Le Crabe en pince pour moi. Avec son anus sanguinolent et sa démarche foireuse, toute de traviole, il a entrepris l'ascension de mes organes internes. Tel celui des Chants de Maldoror, il m'a pour ainsi dire investi par le fondement, a pondu son œuf empoisonné et a semé partout où il le pouvait ses petites chiures vénéneuses. À la surprise générale, mes poumons embrumés de fumeur invétéré l'ont débecté et ça a mis un terme à sa tortueuse grimpette. L'annonce d'un cancer, c'est une tempête sous un crâne. Dans mon cas, ce furent aussi des flashs musicaux, comme autant de réminiscences. Des petites musiques de chambre d'hosto, si tu veux…

L’annonce d’un cancer, c’est une tempête sous un crâne. Au début, c’est le chaos de la guerre. Pas celle qu’il va falloir mener contre la maladie, on n’en est pas encore là. On a trouvé l’œuf, il faut maintenant traquer les petites chiures. On ne parle plus de cancer et de métastases aujourd’hui, mais de tumeur et de lésions. C’est sans doute censé foutre moins les foies. Mais le chaos de la guerre  ne t’en explose pas moins à la gueule, bien sûr, c’te blague. Le monde s’écroule autour de toi, et le fracas de sa chute se mêle à celui de l’effondrement de tes certitudes, tes rêves et tes maigres projets.

A l’abri

Alors que j’erre tel un zombie dans les couloirs de l’hôpital, d’un service d’imagerie l’autre, en fauteuil roulant, à pied, à cheval ou en voiture, je croise des mecs embéquillés (des veinards, en somme), d’autres embrancardés et mal en point (mais bien plus vieux que moi, il faut bien le dire). Je suis « le taureau fou qui a perdu son chemin » et Gimme Shelter « résonne à mes oreilles ». Le plus grand morceau écrit par des Stones à leur zénith. Le plus grand morceau de Rock tout court, si tu veux mon avis. Un condensé de brutale finesse. Charlie Watts défonce ses fûts et des trous d’obus balafrent le sol fracassé et fumant des rues de la ville assiégée. La guitare de Keith Richards et l’harmonica « amie » de Mick Jagger projettent des giclées de notes vicelardes et des balles de fusils snipers sont autant de menaces dans un air déjà irrespirable. « Sa Majesté Brenda » chante comme un Dieu, même s’il se fait voler la vedette par la choriste Merry Clayton dans un moment d’anthologie où la voix de la panthère noire finit par atteindre le point de rupture, salué au passage par un « Yeah !» admiratif du frontman. Ce dernier a dit de la chanson qu’elle avait été inspirée par le climat apocalyptique de l’époque, le Viêt Nam, tout ça. Mouais… Richards raconte tout autre chose dans Life. Au moment où il compose ce sommet musical, son cœur saigne et sa tête est en vrac parce qu’il a appris que sa frivole Anita l’avait trompé avec son « jumeau étincelant » lors du tournage de Performance. Dans cette daube branchouille, prétentieuse et absconse de Nicolas Roeg, Jagger joue non pas son propre rôle, comme on pourrait le croire, mais plutôt celui d’un croisement entre Brian Jones et Keith Richards. Un hydride irrésistible aux yeux de La Pallenberg, si tu vois ce que je veux dire. Bref, tempête sous le crâne du Keef et il nous pond ça. Sans doute un tantinet penaud, ou alors pas du tout (va savoir), Mick accouche d’un texte-brûlot aux petits oignons, d’un noir pessimisme tout du long, et d’un subtil optimisme à la toute fin. Allez, Keith, fait risette à ton faux-frère…

