Moins connu que Mediapart ou Les Jours, le site Lundimatin donne discrètement depuis cinq ans déjà des infos différentes du monde qui nous entoure. Anonymes et intellectuels reconnus tentent de « redorer le blouson » du journalisme citoyen. Proche de l’affaire Tarnac, des gilets jaunes et de la loi travail, qui se cache derrière ces articles ?

« Soit nous renversons le système, soit c’est lui qui nous écrase. » C’est l’une des phrases manifestes à lire sur lundi.am. Publiée dans la tribune « Prochaine station : destitution », la veille de la manifestation du 8 décembre 2018, elle ne représente pourtant qu’une partie des productions hebdomadaires du site. À la différence de certains médias un peu mous, ce site se place comme un acteur des mouvements contestataires.

« Nous faisons pression en cortège, incontrôlés, déterminés. Nous sommes la Marge de la manifestation. »

Bien avant les gilets jaunes, la rédaction s’était déjà faite repérer pendant la Loi travail. Des poèmes anonymes avaient été lancés en l’air le 15 septembre 2016, place de la République. Tous portaient un mot d’ordre déjà relayé sur Lundimatin : « nous sommes les passants des rues, les mal-allants. Nous faisons pression en cortège, incontrôlés, déterminés. Nous sommes la Marge de la manifestation. » Ce « nous », personne ne sait véritablement qui se cache derrière. Et l’histoire fait penser à un autre collectif invisible (on y vient).

Qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ?

Tous les lundis matins c’est la même rengaine : des articles apparaissent, principalement en fonction de l’actualité politique. En version print et web, la mécanique bien rodée compte aujourd’hui 1 623 sujets très divers. Contactée, l’équipe nous fait bien comprendre que les papiers resteront de « La rédaction » : « nous préférons que nos articles parlent d’eux-mêmes et nous n’aimons pas trop nous mettre en avant. » Voilà pour l’explication de texte.

Beaucoup trop de liens avec la Bande de Tarnac

Aucune indication n’est donnée sur l’adresse des « bureaux » de la rédaction, et les seuls moments de vie que la rédaction partage sont ceux concernant les appels au financement. Ce qui, d’un côté, s’avère plutôt rassurant (pour vous, pour nous, pour tous) : il existerait donc encore des papiers politiques indépendants ? Visiblement, oui. Lundimatin contient des dossiers thématiques qui divisent souvent la gauche radicale, comme la situation des Kurdes ou la Ghouta… Si certains sont signés par des intellectuels reconnus comme Éric Vuillard, les autres auteurs, souvent, restent anonymes.


Le journal de Tarnac ?

Parmi eux, Éric Hazan, l’éditeur du Comité invisible. À lui seul, il permet de faire un lien avec les créateurs de Lundimatin. L’octogénaire s’avère être un ami proche de Julien Coupat, depuis plusieurs années. Ce nom vous rappelle quelque chose ? En novembre 2008, l’affaire Tarnac éclate. Le sabotage d’une ligne TGV entraîne l’inculpation de plusieurs personnes, dont Julien Coupat, fondateur de la revue philosophique Tiqqun, représentée dans Lundimatin. Donc deux liens entre le média et l’affaire. Sans compter la manifestation de soutien à la « bande » de Tarnac, qui avait réuni de grands intellectuels comme Giorgio Agamben, Éric Fassin ou Jean-Luc Nancy, aujourd’hui signataires d’articles sur le site.

Résultat de recherche d'images pour "julien coupat et Éric Hazan"Au final, savoir qui se « cache » derrière ces écrits importe peu (Julien Coupat a été de nouveau interpellé le 8 décembre 2018 sans entraîner pour autant la fermeture du site) ; en revanche ces papiers politisés devraient vous permettre de débuter la semaine autrement qu’avec Facebook. Et ce, dès le lundi matin.

https://lundi.am/

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