Trois quart des chroniques de disque essaient de vous refourguer des histoires qui n’existent pas. Plutôt que de vous revendre encore une fois la même soupe avec trois pauvres connards ayant décidé de poser devant l’objectif avec des T-Shirts pourris pour oublier pendant un an ou deux qu’ils finiront comme tout le monde vieux, cons et racistes, voici un papier sur Polygorn, un groupe de basques qui vient de sortir un disque bien.

Excusez-moi d’aller à l’essentiel, il est déjà 23H53 à ma montre et à force de lire des papiers torchés n’importe comment par des rédacteurs – j’arrive pas à savoir ce qu’il peut y avoir en dessous de rédacteur – complaisants qui font le limbo intellectuel pour éviter d’avoir à appeler un chat un chat et un disque de merde un disque de merde, je finis par en oublier toutes les règles de la chronique moderne.

Un. J’aurais du faire une introduction avec un jeu de mots pourris sur le groupe pour asseoir mon intelligence, puis j’aurais raccroché les wagons avec un peu de factuel type « forme en 2012 à Cambrai Machin et Truc se lancent aujourd’hui dans le krautrock périgourdin ». Deux, j’aurais du embrayer avec un fainéant track by track où j’aurais égrené un à un tous les titres du disque pour prouver à l’attaché de presse que j’avais bien fait mes devoirs de mec qui bosse le dimanche soir gratos. Et trois, j’aurais conclu ce papier mal branlé par une chute bouclant le début d’une histoire dont, soyons franc, personne n’a rien à foutre.

Si je vous dis tout ça en moins de temps qu’il n’en faut pour jeter le dernier – on espère – disque de Perez à la poubelle, c’est parce que ça fait plus d’un mois que je n’ai pas écrit sur un disque qui m’ait donné envie de me relever la nuit ; et que si on attend que ces bandits manchots de Monte Le Son sur France 4 nous disent quoi écouter, on sera tous morts enterrés à la sulfateuse. Cette dernière phrase n’a aucun sens ? C’est pas grave. Le disque de Polygorn n’est peut-être pas le disque du siècle, mais vous ne le verrez jamais en devanture chez ces mélomanes grassouillets financés par le service publique. Il y a un son de basse à la New Order, une batterie disco façon DFA, un nom bizarre et pas franchement vendeur qui m’évoque Polyrock et des synthés zombies à la Zombie Zombie (oui j’ai fait une répétition de style, et je t’emmerde). Plutôt que de tenter des variations sur la biographie en tentant de vous faire croire que je l’ai pas lu alors que je m’en suis fortement inspiré, la voici en copié-collé :

« Avec comme mot d’ordre « space is the place », les 4 basques (…) se sont lancés dans une quête stellaire qui tutoie les travaux récents de James Holden et Etienne Jaumet mais aussi les légendes Kraut tels que Can, ou Neu avec une approche rythmique décomplexée évoquant les sonorités vaudous de l’orchestre Poly-Rythmo de Cotonou. Une belle surprise qui devrait ravir les noctambules comme les amateurs de musique psychédélique et tête chercheuse ».

Bon. Même la biographie raconte 50% de conneries. En vérité, aucun des morceaux n’arrive à la cheville du premier, Peter Monkey, 47 vues sur Youtube au moment où je vous écris et néanmoins idéal pour un mix dans une boite de province où les gens vous réclament du Madonna et du Noir Désir (riez pas, j’ai testé). L’ensemble s’écoute tout de même facilement aux heures de pointe en open space, en dépit d’un deuxième titre (Naked Unicorns) qui débute comme une insupportable sonnerie de téléphone. Bon voilà, je crois que j’ai fait le tour. Ah, j’oubliais. Si comme moi vous trouvez que Giuseppe Arcimboldo est archi surcoté avec ses putains de peintures à bases de légumes, la pochette est affreuse.

PS/ Cette chronique a été écrite en 15 minutes montre en main, preuve qu’il n’y a pas besoin de perdre trois heures avec des poses de poète maudit et des mots compliqués pour écrire un papier pourri.

Polygorn // Debut Album // Moï Moï Records

4 commentaires

    1. C’est une très bonne question… tu penses qu’il faut que je consulte un spécialiste ? Tu penses qu’il faut que je tienne compte de ton avis, Clitoritruc ?

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