Les premiers résultats tombent, les contours du mal se dessinent, les traitements ad hoc itou. Après la crise de panique, tu te surprends à espérer que la vie ne te sera peut-être pas arrachée, finalement. La tempête fait toujours rage, mais elle ménage quelques plages d’accalmie, propices à la pensée errante. « War is just a shot away » / « Love is just a kiss away »… Ma femme et mon fils. Il faut que je leur dise tout maintenant. Tout le bazar pourri, alors qu’ils doivent sans doute encore attendre de pas trop mauvaises nouvelles des étoiles…

Du danger

Je pense à ma femme et j’entends Ederlezi, ce chant traditionnel tzigane adapté par Goran Bregović  pour Le Temps Des Gitans. Nous l’avons « fait jouer » pour notre mariage. Ma princesse aimait bien ce titre, mais je pense qu’elle souhaitait surtout qu’hommage soit rendu à mes origines, dont tu te fous. Passons, donc. J’entends aussi You Got The Silver. Les Stones de « Let It Bleed », encore. Keith et Anita, bis repetita. Ma chatte a des yeux aux couleurs pas possibles, bleus-gris et tachetés de jaune orangé. Mais j’imagine son regard perdu, apeuré, quand elle me verra sur mon lit d’hôpital, affranchie de la saloperie qui me ronge, voudrait ma peau, ne l’aura pas. Dans ses yeux, « l’argent », « l’or » et « les diamants de la mine » ne brilleront pas. Non, la chanson qui me vient finalement en pensant à elle, c’est Gimme Danger des Stooges, l’une des deux « ballades » imposées de « Raw Power ». L’autre, I Need Somebody, il est vrai bien crade et saturée, reste au demeurant un blues tout ce qu’il y a de plus classique. La construction de Gimme… est chiadée, tordue, et la voix chaude du jeune Iggy y susurre « Kiss me like the ocean breeze », excuse du peu.

Le chanteur au corps noueux réclame du danger à une petite étrangère. Une chanson d’amour sauvage, par conséquent. Une étrange et sourde mélancolie berce les oreilles de l’auditeur au début du morceau, faisant de lui la pépite singulière de « Raw Power ». Mais il faut bien que l’océan se déchaîne, et que les Stooges pervertissent leur ballade, question de tempérament. Alors, l’Iguane et le Scorpion haussent le ton, le premier surtout d’ailleurs. Je sais pas ce qu’il a pris, ou ce que la petite étrangère lui a fait. Peut-être est-elle rétive à lui prodiguer le genre de danger qu’il exige instamment ? Alors que l’Iguane porte le Scorpion sur son dos au beau milieu des eaux démontées, l’arachnide pique le reptile, comme dans la fable. C’est alors la descente, magnifique, dans un grand dégueulando viscéral de voix et de riffs entremêlés. Tu veux que je te dise que Gimme Danger est le meilleur morceau des Stooges ? Alors, je te le dis. Tu veux que je te dise aussi que Ron Asheton était à sa place derrière sa basse avec un guitariste de la trempe de James « Scorpio » Williamson ? Bon, on va peut-être pas se fâcher avec la terre entière non plus…

