Lorsqu’un photographe décide de se lancer dans la chanson, rien à faire: on tombe direct dans les clichés et les jugements faciles comme si… Nous étions Dieu. La bobine à peine voilée, le poulpe cause sans le mitrailler du deuxième tirage discographique de ce dandy noir et blanc. Son objectif : trouver le bon angle d’approche pour tenter de convaincre sur le pourquoi du (Nicolas) Comment.

Il aura bien fallu attendre une semaine pour que le poulpe daigne étendre un tentacule distrait vers le LP noir et blanc posé en vrac sur la table du salon. Le recto face de dandy affiche la belle petite gueule de celui qui s’appele Nicolas… comment ? Connais pas… Rien que le blase déjà. Tout cela ne m’inspire pas la confiance nécessaire pour imaginer que ce disque puisse être autre chose qu’une énième production franchouillarde à ranger dans les quotas merdiques qu’on nous impose régulièrement. Et voilà que je suis déjà négatif, mon mal de bulbe revenant comme un syndrome chinois lorsque j’insère la galette d’Alu dans le lecteur.

Des synthés Vintage en révélateur

La première écoute coule sans trop accrocher, comme un manque de gel fixant. Nous sommes en présence de chansons à texte, récitées d’une voix mâle, posée et sensuelle. Les synthés vintage associés à une ryhtmique pop über-alles posent le décor sombre de paroles qui semblent tout d’un coup plus intéressantes que leur accompagnement … « à point, saignante ou bleue … ouverte … je te veux » C’est bien dit, bien balancé, l’ambiance underground s’installe petit à petit dans les frasques d’un couple libertin où le sado maso, la soumission sont la norme.
C’est après plusieurs écoutes que les différents plans se dévoilent graduellement aux travers de clichés taillés pour une exposition. Comme un vernissage musical improbable au fond d’une impasse empruntée lors d’une promenade nocturne involontaire. Je te veux, Nous étions Dieu, L’attendue, Campagne Dernière sont les titres les plus représentatifs, noirs et mystérieux de cet album photo qui n’en est pas un. Le poulpe a fini par en apprécier la substance, à en dégager les différents composants chimiques pour se fondre dans un bain de révélateur quelque part jouissif. Nous étions Dieu s’apprécie seul, par temps gris ou la nuit, stimule l’imaginaire en me laissant dans une béate introspection. Paix à son homme.

Nicolas Comment // Nous étions Dieu // Kwaidan (sortie novembre 2010, ça vous laisse le temps de baver ou d’encenser l’artiste)
http://www.myspace.com/nicolascomment



11 commentaires

  1. Le Poulpe, tu m’étonnes beaucoup!!
    Il ne faut pas exagérer. Prendre des airs mystérieux n’est pas forcément synonyme de talent. J’ai acheté ce disque et je suis très, très déçu. Certes, il y a quelques bons jeux de mots mais je ne vois rien de décoiffant. Nicolas Comment m’a enfumé l’esprit de sa voix monotone. J’ai soudain eu envie de réécouter du bon Gainsbourg pour stimuler mon imaginaire.
    Les clips de Comment sont du même niveau que sa musique: prétentieux. C’est toujours la même histoire: « la femme est une créature dangereuse et fascinante.. Hou… ». C’est un peu raté quand la meuf ressemble plus à Cher qu’à Brigitte Bardo…
    Amateurs de sado-masochisme: Comment ça fouette mollement

