » – comme les qualifient souvent les journalistes qui doivent quand même bien se faire chier le dimanche – semblent avoir réussi l’exploit de passer du bon côté de la ligne alors même que leur discographie écoutée en accéléré donne l’impression d’un immense vide, à peine l’équivalent du film Bob l’éponge bruité à la bouche par des Beach Boys en apnée.

Sans trop spoiler le prochain très moyen-métrage intitulé « King’s mouth »[1], un conte musical pour vieux enfants avec Mick Jones des Clash dans le rôle du storyteller, disons que ce sera une énième piqure de bonheur pour tous ces gens qui, en concert, vous emmerdent à se donner la main en dodelinant avec leurs pulls en coton noués autour du cou. Décrit ça et là, partout où les nostalgiques de La petite maison dans la prairie recopient les communiqués de presse sans lever la tête, comme une « aventure psychédélique », ce quinzième album régressif est pourtant, comme les précédents, une musique de croisière dans un univers en béton. Un objet de discussion incolore pour ceux qui pourraient tout aussi bien digresser sur la conservation des aliments dans des bocaux que sur l’importance du carton-pâte dans la décoration cinématographique.

Evidemment, ce papier ne résoudra rien. Les fans continueront d’aimer cette soupe auditive à écouter en tricotant des petits pulls écolo-responsables, les autres trouveront peut-être dans ce papier défouloir un motif de satisfaction dans leur détestation pudique des parodies de chansons de Coyne. N’empêche : si chanter le réel peut certes s’avérer décevant, vouloir à tout prix faire l’inverse et écouler des tours de magie aux orphelins de la pop culture, trop vieux pour avoir connus Van Dyke Parks, est un vrai mensonge. Le même, finalement, que le rêve vendu chez Eurodisney quand, au prix d’une journée épuisante, les touristes finissent par haïr les mélodies du bonheur crachées par les enceintes en plastique d’une multinationale dont le seul but, in fine, reste de vous fourguer des peluches à 50 € fabriquées par les enfants du tiers monde.

Que quelqu’un retrouve les clefs de ce gigantesque parc d’attractions et y enferme les Flaming Lips, Mercury Rev et Grandaddy puis jette le trousseau au fond d’un puits afin que les années 90 meurent en silence, et avec elles cette pop à la Tanguy qui refuse de grandir et de quitter ses parents. Et quant à vous, achetez-vous une vie ; il y a des promos sur internet.

Flaming Lips // King’s Mouth // Sortie le 19 juillet chez Bella Union
http://www.flaminglips.com

[1] Soyons cléments : deux chansons du prochain album méritent quand même d’être sauvées, Feedaloodum Beetle Dot et Electric Fire.

19 commentaires

  1. Article 100% validé. Y compris Grandaddy (vu à Rock en Seine en 2012 je crois, une putain de purge bordel .. alors qu’en CD, ça passe crème)

  2. pas deadjah sorti 7 LP pour le rsd rentre chez toi, d copains de brixton avait niquer leur PA dans un club & piquer des micros… Le COYNE avait payer a boire & quelques vraies microdot ( … )

  3. Et pan dans la gueule !!
    Et comme on est dans la méchanceté gratuite j’avoue que les MGMT et autres Modeselektor me sortent par les trous de nez.
    J’arrête sinon ma e-reputation va perdre des points…
    Ah si quand même L’Épée (Emmanuelle Seigner, Anton Newcombe, Lionel & Marie Limiñana ) la dernière arnaque qui va faire mouillé les culottes du cotés des inrocks, je leurs pisse à la raie, voilà c’est gratuit.

  4. Ils étaient là bien avant vous et, soyez en assurés, ils seront encore là bien après. Sinon essayez d’écrire des articles après avoir fait caca et non avant, y’a comme une vieille odeur de merde…

  5. Troll ALert ! Do not feed !

    Mon rêve à moi c’est de voir crever ces webzines ringards peuplés d’incapables barbus qui vivent à trois dans des T2 près de la colline du crack et qui vivotent en faisant de la provoc gratuite. “Je suis tellement iconoclaste.”

    Bester c’est pas le parasite opportuniste à demi déficient mental qui avait écrit (façon de parler) un court essai politique en 2012 (pour passer sur canal +) et qui travaillait dans ce torchon pubard de Technikart !

    Je me suis toujours demandé comment ces gens pouvaient vivre sans devenir alcoolique.

  6. Titre de l’article racoleur même pas drôle. C’est pas le premier les gars cet an-ci ( cf. ceux sur Clapton et Demorand) ça commence à craindre côté “ligne éditoriale”, d’autant que la prose ridicule et sans humour qui suit le titre en forme de réclame n’explicite en rien l’invective. Dans le genre je préfère la lecture du “Parisien Libéré”, les chats écrasés y sont parfaitement assumés.

  7. ça nous change des textes lénifiants qu’on peut lire partout
    Evidemment que c’est gratuit et sans recul
    ça nous changera des articles qui ne font que recopier l’article de presse fourni par le label, storytelling à l’appui pour que l’artiste nous soit “authentique” (suivez mon regard).
    Bester tu m’enerves souvent mais là je suis de tout coeur avec toi mon petit loulou.

  8. C’était pour dire rien du tout.
    Quand on retire toutes les métaphores haineuses de cet article, il ne reste plus rien. Faites l’essai !
    Vous lirez “j’aime pas, je veux pas aimer, et j’aimerai jamais”, comme un enfant de trois ans devant des légumes qui lui feraient pourtant du bien.
    Une chronique musicale qui ne parle pas de musique. Une allergie au bonheur. En effet, ce papier ne résoudra rien.

  9. Plus la musique est insipide et plus les commentaires sont agressifs
    Bizarre.
    On peut reconnaitre à ce groupe qu’il a essayé des choses expérimentales
    Peu-être que pour survivre il ont du revenir dans un mainstream qui ne dit pas son nom…

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