Je marchais à l’alcool et au Néo-Codion à l’époque. J’avais gardé la morphine prescrite à ma première femme, qui avait fini ses jours à la maison. Le Crabe. « Il n’y avait rien dans mes rêves, à part des souvenirs hideux ». Cette morphine, j’ai mis du temps à la ramener à la pharmacie du coin. La tentation était grande, mais j’ai jugé que ce que je m’enfilais dans le cornet était déjà bien suffisant. L’alcool et le Néo-Codion, t’as pas idée des contraintes et routines que ça impose si tu veux pouvoir mener en parallèle un semblant de vie sociale. Peut-être que tu sais en fait, je te connais pas. Ces contraintes, ces routines, la solitude, j’avais envie de goûter à la délicieuse caresse du danger. Envie qu’on « m’embrasse comme la brise océane ». Et puis un jour,  j’ai rencontré ma petite étrangère à moi. Une fauvesse racée au caractère corsé, qui m’a tout de suite fait de l’effet. Elle était alors vraiment très borderline et je te dis pas les conneries qu’elle m’a fait faire, les conneries qu’on a faites ensemble. Parfois, pour être à la hauteur, ne surtout pas la décevoir, je devais me faire violence. Des conneries oui, mais autant de merveilleuses odyssées. Après l’euphorie, il y a eu la descente, les problèmes d’argent, les addictions lourdes. Mais nos folies et nos voyages, réels ou imaginaires,  resteront les plus beaux souvenirs de ma vie. Ma femme m’a donné les frissons du danger que j’attendais. Elle m’a aussi donné un fils, et ce cadeau-là n’a pas de prix. Aujourd’hui, on s’est bien sûr calmés, car tout finit toujours un jour. Je sens bien qu’elle serait parfois partante pour de nouveaux délires, histoire de renouer avec la romance déglinguée des débuts. Mais je suis décidemment devenu trop con… J’aime ma femme et, à cause de Mon Crabe, je vais la faire souffrir…

Près de la rivière

Je pense à mon fils et, là, ça percole tout de suite : By This River de Brian Eno, et le film de Nanni Moretti ne fait rien à l’affaire. Pour son fils, un père est d’abord une espèce de géant bienveillant, puis une espèce de héros du quotidien, puis une espèce de pote bon-à-tout-faire, confident de plus ou moins bon conseil, puis une espèce d’emmerdeur et enfin une espèce de vieux croûton à l’ail. Dès les premiers pas de mon fils, peut-être même avant, ces considérations à la con m’ont chiffonné. Le truc, c’était pas de savoir si j’allais être un bon père ou ce genre de conneries. Non, le truc, c’était de savoir comment notre amour allait évoluer. À chaque fois que ces réflexions venaient me hanter, j’avais By This River en tête. Eno a voulu que les paroles de sa chanson touchent nos cœurs, tout en restant énigmatiques, ne nous livrant pas toutes les clefs. À chacun de donner un sens à cette suite de sensations, procurées par petites touches impressionnistes, à partir de cette situation : deux personnes se sont retrouvées aux abords d’une rivière et ne savent plus trop ce qu’elles sont venues foutre là. Cette chanson a toujours évoqué pour moi le moment où un père et son fils se rendent ensemble quelque part comme autrefois, dans un endroit chargé de souvenirs chéris. Une fois sur place, le temps, qui a déjà trop passé, s’écoule lentement et ils constatent qu’ils n’ont plus grand chose à se dire, ou pire ne se comprennent plus.

You talk to me
As if from a distance
And I reply
With impressions chosen from another time, time, time
From another time

Nous avions l’habitude avec mon fils, quand il était petit, d’aller près d’un plan d’eau en amont de cascades, dans la Vallée de Chevreuse. Il y avait tout pour y vivre de fantastiques aventures : des arbres grands comme des baobabs, des fougères hautes comme des bambous, des rochers comac, des grottes flippantes et de îles aux trésors un peu partout. Lui voyait ça comme ça, et moi aussi du coup, finalement. En fait, j’en rajoutais un peu pour qu’il voie ça comme ça, t’as raison. Nous y sommes retournés alors qu’il était ado, en réponse à un accès de nostalgia de ma part. Il se rappelait, vaguement, mais n’a pas ressenti les vibrations de son enfance. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à By This River, même si c’était très con, c’est entendu. Tout ça remontait à très loin et tout était devenu si petit, si étriqué. Ces souvenirs anciens étaient miens, pas siens, en somme. La musique et le chant de By This River sont doux et mélancoliques. Juste quelques notes et le lointain tintement de clochettes célestes, une grande économie de moyens et une efficacité maximale. Le résultat prend aux tripes et laisse tout chose, c’est rien de le dire. Brian Eno, architecte et magicien, construit des cathédrales sonores à partir de petits riens, des bouts de trucs, des zestes de machins, et des pincées de poudre impalpable aussi. Sur YouTube, un commentateur a dit de By This River que c’était la chanson idéale pour se suicider, ou pour contempler un ciel étoilé en tenant par la main sa dulcinée. Chapeau bas à cet auteur anonyme qui a tout compris, il n’y a rien à ajouter quant à ce que l’on peut éprouver en écoutant ce titre.