  2. Yo show bise. Désolé pour le long temps de réponse, je viens juste de réussir à me détacher du radiateur, ma gonzesse m’a lâchement oublié en allant bosser. Juste le temps de panser mes plaies et je suis à toi. Non mais franchement, je suis étonné moi-même que tu sois étonné ! Je n’ai amais été le promoteur attitré du sado maso en France !?? Et je n’ai franchement pas ressenti ma chronique comme étant orientée en ce sens. Du coup, si c’est ça qui te fais kiffer, tu dois être sacrément déçu. Je raconte plus mon rapport à ce disque à un moment précis, justement par un temps gris comme aujourd’hui, avec l’automne en plus (à l’époque). Je ne parle pas de talent et encore moins de Gainsbourg. Ce qu’il y a, pour moi, de supra gonflant, ce sont justement ces références obligatoires à Gainsbourg etc. J’essaie de m’en détacher le plus possible sinon on ne parlerait plus de rien, on arrêterait de faire de la musique … non c’est gonflant. J’ai écouté l’album là encore une fois, mon avis ne change pas même après avoir écouté 300 albums depuis. Ce n’est pas un album qui fouette ou qui fait mal c’est un album qui « s’apprécie seul, par temps gris ou la nuit, stimule l’imaginaire en me laissant dans une béate introspection.  » Paix sur toi … Sur ce, j’ai du boulot, j’ai une étude à faire sur la Sehnsucht dans l’Art de Keen’v.
    Je ne te propose pas la bise,
    Quelques morsures bien saignantes amigo

  3. Des morsures de ta part, ça va, c’est plutôt flatteur. En fait quand je parlais de trip sado-maso, je ne parlais pas de ton état d’esprit mais plutôt de celui de Nicolas Comment. Je ne suis pas adepte du tout. Quant à Gainsbourg, certains critiques n’ont pas pu s’empêcher de l’évoquer en parlant de cet album et je trouve ça exaspérant. Comme si pour avoir quelque légitimité musicale en France il fallait absolument être affilié au grand Serge ou bien à Bashung. Nicolas Comment pousse son public à raisonner ainsi. Ses interviews ne sont qu’un tissus de références intellos. A croire qu’il a du mal à exister sans ces béquilles.
    Je n’irais pas dire que c’est nul mais sa musique n’est à mon avis quand même pas une révélation. Ca fait un peu planer mais ça reste de la masturbation intellectuelle qui je pense aura du mal à dépasser les micro-sphères parisiennes.

    Sur ce je m’en vais préparer un bon vieux steack tartare

  4. @Show bise : oui oui je suis dans le fond assez d’accord avec toi même s’il y a des choses que je trouve étrange. Pourquoi as-tu acheté l’album si tu n’aimes ni la personnalité ni la musique de Comment ? Perso, je n’ai pas le goût universel, je respecte ceux des autres même si c’est dur aussi pour moi des fois ah ah … Avec Comment on est dans la musique minimaliste, des mots posés sur quelques notes donc pas de quoi fouetter un chat, ça créé quand même un univers libre d’appréciation. On m’a dit la même chose avec Sherry LeBlanc, « ça ne casse pas trois pattes à un canard … » Ben oui mais des fois ça fait du bien, enfin pour moi. Pour cette chronique je me suis dégagé de la personnalité de l’artiste et surtout de ce qu’on avait écrit à son sujet et au sujet de l’album, je déteste être influencé autrement que par moi-même ! Pour terminer, effectivement ce n’est certainement pas l’album de l’année. Si on devait chroniquer que ce qui paraît être le must, on ferait deux (voir trois) chroniques par an à mon avis. Ce qui n’empêche que je suis toujours sincère avec ce que j’écris et la façon dont je ressens les choses.
    Moilà, bon we amigo

  5. Cher Poulpe,

    pour répondre à ta question, je m’intéresse à la chanson française et j’aime me laisser surprendre en achetant un album -sans l’avoir écouté- après avoir lu une bonne chronique. Par ailleurs comme j’aime beaucoup Gainsbourg et comme quelques personnes l’avaient évoqué après écoute du disque, j’étais très curieux.
    Voilà les raisons qui m’ont motivé à acheter cet album. J’en ai plein d’autres comme ça chez moi. C’est comme les livres. J’explore, je me renseigne. La couverture me plaît, j’ai lu une bonne critique.. alors j’achète. Dans l’espoir de tomber sur la merveille.
    A part ça, même si je ne suis pas toujours d’accord avec toi, j’ai beaucoup de plaisir à te lire.
    Bonsoir

  6. Merci showbise, ton message fait du bien quelque part et pas seulement à mes tentacules suintant l’encre mélomaniaque. Tout ça donne sacrément envie de continuer à badigeonner la toile à tous les Gonzaï boys en girls en espérant faire mouche sans trop décevoir.
    Big bisou man

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