Jeune pousse montée en tige, mon fils a aujourd’hui bien grandi. Il écoute toujours les morceaux de Rock que je lui ai fait connaître et qui lui ont plu. Il m’a initié au Rap, me l’a fait apprécier et j’en connais maintenant un rayon, même si écrire un papier dessus reste pour moi mission impossible. Il me raconte (presque) tout sur ses amis, ses amours, ses emmerdes. Il me confesse ses doutes, suit parfois mes précos. Il a tricoté les côtes d’un voisin noiseux qui commençait à me les hacher menu. Il est comme ça, mon fils, cool, mais faut pas toucher à son pôpa. Il va m’acheter une Skull Ring, j’ai toujours rêvé d’en avoir une, sans jamais oser franchir le pas. S’agissant d’un cadeau de lui, je le porterai même aux enterrements. Bref, je sais pas si je suis un bon père, mais lui est un fils de première. La prophétie que le texte de By This River me faisait craindre ne se réalisera pas pour nous. Mais, chaque fois que j’écoute ce morceau, je pense à mon fils, sourire aux lèvres, pas peu fier d’avoir un rejeton de ce tonneau-là. J’aime mon fils et, à cause de Mon Crabe, je vais le faire souffrir…

Nous sommes les garçons de la lune

Will you stay in our lovers’ story
If you stay you won’t be sorry
‘Cause we believe in you
Soon you’Il grow so take a chance
With a couple of Kooks
Hung up on romancing

La chanson de Bowie pour Zowie. En retranscrivant ces vers, là, tout de suite, je repense à mon fils. Vu que t’es pas trop con, t’as compris que c’est rapport au drôle de couple que nous formions, sa mère et moi, quand il était petiot. Mais, en vrai, Kooks m’est revenu sur mon lit d’hôpital en bande-son évidente d’un souvenir bien précis. Des gamins chevauchant leur mobylette supersonique sillonnent de nuit les rues d’une petite ville balnéaire du Sud de la France. Ils chantent Kooks à tue-tête, parce que Bowie est leur héros, parce qu’ils sont joyeux et parce que Kooks est une chanson joyeuse et facile à chanter. Sans vouloir me vanter, je suis le plus branque de la bande. Circonstance atténuante, j’ai perdu mon papa à treize ans. Le Crabe. Et toujours sans vouloir me vanter, c’est moi qui ai fait connaître Bowie aux autres. Eux écoutaient avant des trucs que je ne nommerai pas ici, pour ne pas leur faire honte, au cas où ils me liraient, ce qui m’étonnerait beaucoup. Nous ne sommes pas des anges, pas tout à fait des voyous non plus. Nous sommes jeunes et immortels. Nous sommes les « Bewlay Brothers ». « Garçons de la lune », nous lançons très haut dans le ciel nos canettes de bière.

« Hunky Dory » n’est pas le premier album de Bowie que j’ai écouté, mais c’est celui qui m’a le plus bouleversé. J’ai même pleuré à la fin de sa première écoute, parce que j’ai compris qu’après avoir entendu ça, plus rien ne serait jamais comme avant. The Bewlay Brothers, qui clôt l’album, n’a pas qu’un peu contribué à ma jouissive chialade. Bowie a dit de son texte qu’il se demandait ce qu’il avait bien pu vouloir dire quand il l’avait écrit. Ça s’appelle de la pudeur, jeune homme. Car tout le monde a compris qu’il y parlait de sa relation, aimante mais forcément complexe, avec son demi-frère aîné Terry. De fait, les paroles de The Bewlay Brothers sont sibyllines, mais très belles. En général, j’aime bien décortiquer un texte mais, là, l’exercice est vain. En vérité, il suffit de se laisser porter par les images et les sonorités de ce « palimpseste » (dixit Bowie) pour que la magie opère. On sent la complicité si particulière, les doutes et les déchirements, la peur prémonitoire de la perte. Sais-tu ce que le Lou période « insecte à sa Rachel » a dit à Lester Bangs à propos du vers « He’s chameleon, comedian, Corinthian and caricature » ? Il lui a dit que c’était l’œuvre d’un putain de poète, et que cette vieille mule d’Iggy Pop serait infoutue de pondre un truc pareil. Bon, fallait bien que cette tête de cochon lâche une vacherie sur un mec qui n’avait rien demandé, mais le compliment, lui, est là, absolument sincère. Et « la rareté du fait donne du prix à la chose ». La zique.

Au tout début, derrière les premiers accords de guitare, on entend comme un grincement de Rocking-Chair, puis comme une bouffée tirée d’une cigarette. Confortablement installé, le scribe, ange blond aux cheveux longs, s’apprête à nous livrer la mise en musique de son manuscrit. Les futurs Spiders From Mars vont l’accompagner. « And so the story goes… ». La musique investit la terre et les airs. Elle t’invite tour à tour à t’esbaudir des orchidées qu’elle fait éclore dans ses luxuriants jardins et, déployant ses ailes de géante sur lesquelles elle t’emporte, à tutoyer les sommets pour cueillir l’edelweiss. L’espèce de comptine finale, triste et angoissante, fait entendre les voix de la schizophrénie, levant ainsi tout doute sur le sujet abordé. Que dire du chant de Bowie ? Eh bien, comme d’hab’, il réveille démons et merveilles. Crépusculaire et solaire. Ce type a de toute façon toujours enfoncé tous les autres chanteurs… T’es pas d’accord ?

Mes « Bewlay Brothers » et moi sommes devenus les « Rois de l’oubli ». Nous nous sommes mutuellement trahis, avons trahi nos idéaux. J’ai pas les fesses plus propres que les leurs dans cette affaire. D’aucuns prétendent que c’est la vie et se grattent en pensant à autre chose. Je les ai aimé, ces mecs, mais nous ne sommes désormais plus rien les uns pour les autres. Mon Crabe ne les fera pas souffrir…

Et le blues nous guérira

Ça m’a fait un bien fou de te raconter tout ça, t’sais. Du coup, je me sentirais presque d’humeur toute primesautière, vas comprendre. Les mystères du cerveau humain, cette boule de cristal… Je vais donc terminer ce papier sur une guirlande de notes positives, au beau milieu desquelles retentiront les grognements incantatoires d’un vieux sorcier vaudou. The Healer, John Lee Hooker et Carlos Santana, l’ogre rabougri du Delta et le farfadet Chicano à moustache. Si tu es comme moi, je suppute hein, ton duodénum a du mal avec les duos de noms, dont les performances sont souvent dures à digérer. Si tu es comme moi, Charles Albert t’as au surplus toujours fatigué. Black Magic Woman, Oye Como Va, Let The Children Play, que de plaies suintant la guitare babillarde et ramenarde. Ainsi t’es-tu sans doute dit, à l’approche de The Healer, figure de proue du blockbuster du même nom qui s’annonçait, qu’en frayant avec lui, le croque-mitaine croquait à un drôle de râtelier. Mais in fine, si tu es comme moi, tu as bien dû admettre à l’écoute de ce morceau que c’est pas bien d’avoir des a priori. Eh ouais, ce machin mainstream est une tuerie. Les autres peuvent bien faire la moue, nous savons toi et moi que « l’important c’est d’aimer ». Pan, Dieu-Lune aux attributs de satyre pas crédité sur le titre, y joue pourtant de sa flûte, et c’est divin. Le loup-garou gouale son prêche païen de prédicateur possédé, dans un dialogue envoûtant avec la guitare au poil de Moustache, éruptive et féline, pas trop bavarde pour une fois, mais généreuse dans ses éjaculations de riffs du tonnerre de Zeus (paternel de Pan selon Eschyle, justement). Et comme John Lee Hooker sait que la simplicité a du chien, il signe un texte sans chichis, chiche en mots, mais ces derniers vont droit au but et me rendent personnellement euphorique.

Blues a healer, all over the world
Blues a healer, healer
All over the world, all over the world
It healed me, it can heal you
Hmm…

J’en accepte l’augure, tu m’étonnes John…

Ami lecteur, avant de partir, tu peux si tu veux prendre connaissance du Cadavre Exquis prémâché formé par les intertitres de ce papier ; cette petite fantaisie surréaliste est offerte par la maison.

14 commentaires

  1. Salut l’ami, effectivement très beau texte, agrémenté de musiques qui vont bien. J’aurai pas choisie celles-là, mais plutôt quelque chose de Freddie Mercury…

  2. Pas de snobisme pas de branchouille ou de pseudo à la mormoileux ici.
    Réference musicale impec
    le meilleur article Gonzo toute catégorie confondue depuis..m…! je ne me souviens plus
    Surtout je te souhaite que ce crabe te foute la paix

  3. Mimi,
    C’est magnifique et intense en émotions ton texte. Je ne m’y connais pas assez en référence musicale mais tu ouvres le champs (chant) des possibles
    Bats-toi et fou le à terre ce crabe !
    Je t’aime fort et ta douce aussi ❤️

  4. Ouahoo, superbe article, j’ai essayé de mettre ma lecture à la hauteur de ton écriture, je n’ai pas toujours réussi…
    Je t’embrasse et à bientôt.

  5. Super documenté sur les musiques associées au Crabe. Si tu veux, j’ai un cousin qui a fait des prises de son en aquarium, de crevettes (il est musicien professionnel). Je n’ai pas écouté, mais il parait que c’est saisissant. Ton article me fait penser à des musiques plus anciennes, mais tout de même du 20ème siècle (tu connais mes références), comme Luciano Berio qui mélangeait aussi des musiques encore plus vieilles (Gustav Mahler) avec ses propres arrangements, et cela dégage une émotion indicible. Je crois que tes proches sentent vraiment l’amour que tu leur porte et je suis très sensible à l’émotion que tu as fait passer au travers de cet article.
    Bises.

      1. Comme tu le sais pour moi la musique est un cri qui vient de l’exterieur et je n’ouvre pas la fenêtre aux mêmes bruits que toi.

        Mais je suis admiratif de ton érudition sur des groupes ou chanteurs que je ne connais même pas

  6. J’ai relu plusieurs fois avec beaucoup d’itnerêt cet rédaction riche en émotions et en commentaires, et haut en couleurs des musiques qui t’ont marquées.
    Je ne capte pas bien, peut être de les méconnaître, quelle subtilité ou quelle sensibilité dans le bruit confus émis par les Stooges et dans ce contexte ce qu’ils viennent faire dans ton article. La plastique de Iggy Pop et, c’est remarquable à son âge, l’absence totale de ceinture graisseuse abdominale,l semble de lui permettre de monter en varappe vers des sommets de décibels Notre interlocuteur EDF est d’ailleurs très inquiet de sa probable future baisse d’activité et de la diminution de ses consommations d’électricité .
    Hors David Bowie qui ne me correspond pas, j’ai bien aimé les autres présentations et notamment le duo J L Hooker et le Farfadet Moustachu lequel confirme que la pilosité abondante est un indicateur de qualité et de talent
    je te souhaite bon courage et dans l’attente d’un prochain article
    Amitiés
    Pierre THOMAS

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